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- 15 juin 1999
Loko,
le dernier maillon du
trio
L'ex-attaquant de Nantes, du PSG et de Lorient,
donne sa réponse aujourd'hui. Après Ouedec et Pédros,
il manquait un maillon.
Si depuis son arrivée au creux de
l'hiver, Nicolas Ouédec n'a pas connu de problème d'acclimatation,
il n'en connaitra pas davantage sous le soleil de l'été.
Lundi prochain, date d'une reprise en douceur avec les choses de la
vie du foot, l'attaquant aura l'impression de faire un retour vers
le passé ! Pas forcément une marche en arrière...
Il ira souhaiter la bienvenue à Raynald Pédros revenant
de loin dans une carrière qui a bien failli le conduire nulle
part entre Marseille, Parme, Naples et Lyon.
Plus loin, Nicolas Ouédec devrait aussi rencontrer Patrice
Loko, sorte de joyaux dans le dispositif nantais avant ses écarts
dans une vie qui ne l'a pas toujours épargnée. Il y
a eu Paris (perdu) et le passage à Lorient pour un retour gagnant.
Point commun entre eux ? Tous d'anciens canaris élevés
dans la couveuse nantaise et "paternés" par un drôle
de Coco Suaudeau. Signe particulier : champions de france en 1995
avant de voler vers d'autres lieux, d'autres destins, d'autres fortunes...Et
si, pour Ouédec, Pédros et Loko, tout recommençait
sous le nouveau maillot de Montpellier ?
Louis Nicollin, Michel Mezy et jean-Louis
Gasset sont à quelques heures de reconstituer ce trio autrefois
magique et qui va sans doute faire jaser en bien ou en mal ! A quelques
heures seulement car après avoir rencontré le manager
général et passé une visite médicale hier
à Montpellier, Patrice Loko (29 ans) a reservé sa réponse
à aujourd'hui. Il devrait néanmoins signer pour deux
saisons.
Loko (1,77m, 72 kg) compte 26 selections en équipe de France,
plus de 300 matchs en division 1. Il a été, entre autre
distinctions, sacré meilleur buteur en 96 sous le maillot du
PSG (22 buts) avec lequel il avait remporté la Coupe des coupes
avant d'en être finaliste un an plus tard. Après une
période de doutes et de soins liés à des problèmes
psychologiques, Patrice Loko a retrouvé le chemin des filets
depuis novembre dernier à Lorient (9 buts)
Montpellier n'a pas forcément fait
un mauvais choix.
Jean-Bernard STERNE

-
16 juin 1999
Patrice
Loko signe à Montpellier
Comme on le pressentait, Patrice Loko vient
de donner son accord aux dirigeants montpelliérains pour les
deux prochaines saisons. Il quitte ainsi le club lorientais, quil
avait rejoint en cours de saison. Le montant de la transaction na
pas été précisé, tout comme le salaire
du joueur.
Agé de 29 ans, lancien parisien espère ainsi redonner
un nouveau souffle à sa carrière. Il va surtout retrouver
dans lHérault ses anciens coéquipiers du FC Nantes.
En effet, après Nicolas Ouédec pendant le Mercato, on
a appris récemment larrivée de Reynald Pédros
en provenance de Parme.
Louis Nicollin vient donc de rassembler le trio magique des Canaris
de la saison 1994-1995. A cette époque, les trois joueurs avaient
décroché le titre de champion de France. Avec 22 buts,
Patrice Loko finissait meilleur buteur de la compétition, juste
devant Nicolas Ouédec et ses 18 réalisations. Les deux
attaquants étaient alors remarquablement servis par un Reynald
Pédros au sommet de son art.
Depuis ce titre, les trois hommes ont pris des destinations différentes.
Nicolas Ouédec a tenté laventure espagnole, avant
de revenir au Paris SG en début de saison. Il y a retrouvé
Patrice Loko qui, entre temps, avait décroché avec le
club de la capitale la Coupe des Coupes, une coupe de la Ligue et
une coupe de France. Les deux hommes nont presque jamais été
associés par Alain Giresse. Quant à Reynald Pedros,
il a connu des lendemains nantais difficiles. De Marseille à
Parme, avec également un bref passage à Lyon, il na
jamais pu simposer et a surtout connu les bancs de touche.
En réunissant ces trois joueurs dans son club, Louis Nicollin
espère relancer les trois anciens nantais. Mais quoi quil
arrive au niveau du jeu, Loulou a déjà réussi
un gros coup médiatique.

- 13 juillet1999
Loko
: "le bonheur de marquer !"
L'ex-Lorientais Patrice
Loko semble avoir trouvé à Montpellier un environnement
favorable et une nouvelle sérénité. D'ailleurs,
l'ancien Canari n'a guère tardé à trouver le
chemin des filets, inscrivant le troisième but pailladin contre
Karabakh Agdam.
Patrice, vous avez marqué votre premier
but sous les couleurs de Montpellier. La Butte a scandé votre
nom. Ce sont de beaux débuts devant votre nouveau public...
C'est bien ! On a, je crois, réussi de jolis buts
samedi. J'ai eu le bonheur de marquer. C'est toujours une bonne chose
pour un attaquant, surtout à l'occasion d'un premier match
à domicile. C'est enfin le signe que j'arrive à bien
m'entendre avec mes coéquipiers. J'espère que ça
va continuer.
La Coupe Intertoto démarre favorablement
pour vous malgré le périple du match à Bakou
?
Au début, c'est normal, on commence par les équipes
plus faibles. Mais je pense qu'on va monter en puissance, ce qui sera
le cas dès le prochain tour, face à L'Espanyol Barcelone.
Il s'agit là d'une équipe un peu plus relevée,
apparemment bien préparée et peut-être avec beaucoup
de jeunes. Il va donc falloir faire attention. Mais avec une semaine
de préparation supplémentaire, on sera de notre côté
encore mieux préparés. Pour ce qui est du déplacement
en Azerbaïdjan, ça n'a pas été une mauvaise
chose pour le club : on a été tous ensemble durant trois
ou quatre jours. On a ainsi appris à mieux se connaître.
Vous êtes ici depuis bientôt
trois semaines. Quel premier bilan pouvez-vous dresser ?
J'ai été très bien accueilli par tous,
les dirigeants et les joueurs, et ce n'est pas plus mal lorsqu'on
arrive dans un nouveau club. Je me sens vraiment bien ici. Et c'est
à moi de démontrer maintenant mes qualités sur
le terrain.
Pour la reconstitution du trio nantais,
il faudra patienter encore un peu...
Entre l'Intertoto et le Championnat, il y aura de nombreux
matches et donc peut-être une nécessaire rotation de
l'effectif. Chacun devrait donc avoir l'occasion de montrer ce dont
il est capable. Mais c'est vrai que j'ai envie de jouer avec mes anciens
partenaires, je pense que ça viendra très vite.
Pierre DUPERRON

-
6 août 1999
Loko-Ouédec,
les complices
TANDEM. A défaut d'avoir été
réellement rodé au cours des matchs de préparation,
essentiellement durant les matchs de l'Intertoto, en raison d'une
politique compréhensible de roulement instaurée par
Jean-Louis Gasset, le duo d'ex-Nantais s'annonce prometteur à
l'image de ce qu'il a été à Lyon, lors de la
première journée de championnat.
Mercredi soir, ils se sont juste croisés
à la Mosson. Deux tapes dans les mains, un petit geste amical,
et hop! Patrice Loko a remplacé Nicolas Ouédec aux environs
de l'heure de jeu. C'était prévu, voulu, parfaitement
compris des uns et des autres et ça rien à voir avec
la politique du PSG d'un temps qui s'est davantage ingéniée
à séparer qu'à réunir ces intelligences
offensives. Au total, et c'est assez éloquent, les deux ex-Nantais
n'ont joué qu'une seule mi-temps ensemble au cours de leurs
six mois parisiens en commun : c'était contre Haïfa, à
Tel-Aviv, lors du premier tour de Coupe des Coupes. Et comme il n'y
en a pas eu d'autres !
A Montpellier, Jean-Louis Gasset, qui a fait du recrutement de Patrice
Loko "sa" priorité de l'intersaison, n'est donc pas
maso ou devenu fou mais prudent. Il ne veut pas griller avant l'heure
l'attelage reconstitué, ni l'exposer exagérément
au feu d'une Coupe Intertoto pour laquelle le club de l'Hérault
s'est qualifié (NDLR: il affrontera Hambourg, les 10 et 24
août). Non, il voit plus loin et en a apporté la preuve,
d'entrée, contre Lyon le week-end dernier, en les installant
tous les deux, avec le succès que l'on sait, aux commandes
offensives du Montpellier-Hérault.
"Avec
Patrice, on se connaît par coeur"
Loko et Ouédec n'ont donc pas, jusqu'à
présent éprouvé, ni même épuisé,
leur complicité noir sur blanc. Etait-ce nécessaire
? Pas franchement. "Ces deux gars se trouvent les yeux fermés
", constate Michel Mézy. "Patrice ? Je le connais
par coeur", confirme Nicolas. On ne passe pas dix ans ensemble,
depuis 1985 pour Loko, depuis 1986 pour Ouédec, du centre de
formation de la Jonelière jusqu'à 1995, année
du titre du FCNA et du départ du premier nommé pour
le PSG, conune ça, pour qu'il n'en reste rien. "Pour
moi, il était évident qu'avec Patrice, on gagnerait
du temps. Avec un autre joueur, on en aurait mis davantage pour acquérir
les automatismes. Je l'attendais donc, c'était ma base, et
Nico m'a cautionnée à 200 %", explique Gasset.
Pas plus compliqué que ça. De surcroît, nous nous
retrouvons au coeur d'une histoire d'amitié dont le milieu
du foot, factice d'ordinaire, est plutôt avare. "C'est
vrai, admet Ouédec, Patrice est un ami et non une simple
relation de travail." De fait, parmi tous les Nantais dont
on a raconté abusivement leur communion quasi-génétique,
Ouédec a été l'un des rares à suivre de
près les tracas qu'a traversés Loko à l'occasion
de son transfert de Nantes à Paris. L'un des seuls à
s'être déplacé dans la capitale, pour rien parfois,
à s'être inquiété de la santé de
son ex-coéquipier. En bref, il ne l'a pas laissé tomber.
Le Breton possède en effet l'amitié tenace.
Le résultat est donc à la mesure du constat d'évidence
que l'on doit dresser: l'intégration du nouvel arrivant à
Montpellier s'en est trouvée grandement facilitée par
leurs racines communes et par les six mois déjà passés
ici par Ouédec, qui a su lui communiquer son bonheur d'être
montpellierain. Une satisfaction guère démonstrative
car ce n'est leur genre ni à l'un ni à l'autre mais
à la mesure de leur complicité, solide, réelle,
dépouillée de grands discours et mise entièrement
au service du Montpellier-Hérault. Patrice Loko, pudiquement,
évite le sujet trop psycho. "Oui je me sens bien ici
", commente-t-il sobrement en ne s'attardant guère sur
les raisons de ce bien-être. Nicolas Ouédec, plus épanoui
et dont le parcours initiatique a sans doute été peuplé
d'un peu moins de démons, affiche un visage souriant, décontracté.
Il revit dans ce sud de la France et ne cache pas qu'il n'a pas fallu
cent sept ans pour Loko et lui même avant de se repositionner
sur la même longueur d'onde. "On s'est tout de suite
retrouvés", dit-il. Sans doute parce que les deux
hommes ne se sont jamais vraiment perdus de vue. Le temps et l'éloignement
n'y ont rien fait. "Sur le terrain, on s'est retrouvés
comme avant, avec le même feeling, les mêmes envies de
se chercher. On n'a pas besoin de parler sur la pelouse, on le fait
suffisament quand on fait chambre commune lors des mises au vert ou
en déplacement. On se connaît par coeur." Des
propos illustrès à Lyon lors du premier but de Loko
sur un service signé Ouédec.
"Nicolas
? Il décroche un peu plus qu'avant"
Maintenant si l'érosion du temps n'a guère
eu d'effet sur la philosophie de jeu des deux intéressés,
en va-t-il de même de son application? Loko est resté
ce joueur d'espaces, avaleur de profondeur, pourfendeur de défense
grâce à son football de contre-pied,sa mobilité,
son goût pour le jeu dans l'axe et son flair. En bref, il n'a
guère changé. En revanche, si Ouédec a conservé
cette élégance de geste et de déplacement, les
chiffres prouvent qu'il n'est plus aussi efficace que par le passé
quand il avait fini meilleur buteur du Championnat de D 1 en 1994
(20 buts), troisième en 1995 (18 buts); son penchant naturel
pour le jeu et sa construction a peut-être pris le pas sur son
ancienne carte de visite et explique ce déficit offensif. "Pourtant,
j'aimerais bien le voir avancer un peu plus ses bases, car il devient,
petit à petit, davantage passeur que finisseur, et c'est dommage
tant son potentiel d'attaquant pur reste important ", regrette
un peu Mézy. Il est clair que les qualités techniques
de Nicolas, coup d'oeil et contrôles orientés compris,
le prédisposent à occuper un tel rôle, mais, c'est
vrai, comme le croit Loko, "qu'il décroche un peu plus
qu'avant; il a toujours su bien le faire, il a toujours aimé
ça aussi, et, à Montpellier, il participe plus au jeu".
Entre ce qui est voulu et recherché par Jean-Louis Gasset et
ce vers quoi Ouédec et l'entraineur montpellierain veulent
tendre, il existe cependant une petite marge. "Si on veut
que notre complicité soit payante, remarque Nicolas, il
faut essayer de la traduire non pas à 40 mètres du but
mais à 20 mètres. Comme on a su la produire à
Lyon. Mais il faut savoir qu'aujourd'hui on me demande d'assurer la
transition milieu-attaque; c'est à moi de ne pas en rajouter,
de ne pas trop en faire comme face à Duisburg. J'ai tellement
envie de créer..." Qu'il en oublierait non pas l'essentiel
mais tout le sel de son attelage avec Loko.
Enfin, comme il n'a jamais été question de couper l'équipe
en deux " de faire un clan nantais d'un côté,
un montpelliérain de l'autre", prévient Gasset,
il existe d'autres paramètres à prendre en compte comme
le souligne l'entraîneur montpelliérain. "D'abord,
je trouve que Nico est suffisament présent devant le but, mais
il doit encore davantage positionner cette technique le plus haut
possible... et faire jouer; ce qui lui manque, c'est un but; il va
venir, et comme c'est quelqu'un qui marche au moral... Ensuite, ce
n'est pas seulement ce duo qui doit être efficace, mais un trio
constitué avec Delaye. Entre eux, le mariage est facile, car
Philippe pense le même foot qu'eux, mais il faut qu'ils s'adaptent,
travaillent dans la surface et apprennent leurs déplacements
communs. " Quand tout cela sera au point, quand Raynaldd
Pedros sera de retour ("en janvier prochain ", estime
l'interessé) après son opération de la cuisse
mardi prochain, Michel Mézy pourra dire comme Didier Couécou,
alors manager de Bordeaux dans les années 80 : "Nantais,
continuez de bosser comme ça dans votre centre de formations
vous travaillez pour nous ! "
Patrick DESSAULT, à Montpellier

- 20 août 1999
Loko
retrouve le soleil
Sur les bords de la Mosson, Patrice Loko s'est
vite fondu dans le décor. Au point de faire l'unanimité
sur sa personnalité. D'homme et de joueur.
Sur le site Internet du Montpellier-Hérault,
la messagerie est saturée de mots gentils et d'hommages vibrants
à son intention. Un de ses admirateurs les plus ardents lui
a même dédié un poème via le "Net".
En quelques semaines, l'onde de sympathie pour Patrice Loko a très
vite dépassé les frontières des habitudes, au
sein d'un club où la passion reste souvent à fleur de
peau.
Une reconnaissance populaire que ce repenti de la folie ordinaire
accueille avec un sourire tout juste esquissé. "C'est
la preuve qu'on peut péter les plombs, se soigner et garder
une bonne image auprès des gens."
De ses frasques passées, de ses égarements anciens,
Patrice Loko n'a gardé aucune trace, aucun souvenir, si ce
n'est une mauvaise réputation à laquelle les dirigeants
montpelliérains n'ont pas voulu croire. "J'ai appris
que certaines personnes du milieu du foot racontaient un peu partout
que j'étais instable et perturbé. Beaucoup de clubs
ont accordé foi à ces mensonges. Sauf deux d'entre eux,
Montpellier et Bastia. Alors, c'est moi qui ai finalement choisi de
venir ici, pour les copains, Ouédec et Pedros."
Deux buts
en trois matches
Une trilogie nantaise pour l'instant incomplète
puisque Pedros, opéré de la cuisse, est indisponible.
Mais cette marque de fabrique, cette «culture du déplacement
et du replacement», suffit déjà au bonheur
simple de JeanLouis Gasset, l'entraîneur.
"Associer Ouédec et Loko, c'était, pour moi,
une priorité absolue", reconnaît l'entraîneur
montpélliérain, "Ces deux-là ont une
compémentarité instinctive qui permet de donner de la
profondeur au jeu et de s'engouffrer dans les espaces. Les deux clefs
du football moderne."
À vingt-neuf ans, apres un passé riche et tumultueux
(26 sélections en équipe de France, 75 buts en D 1),
Loko a saisi sans hésiter cette perche que lui tendait une
trajectoire "un peu atypique mais (qu'il a) acceptée
car (il a) changé... "J'ai plus d'expérience
et je ne me prends pas pour un autre."
"Je suis toujours ambitieux et, j'ai envie de m'épanouir
au sein d'une équipe où chacun est en train de trouver
sa place, poursuit celui que Jean-Louis Gasset cite en exemple
pour "son altruisme, son humilité et ses talents de
finisseur". Fort de cet équilibre retrouvé
Loko a inscrit deux buts en trois matches de Championnat après
en avoir marqué neuf lors de ses six mois passés, en
douce, à Lorient. Ce Montpellier en tenue estivale, qui court
deux lièvres à la fois (le Championnat et la Coupe Intertoto)
règle même désormais son efficacité sur
les humeurs prévisibles de cet attaquant qui se fait un devoir
de " toujours donner le meilleur de lui-même ".
Si Loko a été tout près d'ouvrir le score, il
n'a pas marqué à Strasbourg et les Montpelliérains
ont concédé, en Alsace, leur première défaite
de la saison (0-2). "La rencontre face à Monaco est
de ce fait un premier tournant" en déduit la nouvelle
étoile de la Mosson. "Pour rester dans le haut du tableau
et ne pas se laisser distancer car il faut donc s'imposer à
domicile."
Une rencontre que Loko se refuse pourtant à aborder comme la
première étape d'une semaine de vérité.
"Notre finale retour de Coupe Intertoto face à Hambourg,
mardi soir, ne doit pas nous occuper l'esprit. Ce sera un tout autre
contexte, une tout autre compétition. Nous y penserons le moment
venu." Comme il sera toujours temps de s'attarder sur les
hasards du calendrier. Et de relever que, samedi prochain, Montpellier
et Patrice Loko rendront visite à Nantes. Pour un autre retour
aux sources. A la vie.
De notre correspondant à Montpellier
Eric CHAMPEL

- 26 novembre 1999
Patrice
Loko : « il nous faut les trois points »
Patrice,
la dernière fois que vous avez joué contre le PSG, cétait
sous les couleurs de Lorient, et vous aviez inscrit les deux buts
de la victoire. Vous pensez que cela va se répéter ?
Je ne sais pas. Maintenant, si je marque cest bien, mais
si on gagne 1-0 et que je ne marque pas, ce nest pas grave.
Je serai content ainsi.
Retrouver
le PSG, après avoir porté les couleurs du club pendant
trois ans et demi, cest toujours particulier
Bien sûr, je connais une bonne partie de léquipe
et des gens du club. Jai porté ce maillot, et je ne peux
pas oublier les bons moments passés dans ce club.
Ce PSG,
quatrième du championnat vous le connaissez un peu ?
Un peu. Il y a une ossature de joueurs qui est là depuis
un moment, et qui fait la force de Paris comme Rabé, Algerino
ou Lama. Et puis des joueurs avec un gros bagage technique (Robert,
Benarbia) sont arrivés pour renforcer le groupe.
Justement,
quel joueur sera à surveiller tout particulièrement
?
Le maître à jouer, cest Benarbia. Il peut
déclencher le mouvement à nimporte quel moment,
à nous dessayer de le contrer. Mais Montpellier est une
bête noire pour le PSG, cest déjà un avantage
psychologique.
Revenons-en
au championnat. Cest difficile pour Montpellier
On a beaucoup de mal, et ce match sera difficile autant
que de jouer Bordeaux ou Monaco. Il faudra que lon soit plus
vigilant. Mais comme il est important de revenir en championnat, on
doit absolument prendre des points (il tranche). Il nous faudra les
trois points.
Comment
expliquez-vous que Montpellier soit lanterne rouge ?
Au début de saison, nous étions bien classé,
donc tout allait bien. Puis, il y a eu la coupe dEurope, et
là, on a commencé à perdre des points en championnat.
Montpellier
dernier pour le moment, lan passé Lorient qui navigue
entre les trois dernières places. Il y a plus enviable comme
situation pour un attaquant
Oui, mais à Montpellier, on a dautres moyens
quà Lorient. Tenez, contre le PSG nous allons avoir un
groupe où figurera beaucoup de joueurs de qualité issus
du centre de formation. (sourire) Ce qui nest pas pour déplaire
à un ancien nantais. Et surtout, lors de notre dernière
match face à Metz (2-2), nous avons montré de bonnes
choses, offensives et mentales. Egaliser alors que vous êtes
menés 2-0 ça compte, et ça aide.
Laurent
Robert a presque fait le chemin inverse au vôtre : il a quitté
Montpellier pour le PSG. Vous en pensez quoi de Laurent Robert ?
Je le connais seulement un peu pour lavoir rencontré
pendant quil était suspendu avec Paris. Il est venu à
Montpellier retrouver des amis, et nous avons fait connaissance. Sinon,
cest un bon joueur qui sen sort bien.
Evoquer
avec vous - comme avec Laurent Robert dailleurs (voir interview)
- Montpellier sans évoquer le nom de Louis Nicollin, cest
impossible. Alors, il est comment ce président ?
Quand on le connaît un peu mieux, même si
je viens darriver, on a le sentiment que le club repose sur
lui. Quand ça va mal comme en ce moment, il le dit à
sa façon et ça vient du fond du cur. Et les joueurs
se rendent compte de limportance du club, pour la ville comme
pour la région. Cest quelquun dentier qui
aime son club et ses joueurs.
Le mot
de la fin
Samedi, je serrerai la main aux parisiens avant et après
le match.

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