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- 22 octobre 1996

(après la défaite 4/2 en Turquie contre les turcs de Galatasaray)

Et si Paris était surfait ?

[...] Car PSG s'est procuré un nombre ridicule d'occasions, signe d'une indigence offensive qui ne date pas d'hier. Même lorsque la défense adverse a l'air d'un assemblage en carton pâte comme celle de Galatasaray, le duo Loko-Dely Valdes ne constitue pas une réelle menace. Le premier s'épuise dans des courses inutiles, à croire qu'il est jugé sur le kilométrage parcouru. Forcèment, lorsque le ballon lui parvient, il n'a plus la fraîcheur nécessaire pour en faire bon usage. Le second, lui, s'epuise dans d'interminables allers et retours au Panama pour les éliminatoires de la Coupe du Monde. Même en occultant ses heures de vols, il n'est de toute évidence pas l'attaquant percutant dont le PSG a besoin. Si Ricardo était vraiment convaincu de l'efficacité de ce tandem, il l'alignerait systematiquement en championnat. Or , c'est loin d'être le cas. [...]

Jean-Philippe BOUCHARD

 

- 12 novembre 1996

(interview de Youri Djorkaeff après la 1ère défaite de l'équipe de France d'Aimé Jacquet, en Norvège.)

Djorkaeff : "J'admire Loko !"

Seul en pointe lors d'une calamiteuse première mi-temps, Youri n'en a que plus apprecié le travail ingrat de son prédecesseur.

[...]Vous avez occupé trois postes différents. Difficile ?
Oui. Après tu essaies de voir où tu es le mieux. C'était plus facile quand Loko est rentré et Pirès aussi, à gauche. Mais quand on perd, il n'y a plus de poste. J'essaie d'être là où je pense être le plus dangereux. Je ne me dis pas : reste dans l'axe.

"Je n'ai pas pris celà comme une corvée"

Tout de même, l'expérience "seul" devant était une nouveauté pour vous...
Et pas évidente. Tout seul, il faut se battre sur tous les ballons. Ca ne me fait que plus apprecier, plus respecter le travail des autres attaquants. Après un match comme celui là, je ne suis que plus admiratif encore pour Loko !

Fatigué ?
Non, non. Et ne croyez pas que j'ai pris tout celà pour une corvée. Pour moi, le malheur, c'est que l'on ait perdu. Ce fut une experience enrichissante. J'ai vécu des choses que je n'avais pas l'habitude de vivre. Avoir un ballon ou deux à gerer le mieux possible, ce n'est pas évident.

[...]

Jean-Marie LANOË

 

- 21 mars 1997

(lendemain du 1/4 de finale retour de la C2 - AEK Athènes - P.S.G.)

Loko : "J'espère revivre ça"

TRIPLÉ. L'attaquant parisien se réjouit d'abord de la cohésion retrouvée de son équipe. Sa formidable réussite personnelle en passerait presque au second plan.

Loko happé par la meute, Loko auteur d'un hat-trick probablement unique dans les annales du football français à cet échelon européen, n'a qu'une idée en tête: « Où est le bar ? » C'est vrai quoi, il peut boire un coup. Il a probablement soif tellement il a couru et marqué. Et puis, il peut arroser ça en toute simplicité car il ne semble pas avoir conscience de la portée de son exploit.

Patrice, dans quel état d'esprit aviez-vous abordé cette rencontre ?
On avait surtout l'espoir de marquer au moins un but.C'était bien parti, assez vite finalement.

Ce fut un bon scénario...
Idéal! A l'occasion de ce déplacement, personne ne nous voyait faire un bon match comme ça. Mais on a l'habitude d'être critiqués et de ne pas toujours se préparer dans les meilleures conditions.

Paris a retrouvé son football ?
Oui. Ce soir, on a été très bons et très sérieux. On avait une bonne cohésion sans être mis souvent en difficulté.
En fait, on a mis une occasion de but au fond presque d'entrée. A partir de là, marquer si vite nous a fait comprendre que nous avions la main-mise sur le match.

Comment se fait-il que le PSG réponde présent en Coupe d'Europe ?
C'est une histoire de rendez-vous très important. Celui-là, on l'avait dans nos têtes. Je pense que ce doit être un déclic pour nous. En Championnat dimanche contre Metz et en Coupe d'Europe.

Vous pouvez aller encore plus loin, en C 2 ?
Si on joue comme ça, on peut mettre en danger n'importe quel adversaire.

Vous avez une préférence ?
Non. Aucun a priori.

Et vos trois buts ? On imagine que votre satisfaction doit être grande...
Ça fait toujours plaisir. Surtout quand on peut marquer sur chaque occasion que l'on se procure. Sur le premier but, je devine que Leroy va la piquer. J'espère revivre ça.

Jean-Marie LANOË

 

- 28 avril 1997

(au lendemain de son quadruplé en championnat contre Nice.)

Loko : "Je veux marquer en finale"

Avec ce quadruplé, Loko fait grimper son total à quinze buts : une réussite qui profite au P.S.G. et qui lui donne encore plus d'ambition.

Quatre buts en un match, celà n'arrive pas tous les jours. Est-ce la première fois de votre carrière ?
En pro, oui ! Chez les jeunes ça m'est déjà arrivé, mais à ce niveau c'est la première fois. J'espère que ce n'est pas la dernière...

Pascal Nouma, avec Strasbourg à Montpellier (4-1), a réussi le même exploit au cours de cette journée. Vous vous étiez donné le mot ?
(Sourire.) Non, on ne s'est pas téléphoné mais on était tous contents pour lui lorsqu'on a su qu'il avait marqué quatre buts à Montpellier: c'est un ancien coéquipier.

Au-delà de votre festival, le PSG a profité de ce match pour prendre trois points d'avance sur Nantes. Est-ce le plus important ?
Absolument ! Ces trois points sont très importants. En plus, nous faisons également une bonne opération. au niveau de la différence de buts, cette seconde place qualificative pour la Ligue des Champions est très importante pour nous. Nous sommes dans une bonne phase, mais il faut confirmer mercredi à Lille et samedi contre Bordeaux. En tout cas, nous avons montré que nous avions encore des forces. On ne va pas lâcher et on se battra jusqu'au bout.

Vous n'avez pas semblé trop fatigué par le match à Anfield (0-2)...
En ce qui me concerne, je suis sorti contre Liverpool en seconde période et je n'ai pas eu à m'épuiser pour préserver nos buts d'avance. Aujourd'hui, j'étais peut-être un petit peu moins fatigué que les autres.

Après votre hat-trick à Athènes (3-0), un doublé contre Metz (2-0), voilà un quadruplé contre Nice. A chaque fois que le PSG gagne, c'est Loko qui fait la décision. Comment expliquez-vous une telle réussite ?
Elle est collective. On joue des matches importants et je suis peut-être un peu plus concentré. Ce soir j'ai su me libérer du marquage, sur mon quatrième but j'avais encore la possibilité de faire la différence. Je suis surtout content pour le public du Parc, qui nous a toujours soutenus.

Maintenant, quel est votre objectif ?
D'un point de vue personnel, je veux marquer un but en finale contre le Barça... celui de la victoire !

Recueilli par Pierre MÉNÈS