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après la finale de la coupe de de la ligue P.S.G. / Bordeaux Loko : "J'ai envie de jouer davantage" Entré à un quart d'heure de la fin du temps réglementaire, l'attaquant parisien a distillé deux passes décisives et reussi le dernier tir au but, celui qui envoie le PSG en coupe de l'UEFA un mois avant la fin de la saison. "Je n'ai pas eu peur, je n'ai pas eu peur ". Si la lèvre inférieure du quatrième tireur parisien lors de la séance des tirs au but se veut encore hésitante, son pied droit, lui, n'a pas tremblé. Il est 23 h 19 samedi, et Patrice Loko vient officiellement de qualifier le PSG en Coupe d'Europe, une épreuve qui lui a si bien réussi, comme lors de son triplé athénien la saison dernière. « C'est symbolique que ce soit Patrice qui inscrive le demier tir au but, lui qui revient du bout du monde », se réjouit Claude Le Roy, le directeur sportif parisien, une coupette de champagne à la main. Non loin de là, imperturbable, Patrice continue son furtif exposé. "Vous savez, une séance de tirs au but, c'est toujours à pile ou face. Je n'ai pas ressenti de pression particulière, car j'ai l'habitude de tirer les penalties." Ricardo " C'est reparti pour lui " Si, à l'instar des quatre derniers matches de Championnat, l'ancien Nantais est entré en jeu en fin de match, il a cette fois-ci bénéficié de plus de temps pour peser sur l'issue de la rencontre. "Grâce à la prolongation, j'ai pu jouer une demi-heure de plus et montrer, autrement qu'à l'entraînement, que j'étais bien en ce moment. Si je ne pense plus du tout à l'équipe de France, j'ai envie de jouer davantage, avoue-t-il. Je ne dis pas cela au regard de ma prestation de ce soir, où j'ai simplement eu la chance de me trouver dans les bons coups." A commencer par celui qui a amené l'égalisation du PSG, six minutes après avoir remplacé Florian Maurice. "J'anticipe toujours sur les frappes de mes coéquipiers, reprend l'intéressé. Sur le penalty, j'ai donc suivi le tir de Rai. Quand j'ai vu qu'il y avait un bleu derrière moi, je lui ai remis instinctivement le ballon". Sa talonnade a ainsi permis à Simone d'égaliser (80è). Une première passe décisive qui a bientôt été suivie par une deuxième (106e), qui a forcé l'admiration de son entraîneur. "Patrice donne une super balle piquée à Rai, raconte Ricardo. Il a réalisé ce que je demande toujours à mes joueurs de faire dans ces phases de jeu : glisser le ballon au second poteau. Face à Bordeaux, il a été égal à lui-même." Multipliant les courses croisées et les appels, l'international français s'est ainsi dépensé sans compter. "On a retrouvé un grand Patrice Loko, relance encore Marco Simone, deux passes décisives dans une finale, vous vous rendez compte ? " Ce retour en forme, Michel Denisot tient également à le souligner. Lors de la remise de la Coupe, il a chaleureusement happé son joueur sur le podium pour l'embrasser. "On a vu son rôle samedi soir, justifie le président-délégué. C'est une grande satisfaction pour lui et pour nous. " Et Ricardo, tout sourire, de glisser. «Ça y est. C'est reparti pour lui ! » Bernard LIONS
Patrice Loko à nouveau sur la pente savoureuse Après sa parenthèse dépressive, Patrice Loko est redevenu lui-même. Et s'il se refuse à trop penser à l'équipe de France, son entrée a été décisive pour la victoire du PSG en finale de la Coupe de la Ligue... En attendant la demi-finale de la Coupe de France, dimanche, face à Guingamp Deux passes décisives, le penalty de la victoire, Patrice Loko a signé, samedi dernier en finale de la Coupe de la Ligue, un retour trop longtemps espéré. Sous les veux des 77 000 spectateurs du Stade de France, il a du à nouveau déployer son jeu de feu, mouvement perpétuel de l'esprit et du corps. Dévoreur d'espace, buteur ou passeur selon les exigences de l'instant, tel apparaît Patrice Loko dans son habit de footballeur. Hors du champ de jeu, l'homme retrouve des allures de Pierrot lunaire. Son regard est celui d'un doux rêveur qui aime naviguer sur des mers lointaines. Loko aurait pu, en toute quiétude, balader sa hargne et sa placidité dans tous les recoins de l'univers, jongler avec ses paradoxes sans que personne ne songe à y redire. Mais l'interrogation naitra toujours de cette brutale explosion qui, à deux reprises, l'a installé quelque temps dans le Pavillon blanc et bleu d'une clinique du Vésinet. Par deux fois, Patrice Loko s'est égaré dans ces lieux. Par deux fois. l'esprit et les nerfs en déroute,
il y a suivi une thérapie. Un passage que son médecin
traitant, le docteur Sonnier, s'efforce de banaliser. « N'importe
quel individu peut un jour s'effondrer nerveusement. Les symptômes
sont différents, tristesse et abattement pour les uns, colère
et frénésie pour les autres. Inutile de préciser
dans quelle catégorie s'est classé Patrice Loko. Le malheur,
lorsque l'on est un homme public, c'est que l'on ne peut tomber malade
discrètement. » A quatorze ans, ce sociétaire du petit club d' Amilly, sélectionné en équipe de France cadets, intéresse tous les centres de formation. « J'avais le choix. J'ai donc privilégié les deux meilleurs : Auxerre et Nantes. Finalement, j'ai opté pour le second. La Jonelière me paraissait plus confortable et on m'offrait une chambre individuelle. » Le temps de l'apprentissage fera son oeuvre en douceur. Un parcours rectiligne sans le moindre faux pas. Raynald Denoueix, entraîneur du FC Nantes et ancien patron de l'école nantaise, en témoigne : « La progression de Pat a été d'une régularité étonnante. Son gabarit frêle lui a interdit une progression foudroyante, mais il s'est toujours inscrit dans la logique du succès. A aucun moment on ne s'est posé la question, finalement fréquente durant la période d'apprentissage : doit-on le garder ? Sur le plan mental, il était aussi très fort. Pas l'ombre d'un problème. Pat, c'était un modèle d'équilibre. Autant vous dire que j'ai été totalement surpris par ce qui lui est arrivé. » Le petit gosse de Sully-sur-Loire fait l'unanimité. On apprécie sa politesse, sa gentillesse et sa discrétion. Tout juste Alain Garnier, ancien journaliste et secrétaire de l'association du FC Nantes, discerne-t-il quelques failles dans ce portrait idyllique. " C'était le plus correct, mais aussi le plus pro de tous les résidents du centre. Je trouvais même qu'il s'appliquait presque maladivement dans tout ce qu'il entreprenait, que ce soit une partie de cartes ou de boules nantaises. Et puis, les serveuses du restaurant du centre peuvent en témoigner, il réagissait vivement lorsqu'il s'estimait victime d'une injustice. " A Nantes, heureusement, on ne souhaite que sa réussite. Et lorsqu'il dispute son premier match pro contre Bordeaux en 1989, à l'àge de dix-neuf ans, tout le personnel de la Jonelière partage sa joie. L'heure des succès est arrivée. Les dernières hésitations de Blazevic, l'entraîneur yougoslave du FC Nantes, seront balayées par les certitudes de Denoueix et Suaudeau. " Ils ont dit à Blaze que s'il ne me faisait pas jouer, le Centre de formation nantais n'avait plus aucune raison d'exister. " Pour Coco Suaudeau, le technicien et dépositaire
de la philosophie du jeu à la nantaise, Patrice Loko représente
le joueur idéal. «Il a parfaitement intégré
le sens du don en football. Donner et recevoir, pour faire vivre le
jeu. Dans mon esprit, Pat est resté le même. Pas différent
des autres, juste plus sensible. » A écouter ces témoignages, on pourrait
croire que Patnce Loko a simplement intégré à son
mode d'existence des principes du jeu à la nantaise. Donner et
recevoir pour mieux avancer. Le blocage venant lorsque son environnement
déroge à cette règle. Ainsi, lorsque le PSG en
début de saison, fait appel Maurice et Simone sans l'ombre d'une
explication, il se retrouve dans une situation qu'une lois encore il
ne maitrise pas. Incompréhension, sentiment d'injustice ? Toujours
est-il que, de nouveau, Patrice perd pied. Mais, là, la goutte
d'eau ne le noiera pas. « On a compris qu'il n'était
pas bien, explique son frère William. On a pu agir d'autant plus
rapidement qu'il était très conscient de ce qui lui arrivait.
» Michel NAÏT-CHANAL |