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L'Est Eclair -
31 août 2001
Patrice
Loko, la surprise du
chef
L'Estac a probablement bouclé son recrutement
hier soir, en faisant signer pour une saison, l'ancien attaquant lyonnais
Patrice Loko, actuellement sans club.
A vingt-quatre heure de la date butoir qui clôturera,
ce soir à minuit, la première cession des transferts
2001/2002, l'Estac a étoffé hier, l'ancien attaquant
lyonnais, Patrice Loko.
En fin de contrat avec Lyon, qu'il avait rejoint
en cours de saison dernière après un passage à
Montpellier, Patrice Loko s'est engagé pour un an à
Troyes. Voici qui achèvera probablement le recrutement de l'Estac,
après qu'Alain Perrin est parvenu à accelerer l'engagement
du défenseur suédois Svensson, avant le 31 août.
Alain Perrin avait évoqué les contacts
noués ces dernieres semaines avec les agents de Loko et Victor
Bonilla. Le manager général de l'Estac étudiait
avec discrétion la possibilité de renforcer son secteur
offensif. "La philosophie du recrutement de Patrice Loko est
surtout liée au déroulement de la Coupe d'Afrique des
Nations. Sachant que nous auront plusieurs joueurs absents, notamment
en attaque avec Saïfi, Ghazi etpeut être Niang, l'arrivée
d'un joueur à vocation offensive était nécessaire.
Il faut également penser au contrecoup de cette compétition
qui se déroulera au Mali. D'où l'importance d'enrichir
le groupe."
Accompagné de son agent Patrice Liguistin,
Patrice Loko a paraphé son contrat, tout en expliquant que
le choix de l'Estac avait été celui de "la valeur
collective". "J'étais en contact avec Lille
mais Sedan et Troyes étaient les plus intéressés.
J'ai finalement préféré Troyes pour la qualité
de son jeu, que j'ai apprecié en Intertoto."
Sans club, Loko (31 ans) s'entraînait depuis
quelques mois avec une équipe de CFA en Bretagne. "Je
sais que j'ai un peu de retard dans la préparatrion. Mais c'est
surtout la compétition qui me manque. D'ici à une quinzaine
de jours, je pense être prêt si le coach fait appel à
moi." Champion de France en 1995 avec Nantes, l'ancien international
(26 sélections) a ensuite joué au Paris SG, à
Lorient, Montpellier puis Lyon. "J'ai très envie de
jouer et de gagner des matchs. Je ne viens pas me relancer ici. Je
n'ai jamais triché avec personne."
P.M.

- 31 août 2001
LOKO UN AN À TROYES.
Patrice Loko (31 ans) ne sentraînera
plus avec Vannes. Hier soir, vers 19 heures, et conseillé par
Patrice Liguistin qui nest autre que lagent de Frédéric
Danjou, il sest engagé pour une saison en faveur de Troyes,
qui renforce ainsi son secteur offensif en vue de la Coupe dEurope
et du Championnat. « Je suis vraiment ravi. Évidemment,
jaurais préféré être fixé
un peu plus tôt dans la saison pour me préparer comme
tous les autres. Je nai pas pu, tant pis.À moi de travailler
pour rattraper le temps perdu. Jespère être à
100 % dans quelques semaines car aujourdhui je nai pas
la forme dun joueur de D 1. » Contacté par
Sedan et Lille, Patrice Loko a été séduit par
le discours dAlain Perrin et le jeu pratiqué par les
Troyens depuis le début de saison.
G. D.

L'Est Eclair -
5 septembre 2001
"Je
peux encore marquer"
Patrice Loko est pressenti pour incorporer
l'effectif dès Samedi à Monaco. L'ancien international
revient sur sa carrière et évoque ses ambitions sous
les couleurs de l'Estac.
La semaine dernière, vous signiez
à Troyes. Quelles sont vos premières impressions sur
votre nouveau club ?
Tout ce passe bien. Laccueil a été très
sympathique. Ce nétait pas évident car je ne connaisais
personne. Mais jai pu me rendre compte que le groupe était
chaleureux et de qualité. Cest une équipe qui
a le potentiel pour faire au moins aussi bien que lan passé.
Vous avez signé pour un an. Ca veut
dire qu'il y a comme un contrat d'objectif entre le club et vous ?
Je suis resté six mois à Lyon et jai
peu joué. Alain Perrin veut donc voir si je suis bien le joueur
quil recherchait. Maintenant, il se peut très bien que
je prolonge en cours ou en fin de saison...
Troyes vous a recruté à la
veille de la clotûre du premier marché. Avez-vous eu
peur de vous retrouver sans club au soir du 31 août ?
Franchement, non car javais des contacts avec Lille,
Sedan et Aberdeen. Seul le challenge en Ecosse ne me satisfaisait
pas. De nombreux clubs de D2 sintéressaient à
moi, mais je me sentais encore capable de jouer en D1. Si ça
a mis du temps à se finaliser, cest parce que les clubs
qui me voulaient jouaient lEurope et ils devaient connaître
plus précisément leur avenir.
Pourquoi Troyes plutôt que Lille ou
Sedan ?
Lentraîneur troyen souhaitait un joueur dexpérience
pour encadrer les plus jeunes, un attaquant qui prenne les espaces.
Cest un discours qui ma plu. Par ailleurs, Alain Perrin
a la réputation dêtre un entraîneur qui aime
le jeu collectif en mouvement. Ca me convient bien.
Après être passé par
Nantes, Paris ou Lyon, vous n'avez pas le sentiment de descendre d'un
cran en signant à Troyes ?
Cest vrai que Troyes na pas la même notoriété
mais cest un club en devenir qui aspire au plus haut niveau.
Au même titre que Sedan ou Lille, on en parle de plus en plus
et cest un bien. Jai eu la chance dêtre passé
par Lorient, un club plus en retrait que celui de Troyes. Lesprit
déquipe y est plus développé.
Une vertue qu'on ne retrouve pas toujours
dans les grandes formations...
Cest vrai quen six mois de temps à Lorient,
jai trouvé un esprit "amateur" entre guillemets.
Les personnes sont plus à lécoute, on connaît
tout le monde. Ce passage reste un bon souvenir. Jy ai inscrit
neuf buts et les gens étaient contents de ce que jai
pu réaliser là-bas.
Et quels souvenirs gardez-vous de vos trois
saisons parisiennes ?
Ce furent de très bonnes années durant lesquelles
jai étoffé mon palmarès (vainqueur de
la coupe des coupes , de la coupe de France, et de la coupe de la
Ligue).
Rien à voir avec vos débuts
à Nantes quand même...
Non; à Paris, le jeu était plus individuel,
moins en mouvement. Nantes, ça reste le club où jai
été sacré meilleur buteur de D1 (22 buts)
et champion de France en 1995.
Après Paris, vous signez à
Montpellier ou Loulou Nicollin tenta de reconstituer la triplette
nantaise avec Pedros et Ouédec...
Oui mais l'équipe a été releguée
et jai peu joué pendant six mois parce que Montpellier
voulait me vendre. Jai attendu décembre pour partir à
Lyon où la concurrence était très forte. Mai
je nai pas de regrets à avoir car jai fait le maximum.
Des regrets vous en avez peut être
par rapport à l'Equipe de France ?
Il y a bien eu cette élimination contre la Bulgarie
que jai suivie à la télé. Mais je considère
que jai eu la chance dêtre appelé à
27 reprises, davoir côtoyé Papin ou Canto. Il ny
a pas de regrets à avoir.
Aujourd'hui à 31 ans, dans quel étant
d'esprit êtes-vous ?
Déjà physiquement, je me sens bien. Jai
suivi une préparation avec Vannes et je constate que jarrive
à suivre mes partenaires à lentraînement.
Je pensais être à un bon niveau et ça se confirme.
Maintenant je me donne encore deux ou trois saisons au plus haut niveau.
A Troyes, jai envie de jouer, de montrer ma valeur. Jai
une bonne expérience et je sais que je peux encore marquer
en D1.
Propos recueillis par Christophe Mallet

- 7 septembre 2001
UNE-DEUX
Loko
: « Troyes, un challenge intéressant !"
Dernière recrue en date de Troyes,
Patrice Loko s'apprête à retrouver samedi soir. à
Monaco, la compétition. Avec l'envie de démontrer qu'à
31 ans il a encore sa place au sein de l'élite.
Dans quel état d'esprit vous trouvezvous
à l'heure de fouler à nouveau les terrains de Première
Division ?
Je pense que ça va bien se passer. En attendant de
trouver un club, je me suis entraîné régulièrement
et sérieusement avec vannes. Sur le plan de la condition physique,
je ne pense pas avoir de problèmes et je dois dire que, depuis
mon arrivée à Troyes, tout se déroule très
bien. Je suis assez satisfait de mes premières prestations
au niveau du groupe. Je ne suis pas trop inquiet même si je
sais que je manque un peu de compétition.
Le Championnat de France a repris depuis
deux mois, sans vous. Au cours de cette période, avez-vous
ressenti la crainte de rester au bord du chemin ?
Non. car j'avais la chance durant ces deux mois d être
en contact avec pas mal de clubs. Je savais l'intérêt
que me portaient Sedan, Lille et Troyes ainsi que les Ecossais d'Aberdeen.
Sans parler des nombreux clubs de Division 2 qui m'avaient également
fait des propositions. II fallait simplement se montrer patent en
attendant que la situation se décante un peu, notamment pour
la Coupe de l'UEFA en ce qui concernait Troyes. En désespoir
de cause, je serais peut-être parti en Ecosse, car je ne souhaitais
pas vraiment évoluer en D 2. Je me sentais encore capable d'évoluer
à l'echelon au-dessus.
Quand on a porté les maillots de
Nantes, Paris et Lyon, signer à Troyes, n'est-ce pas redescendre
d'un étage?
C'est vrai que la notoriété de Troyes n'est
pas celle des clubs que vous venez de cher. Mais je remarque quand
même que l'on parle de plus en plus de cette équipe grâce
aux bons résultats qu'elle obtient Cerces, c'est un peu différent
de ce que j'ai connu auparavant mais c'est aussi en cela que le challenge
proposé ici est intéressant. Dans ma carrière,
j'ai eu la chance de jouer à Lorient lorsque le club est monté
en Première Division et ce fut une expérience intéressante.
Troyes a quelques points communs avec Lorient, notamment au niveau
de (esprit d'équipe, élément important dans la
réussite d'une formation.
A 31 ans, qu'espérez-vous encore
prouver ?
C'est vrai qu'on considère que, passée la
trentaine, un joueur est en fin de carrière. Personnellement,
je pense que je peux encore jouer deux ou trois saisons au plus haut
niveau. En signant à Troyes, je souhaite simplement disputer
plus de matches que la saison dernière à Lyon. J'ai
envie de jouer ne serait-ce que pour continuer à prouver ma
valeur.
Correspondance Jean-Pierre Kienn

- 8 septembre
Patrice
Loko : « Renouer le fil »
Quel sentiment domine chez
vous avant vos débuts troyens ?
Je ne suis pas plus stressé que ça... Je pense
que, ces derniers jours, je me suis bien entraîné et
tout se passe bien avec mes nouveaux partenaires. J'ai l'impression
que mon retour s'effectue de manière tout à fait naturelle.
Peut-être que je serai un peu plus stressé à mesure
que l'heure du coup d'envoi approchera. Dans ces moments-là,
on peut toujours se poser des questions. Mais c'est vrai aussi que
c'est une joie de retrouver le Championnat de France. J'ai envie que
ça se passe bien, pour moi bien sûr, mais surtout pour
l'équipe. C'est le plus important. Je souhaite apporter quelque
chose à cette formation pour qu'elle continue à se distinguer
comme elle le fait depuis le début de cette saison.
Vous allez affronter Monaco qui a absolument
besoin de gagner.
C'est vrai que nous n'allons pas rencontrer les Monégasques
au meilleur moment. Ils ont connu un début de Championnat difficile
mais je pense que la coupure de ces quinze derniers jours leur a permis
de se remobiliser. Si nous rentrons bien dans le match, on pourra
peut-être les faire douter à nouveau. L'équilibre
d'une équipe est tellement fragile et tient parfois à
si peu de choses.
Vous allez porter le maillot no 27, le même
qu'à Lorient. Faut-il y voir un signe ?
Effectivement, ce choix n'est pas innocent. Lorsque ici
on m'a demandé de choisir, le no 27 n'ayant pas de titulaire,
je n'ai pas hésité un instant. C'est effectivement celui
que je portais à Lorient, dans une période de ma carrière
qui reste parmi les meilleurs moments que j'ai vécus. Disons
que cela marque peut-être mon envie de renouer le fil avec cette
bonne période. Le 27, cela tombe également avec la date
anniversaire de mon fils, qui est né un 27 septembre. Dans
notre milieu, chacun a ainsi ses petits trucs. »
TROYES - de notre correspondant

-
26 octobre 2001
Loko
court toujours
BAROUDEUR. En grande forme actuellement, l'ancien
attaquant international a dynamisé l'attaque troyenne. Avant
le déplacement à Montpellier, l'un de ses anciens clubs,
samedi, il a ainsi prouvé qu'il avait de beaux restes, malgré
un parcours tourmenté.
Deux buts dans l'antre de Leeds le jeudi en Coupe
de l'UEFA, un but et une passe décisive le dimanche contre
Lorient ; en l'espace de quatre jours, Patrice Loko, débarqué
à Troyes fin août, vient de démontrer qu'il n'avait
rien perdu des qualités qui avaient fait de lui l'avant-centre
de l'équipe de France. Depuis qu'il a posé ses valises
dans l'Aube, à quelques heures seulement de la clôture
des transferts, Loko se comporte en footballeur professionnel modèle.
II est irréprochable, et sa gentillesse, sa disponibilité
n'ont pas tardé à séduire les fidèles
habitués scotchés au grillage des terrains d'entraînement
du stade de l'Aube.
Exemplaire, l'ex-Nantais l'est également lors de ces séances
en semaine où se bâtissent les succès du week-end.
Attentif aux directives d'Alain Perrin, appliqué comme un débutant,
il confirme sa volonté d'être à la hauteur de
la confiance que lui ont témoignée les dirigeants troyens
en l'engageant jusqu'à la fin de la saison. Et lorsque s'allument
les projecteurs du stade pour l'entrée des artistes, Patrice
Loko redevient pour quatre-vingt-dix minutes ce formidable combattant
formé à l'école nantaise.
L'incorporation de ce dévoreur d'espaces et lutteur infatigable
a donné une nouvelle dimension à l'attaque champenoise.
Ce n'est certainement pas le fruit du hasard si les éléments
qui composent cette ligne offensive viennent de faire trembler à
neuf reprises les filets adverses en trois matches. Et pas contre
n'importe qui ; trois buts à Auxerre, jusque-là invaincu
en Championnat, deux buts en Coupe de l'UEFA à Leeds, le leader
de la Premier League, qui n'en avait pas encaissé un seul sur
son terrain depuis le début du Championnat anglais, et enfin
quatre buts devant Lorient, pourtant pas facile à prendre en
défaut loin de ses bases.
PERRIN : " IL PEUT NOUS APPORTER BEAUCOUP "
Le bilan est éloquent, et la dernière recrue de l'ESTAC
n'y est pas étranger. Bien épaulé par Boutal
et Goussé ou Niang, Patrice Loko semble reverdir sous le maillot
troyen en se découvrant une nouvelle jeunesse. On est bien
loin en tout cas de l'image sulfureuse qui lui a longtemps collé
à la peau après une nuit parisienne de triste mémoire.
« Son passé m'importe peu, souligne l'entraîneur
Alain Perrin. Si je l'ai fait signer, c'est parce que j'avais besoin
d'un attaquant de rupture. C'est un joueur mobile qui ne se cantonne
pas dans un rôle de buteur. Il est également capable
de faire la dernière passe, de se muer en joueur d'appui. Sur
ce qu'il a montré ces dernières semaines, il peut encore
réaliser de belles choses et nous apporter beaucoup par son
expérience du haut niveau. Depuis son arrivée, il s'est
comporté en très bon professionnel et a su se faire
adopter par le groupe. J'espère simplement qu'il va continuer
sur sa lancée. "
Une intégration réussie que confirme le principal intéressé
: "Je me sens bien dans cette équipe et je trouve que
mon adaptation a été plutôt rapide. Il faut dire
que j'ai retrouvé à Troyes certaines similitudes avec
Nantes, par exemple dans la manière d'aborder les matches.
Chaque joueur sait ce qu'il a à faire pour apporter sa pierre
au collectif. Jouer dans les espaces, être toujours en mouvement
pour offrir des solutions au porteur du ballon, c'est de cette manière-là
qu'une formation de notre dimension pourra continuer à produire
de bons matches."
Et s'il fallait un témoin privilégié de cette
parfaite intégration, le milieu de terrain Jérôme
Rothen semble tout indiqué. Grand pourvoyeur de balles de but,
il a rapidement trouvé la bonne partition pour jouer en cadence
avec son nouveau camarade de jeu. "C'est vrai qu'il me facilite
le travail, reconnaît le redoutable gaucher de l'ESTAC.
Il va de l'avant, fait des appels, coupe les trajectoires au moment
juste. C'est un vrai plaisir d'évoluer aux côtés
d'un élément de cette qualité, dont il faut souligner
l'intelligence dans le placement et dans les déplacements.
Il comprend tout de suite ce que je vais faire sur mon aile, et ce
n'est pas un hasard si, à Leeds, puis contre Lorient, il se
trouve deux fois sur la trajectoire de mes centres pour les glisser
au fond des filets adverses. On se trouve de mieux en mieux, et c'est
toute l'équipe qui en bénéficie. C'est d'ailleurs
l'un des aspects de sa personnalité que j'apprécie chez
lui: malgré son riche passé de footballeur, il reste
modeste et discret, toujours au service du groupe. C'est à
mes yeux la marque d'un grand professionnel. "
" JE DOIS JUSTIFIER MON PASSÉ ET
MES SÉLECTIONS "
Des compliments qui feront sans doute chaud au
coeur de Patrice Loko, peu bavard sur et hors du terrain, mais qui
ne rejette pas les valeurs d'exemplarité que sa carrière
justifie. "Je n'ai jamais été quelqu'un qui
parlait beaucoup sur un terrain, reconnaît-il. J'essaie
simplement d'être un meneur par la qualité de mon jeu
et mon comportement en match. Par exemple, lorsque nous exerçons
un pressing sur les défenseurs adverses, j'essaie d'entraîner
les autres dans mon sillage pour que ce pressing ait une cohérence.
Si je l'exerce tout seul, cela ne servira à rien. Je sais ce
que l'on attend de moi et, même si la réussite du groupe
passe avant tout, je me dois de faire de bons matches pour justifier
mon passé et mes sélections en équipe de France.
"
L'énorme activité déployée à chacune
de ses sorties le démontre effectivement. A trente et un ans,
Patrice Loko semble parvenu à une forme de plénitude
qui se traduit dans son jeu. "Je suis peut-être un peu
moins rapide qu'il y a quelques années, dit-il, mais
l'expérience me permet de compenser par d'autres qualités.
Faire la bonne passe au bon moment, sans se précipiter inutilement,
avoir le geste juste dans les instants décisifs d'une rencontre,
c'est avec le métier que l'on apprend tout cela. Lors de passages
difficiles, comme ceux que nous avons connus contre Leeds, je continue
à y croire peut-être plus que tous les autres, grâce
à l'expérience accumulée dans les matches importants
sous le maillot du Paris-SG ou de l'équipe de France. On s'est
beaucoup parlé à la mi-temps de cette rencontre, et
j'ai dit à mes équipiers qu'il fallait continuer à
y croire, ne pas lâcher pour ne pas avoir de regrets. Résultat,
nous revenons à 4-2 à la fin du match et nous avons
encore le droit de rêver à une qualification pour le
tour suivant. "
Bien dans sa peau, bien dans sa tête, l'ex joueur de Nantes,
Paris, Lorient, Montpellier et Lyon entend briller encore quelques
années. Sous le maillot de Troyes cette saison et, pourquoi
pas, à l'étranger un peu plus tard. "Je jouerai
tant que mon physique me le permettra, et j'espère bien rester
au plus haut niveau encore deux ou trois saisons. Avant de mettre
un terme à ma carrière, je serais assez tenté
par un dernier contrat à l'étranger, pour découvrir
comment on appréhende le football hors de nos frontières.
Ce serait une expérience intéressante, même si,
aujourd'hui, j'ai pris conscience qu'il n'y a pas que le football
dans la vie et que le bonheur de mon épouse et de mes enfants
est tout aussi important. » Paroles de sage.
Correspondance Jean-Pierre KIEHN
- 26/10/01
Loko retrouve la lumière
Le parking du stade de l'Aube est presque desert.
Seuls quelques fidèles réservent leur place pour le
match de Coupe de l'UEFA face à Leeds jeudi prochain. En toute
quiétude, Patrice Loko signe une poignée d'autographes
avant de grimper dans son Audi TT. "C'est sûr qu'il
y a moins de pression à troyes qu'à Paris ou à
Lyon, sourit l'homme en forme de l'Estac, auteur de trois buts
et d'une passe décisive lors de ses deux derniers matchs (2-4
à Leeds et 4-2 devant Lorient). Ici, c'est plus tranquille.
Le résultat est important, mais une défaite n'est pas
catastrophique."
"J'étais
mal "
Après Nantes, Paris, Lorient, Montpellier
et Lyon, l'ancien attaquant des Bleus (26 sélections, 7 buts)
a posé ses valises de pèlerin en Champagne à
la fin de l'été. Pour un nouveau départ. "J'avais
envie de m'exprimer et de faire une saison pleine, souffle celui
qui n'a joué que par intermittence depuis un an. On m'a
moins vu sur le terrain, et les gens ont vite pensé que j'étais
fini. Mais je n'ai pas changé. La seule différence,
c'est qu'à présent je joue plus souvent. alors le public
à l'impression de me redécouvrir."
A 31 ans, l'ancien champion de France (avec Nantes) et vainqueur de
la Coupe des coupes (avec le PSG) - "Mes deux meilleurs souvenirs"
sourit-il - espère avant tout retrouver le plaisir. Tout simplement.
"Je sais que ma carrière est derrière moi, mais
j'ai envie de jouer le plus longtemps possible.", lance l'enfant
de Sully-sur-Loire, les yeux brillants.
Pour l'ex-canari, le football redevient une passion après avoir
été un fardeau. Le regard s'assombrit. "Cela
m'a demandé beaucoup de sacrifices au niveau familial..."
lâche la mari de Muriel, père de Johan et Vanille. Personne
n'a oublié la fameuse nuit de juillet 1995 où le Parisien
d'alors "pète les plombs", transformant la voie royale
de sa carrière en long chemin de croix. "Mais ça
fait quand même six ans que cela s'est passé, fait-il
remarquer d'une voix douce. Cela ne pourrait plus arriver aujourd'hui.
Faire une bouffée délirante, je ne le souhaite vraiment
à personne. J'étais mal et j'ai oublié la plupart
des choses qui me sont arrivées à ce moment-là.
Les gens doivent se souvenir qu'il y a eu un avant et surtout un après.
Ce n'est pas évident de remonter la pente. Je suis fier d'avoir
réussi ça. Même quand on a touché le fond,
on peut se relever."
La grande cassure
Se relever, mais pas tout effacer. "C'est
sûr qu'à l'époque je jouais à Paris et
en équipe de France. Ca a été la grande cassure".
Les Bleus accèdent au nirvana du Mondial 98, puis de l'Euro
2000. Loko, lui, tombe dans l'oubli. " Je faisais partie du
groupe. Alors, bien sûr, j'ai pensé que j'aurais pu,
moi aussi, connaître cette aventure. Mais les choses tournent
vite et je suis resté le premier supporter des Bleus."
Aujourd'hui, fort de son expérience internationale
et de 318 matchs de D1 (82 buts), Patrice Loko joue les grands frères
sans l'une des équipes surprises du début de saison.
"j'ai une assise et un vécu qui comptent dans les matchs
importants. J'arrive parfois à glisser un petit mot qui peut
aider les jeunes." explique-t-il. Fidèle à
ses principes, l'attaquant troyen, qui affronte demain Montpellier,
l'un de ses anciens clubs, est toujours prêt à se "défoncer"
pour le club. "Je veux apporter mon enthousiasme et pouvoir
sortir du terrain en ayant la sensation d'avoir donné le maximum."
A Troyes, Loko revit.
Eric Bruna

L'Est
Eclair - 31 octobre 2001
«
L'Europe me transcende »
Patrice Loko a marqué 21
buts en 45 matches de Coupe d'Europe. II raconte ses souvenirs de
campagne et exhorte ses coéquipiers à croire à
la qualification
Patrice Loko jouera demain,contre
Leeds, son 46e match européen. Avec Nantes puis le PSG, il
a connu le sommet des affrontements continentaux (victoire en Coupe
des Coupes en 96 et finale l'année suivante). Toute cette expérience
de campagnes au long cours, il la met aujourd'hui au service de l'Estac.
Avec apparemment toujours autant de succès : déjà
deux doublés au compteur contre Ruzomberok et surtout à
Leeds. S'inscrivant comme un vrai fer de lance pour le groupe, il
témoigne ici de son attachement à ces rencontres aux
effluves singulières.
La Coupe d'Europe
« Ce sont des marches particuliers
auxquels on a envie de participer parce qu'on apprend beaucoup, parce
qu'on rencontre des équipes contre lesquelles on n'a pas l'habitude
de jouer. C'est toujours un plus, surtout (ace à de belles
formations comme Leeds. En (ail, l'intensité n'est pas la même.
Pour le public aussi, c'est différent et les joueurs ressentent
cette pression, ce stress supplémentaire. Au niveau du jeu,
il n'y a pas beaucoup de temps morts, et la moindre erreur est souvent
fatale. Ça rajoute un certain piment. »
Ses performances
« Je ne fais pas trop attention
à mes statistiques. 21 buts en 45 matches ? Oui, effectivement,
ce n'est pas trop mal (Il sourit). D'ailleurs, on m'a encore fait
remarquer après mon doublé à Leeds que j étais
toujours présent dans tes gros matches de Coupe d'Europe, et
pas juste cri tarit que buteur. Je nie souviens d'avoir déjà
réalisé un triplé contre Galatasaray avec le
PSG. Quelque part, ça doit me transcender, me mobiliser encore
plus. Tant mieux, j'espère que ce sera encore le cas jeudi..
Et j'espère surtout pouvoir emmener dans mon sillage mes coéquipiers;
c'est ce qui reste le plus important »
Les souvenirs marquants
« Il y en a pas mat D'abord,
la victoire avec le PSG en Coupe des Coupes en 96 et puis la finale
contre Barcelone l'aimée suivante, C'est à la fois un
bon et un mauvais souvenir Ban parce que jouer une saison sur un grand
match comme ça, c'est un événement superbe à
vivre, mauvais évidemment parce qu'on avait perdu I-0 sur un
penalty litigieux de Ronaldo. Et mai, j'avais marqué un but
refusé, disons très très limite. Sinon, dans
les grands moments, il y a Liverpool en demi-finale, toujours avec
le PSG l'année de (a victoire. A l'aller, les Anglais, comme
souvent, étaient arrivés très sûrs d'eux,
décontractés, presque en touristes. Il ne nous avaient
pas pris au sérieux alors qu'on avait une grande équipe.
Résultat : 3-0 au Parc. Au retour, on avait perdu 2-0 à
Anfield Road dans un match d'une incroyable intensité. On avait
souffert mais l'ambiance était absolument extraordinaire.»
L'affrontement contre Leeds
"Au match aller, on les a beaucoup
trop regardé jouer en première mi-temps. Je crois que
certains d'entre nous se sont posé trop de questions et ont
été paralysés par l'événement.
Heureusement, on a encore la possibilité de passer. Alors jeudi,
il faut que ce soit eux qui nous regardent jouer! On a les moyens
de contrarier cette équipe en jouant haut. Essayons de gagner
déjà, on verra bien quelle tournure prend le match,
et s'il faut jouer notre va-tout on le fera au bon moment. Ça
ne sert à rien de calculer. Je ne crois pas que les Anglais
aient beaucoup changé de mentalité alors il est possible
qu'ils nous prennent de haut, surtout qu'ils marchent fort en ce moment.
A nous de les surprendre. Sur l'ensemble d'une saison, Leeds est plus
fort que trous. Mais sur un match, tous les espoirs sont permis. »
Propos recueillis par Anthony LACAILLE

- 3 novembre 2001
Loko témoin privilégié
Vainqueur de la Coupe des Coupes 1996 avec
le PSG, Patrice Loko a ensuite porté successivement les couleurs
de Lorient, de Montpellier puis de Lyon la saison dernière.
A Troyes depuis cet été, cet infatigable dévorateur
despaces continue à se donner à fond sous son
nouveau maillot. Après lélimination jeudi soir
face aux redoutables Anglais de Leeds, Pat attend son ancienne
équipe de pied ferme
PSG.fr -. Patrice, comment vas-tu ?
Patrice Loko : « Après ce match retour contre Leeds,
lessentiel est de récupérer. Tout le monde est
unanime pour reconnaître que nous avons réalisé
un bon match. Malheureusement, la qualification nest pas au
bout
»
PSG.fr -. LESTAC est pourtant passée
tout près dun exploit retentissant
PL : « Nous y croyions vraiment avant la rencontre et nous avons
tout mis en oeuvre pour concrétiser cet état desprit
pendant quatre-vingt dix minutes. Personnellement, jai eu au
bout du pied une balle de 4-1 qui nous aurait permis de tuer cette
rencontre et de nous qualifier. Je ne peux que déplorer ce
petit rebond qui ma fait « vendanger » cette superbe
occasion. Je métais pourtant concentré à
fond sur ce coup-là... »
Un esprit conquérant
PSG.fr Lélimination
troyenne est-elle due à un manque de réussite ou à
une relative inexpérience au niveau européen ?
PL : « La réussite, nous en avons bénéficié
sur notre second but puisque la frappe de David Hamed a été
déviée par un défenseur anglais. Au bout du compte,
nous avons vraisemblablement raté la qualification au match
aller. A Leeds, nous avions sans doute encaissé un but de trop.
»
PSG.fr -. Hormis cette belle aventure en
Intertoto puis en Coupe de lUEFA, comment analyses-tu le début
de saison de ton équipe ?
PL : « Le bilan me semble encourageant. Que ce soit au stade
de lAube ou à lextérieur, nous avons su
trouver les moyens pour perturber et mettre en difficulté de
nombreuses équipes. »
PSG.fr -. Quels sont les ingrédients
de ce parcours séduisant ?
PL : « Nous avons développé un très bon
jeu en mouvement lors de certaines rencontres. Notre groupe possède
à la fois de la qualité et un esprit conquérant,
notamment sur le plan offensif. Nous réussissons souvent à
mettre en difficulté les défenses adverses, ce qui est
très important sur le plan mental. »
PSG.fr -. Dans quel domaine se situe la
marge de progression de lESTAC ?
PL : « Le revers de la médaille, cest que nous
nous jetons parfois un peu trop à labordage en oubliant
de défendre efficacement. Il nous reste à trouver le
juste milieu entre lattaque et la défense. »
« Je noublierai jamais Paris »
PSG.fr -. Comment sest passée
ton intégration dans ton nouveau club ?
PL : « Jai pu me mettre rapidement au service de léquipe
car il existe ici un respect et une écoute permanente. A trente
ans, jessaie avant tout de mettre mon expérience au service
de léquipe. »
PSG.fr -. Dans quel état desprit
allez-vous aborder cette rencontre face au PSG ?
PL : « Ce match de gala va constituer le prolongement de la
rencontre européenne contre Leeds. Nous savons désormais
que notre équipe est armée pour ce genre de rendez-vous
face aux grosses cylindrées et nous allons tout faire pour
rééditer un grand match. »
PSG.fr -. Cette affiche doit représenter
une saveur particulière pour toi
PL : « Bien sûr ! Jai joué quatre années
à Paris et je noublierai jamais ce club. Jy ai
gagné beaucoup de titres et je suis toujours très heureux
à lidée de retrouver le PSG. »
PSG.fr -. Quel est ton plus beau souvenir
sous le maillot du PSG ?
PL : « La finale de la Coupe des Coupes remportée contre
le Rapid de Vienne. Un moment historique pour le club, avec en particulier
une descente des Champs-Elysées qui restera gravée dans
ma mémoire. »
PSG.fr -. Pour terminer Patrice, un petit
pronostic pour dimanche ?
PL : « Nous devons impérativement nous imposer chez nous.
Eliminés de la Coupe dEurope, jespère maintenant
que nous allons enchaîner sur une belle série en championnat.
A partir de là, impossible de pronostiquer autre chose quune
victoire de lESTAC ! »

- 5 novembre 2001
Loko pétille à nouveau à
Troyes
TROYES,
5 nov (AFP)
-
L'attaquant Patrice Loko, dont la cote déclinait
depuis son départ de Nantes en 1995 et une nuit parisienne
d'excès médiatisée, s'est refait une santé
à Troyes avec quatre buts en Coupe de l'UEFA, deux buts et
deux passes décisives en Championnat de France de football
de D1.
Son dernier but en date, celui de la victoire (1-0) contre le Paris
SG dimanche soir, est d'ailleurs chargé en symboles.
Loko se bat en effet chaque jour pour faire oublier cette fameuse
sortie de boîte de nuit il y a six ans. Craquant nerveusement
sous la pression de son récent transfert au PSG, il avait alors
détérioré des voitures dans la rue, avant de
semer une jolie pagaille dans un poste de police, s'exhibant notamment
devant une femme policier.
Sous le maillot de Troyes, Loko rappelle surtout qu'il a été
meilleur buteur -avec 22 réalisations- de la D1 en 1995, l'année
du titre avec Nantes, où il évoluait depuis 1986.
Après le PSG (1995, novembre 1998) de nombreuses portes s'étaient
fermées, sauf celles de Lorient, où il avait d'ailleurs
signé son arrivée par un doublé (2-0 le 19 décembre
1998) contre le PSG (9 buts en tout de novembre 1998 et juin 1999).
Avant de connaître de nouveaux passages à vide à
Montpellier en D2 (1999, décembre 2000), et à Lyon (janvier-juin
2001).
Grand frère
Convoité par Sedan,
Lille et Troyes, il a choisi l'Aube, où il a dû à
nouveau faire ses preuves comme un débutant, lui, l'ancien
avant-centre de l'équipe de France (26 sélections, 7
buts de 1993 à 1997).
Son excellente condition physique, sa conduite exemplaire à
l'entraînement et sa gentillesse en dehors du terrain ont fait
taire les derniers sceptiques.
A tel point que personne ne lui en a voulu d'avoir raté la
balle de qualification pour le troisième tour de Coupe UEFA,
jeudi dernier face aux Anglais de Leeds.
A bientôt 32 ans, toujours aussi discret, il espère se
faire accepter comme un grand frère à Troyes. Son expérience
des grands rendez-vous a été utile au match aller à
Leeds, où il avait marqué en fin de match alors que
son équipe était réduite à dix (4-2 à
l'aller, 3-2 au retour).
Ses courses sur le terrain ont déjà séduit ses
partenaires, qui apprécient sa capacité à couper
les trajectoires, comme sur sa tête victorieuse contre le Paris
SG.A l'aise dans une équipe où l'entraîneur Alain
Perrin prône un jeu à une touche de balle qui lui rappelle
Nantes, il voudrait jouer encore deux à trois saisons, songeant
à prolonger à Troyes, avant, pourquoi pas, de finir
sa carrière à l'étranger.

- novembre 2001
Patrice, qu'est-ce qui vous
a amené à opter cette saison pour un club comme Troyes
?
L'envie de jouer tout simplement ! Depuis mon départ de Montpellier,
je souhaite avant tout allonger mon temps de jeu. J'ai envie de jouer
davantage. A Lyon, cela n'a pas pu se faire car j'ai intégré
un groupe très riche et il n'était pas évident
pour le coach de me faire jouer souvent. Je l'ai très bien
compris. Je n'ai donc effectué que des petits bouts de matchs.
C'est la raison pour laquelle on a l'impression, aujourd'hui, que
je reviens, car on m'a peu vu pendant un an à ce niveau. Mais
en fait, je n'ai jamais cessé de m'entraîner et de tout
faire pour être à mon meilleur niveau.
C'est vrai que depuis vos problèmes
extra-sportifs du PSG, on a un peu l'impression de vous redécouvrir?
Les gens me redécouvrent mais je n'ai pas vraiment changé.
J'ai pris des années, comme tout le monde. Je suis peut-être
un peu moins rapide mais je compense avec l'expérience. Je
pense être plus lucide dans le jeu, moins me précipiter,
moins gâcher. Je joue dans un état d'esprit différent
que celui qui était le mien à 20 ans Je sens que mes
coéquipiers comptent sur moi, je tiens à justifier mes
sélections en équipe de France, mon passé. Un
exemple : face à Leeds, alors que nous étions mal, je
n'ai jamais cessé d y croire car je sais qu'en coupe d'Europe,
il y a un match retour. Cette expérience là, je l'ai
acquise avec le PSG et les Bleus. J'ai appris à tout faire
pour ne pas avoir de regrets. Le jeu aussi a pas mal évolué,
mais je joue toujours sur les mêmes qualités. Je suis
conscient qu'à 31 ans ma carrière est derrière
moi, mais je n'entends pas gâcher les quelques années
qu'il me reste d'évoluer au plus haut niveau.
En tout cas, en venant à Troyes,
vous semblez avoir intégrer un collectif qui vous convient
!
C'est vrai qu'ici, le jeu déployé par l'équipe
me convient bien. Dans beaucoup de domaines, Troyes ressemble à
Lorient. Comme lui, le club a rapidement trouvé sa place en
Dl en se reposant sur un beau jeu, en essayant de trouver des espaces.
Cela nécessite pas mal d'engagement et d'exigences au niveau
physique, mais cela correspond bien à mes qualités aussi.
Troyes ressemble également à Nantes dans la manière
d'aborder et de préparer les matchs. En entrant sur la pelouse,
tout le monde sait précisément ce qu'il y a à
faire.
Quand vous regardez derrière vous,
que pensez-vous de votre carrière ?
Je ne regrette aucun de mes choix. J'ai toujours pu m'exprimer comme
je l'entendais dans tous les clubs que j ai fréquentés,
même à Lorient, un club d'un standing plus faible que
Lyon, Nantes ou le PSG A Lyon, je n'ai pas joué beaucoup, mais
j'ai pu côtoyer de grands joueurs et l'expérience s'est
révélée plus que positive. Quant à Troyes
je ne regrette évidemment pas ma venue ici. Je retrouve toutes
mes sensations.
Ne redevenez-vous pas efficace également
parce que vous avez retrouvé un équilibre de vie en
dehors du football ?
Mais j'ai toujours été quelqu'un d'équilibré
! Ce n'est pas parce que j'ai souffert de bouffées délirantes
un jour que ma personnalité est instable. Les gens ne comprennent
pas qu'on puisse être malade pendant quelques mois. Cela peut
arriver à tout le monde. J'ai réussi à remonter
la pente grâce à mon entourage, j'apprécie d'autant
plus la bonne passe que je traverse actuellement. Je retrouve la Dl,
je suis heureux. Je suis fier de m'être relevé et j'ai
plus envie que jamais de revenir à mon top niveau.
Cette maladie vous a tout de même
fait perdre pas mal de temps, vous qui étiez alors en équipe
de France...
J'ai effectivement dû perdre deux ans dans ma progression, par
rapport au jeu. Mais rien ne dit que j'aurais continué à
évoluer de manière positive. Rien ne dit que j'aurais
pu rester en équipe de France et participer à la Coupe
du monde. Aujourd'hui, je préfère positiver et me dire
que ces deux ans perdus, je les rattraperai en fin de carrière.
Je jouerai plus longtemps car je serai moins usé.
Malgré vos nombreux changements de
clubs, votre image reste attachée au FC Nantes...
Et c'est normal car j'y ai passé plus de dix ans, j'y ai appris
mon métier. Ce sont des années inoubliables.
Est-ce là-bas aussi que vous avez
effectué votre meilleure saison ?
Oui, certainement lors de la saison du titre où j'avais fini
meilleur buteur du championnat avec 22 buts. Une saison extra avec
un groupe fantastique. Quelque part, je suis encore à la recherche
de cette espèce d'harmonie là, tant en dehors que sur
le terrain. Face à Auxerre (victoire de Troyes à l'Abbé
Deschamps 3-1), j ai eu le sentiment de revivre certaines phases de
jeu que j'avais connues à Nantes. C'est de bonne augure pour
la suite...
Et à Paris, qu'avez-vous appris ?
A Paris, j'ai franchi un palier en conservant ma place en équipe
de France, en remportant une coupe d'Europe et en me prouvant à
moi-même que je pouvais réussir dans un autre contexte
qua Nantes. Cette phase a été très importante
pour moi... même si elle s'est mal terminée.
Aujourd'hui, à Troyes, qu'attendez-vous
de cette saison ?
Ni plus ni moins que ce que j'ai toujours essayé de faire partout
où je suis passé. Personnellement, je suis dans le même
état d'esprit, toujours soucieux de donner le meilleur de moi-même.
Pour le moment, je pense que le coach est content de mes prestations.
Il faut maintenir ce niveau de jeu. Garder cette envie de jouer qui
fait ma force, qui fait notre force à Troyes. Si nous parvenons
à rester rigoureux et enthousiastes à la fois, nous
pouvons espérer terminer dans les six ou sept premiers. Notre
collectif est notre force, c'est grâce à lui que nous
pourrons faire de bonnes choses.
Comment voyez-vous la suite de votre carrière
?
Tant que je serais animé de cette motivation, je continuerais.
J'aimerais bien pou voir jouer dans un grand championne étranger,
découvrir un autre football, d préférence en
Espagne ou en Angleterre Je me donne encore deux ou trois ans.
Le niveau de jeu du championnat de Franc
est-il le même qu'en 1995, lorsque vous avez fini meilleur buteur
de Dl et champion de France avec Nantes ?
II y a peut-être moins d'individualités, mais le niveau
de jeu n'a pas trop évolué, ni dans un sens ni dans
l'autre. La qualité moyenne des équipes est bonne en
France. Ensuite, nous avons vu aviver une nouvelle génération
de jeunes joueurs qui ont de suite intégré les grands
clubs avant de quitter le pays pour partir dans les meilleurs clubs
européens. C'est très bien pour l'équipe de France.
Vous sentez-vous "largué"
par rapport à ces nouveaux attaquants qui étonnent l'Europe,
les Pires, Trézéguet, Henry, Wiltord, Anelka... ?
Largué non, mais il est évident qu'ils ont un autre
parcours que le mien. En pouvant jouer très jeune dans les
meilleurs clubs d'Europe, ils ont acquis une grande confiance en eux,
une expérience importante. De tous les joueurs que vous avez
cités, j'apprécie particulièrement Thierry Henry.
J'aime sa façon d'appréhender le foot, sa philosophie
générale, sa disponibilité sur le terrain.
N'avez-vous pas le sentiment d'être
passé à côté de quelque chose de grand
?
En 1994, avec Canto et Papin, nous sommes passés à côté
de la Coupe du monde aux Etats-Unis dans les circonstances que tout
le monde connaît (ndlr : le but de Kostadinov au Parc dans les
arrêts de jeu). Ensuite, nous avons fait l'Euro 96, les demi-finales,
et j'ai quitté les Bleus ) à ce moment là. A
quelques mois du Mondial, avec les résultats fantastiques obtenus
par l'équipe de France, il n'était pas évident
de revenir dans le groupe. J'ai beau me dire que j'aurais peut-être
pu... la vie est ainsi faite ! Le seul regret que j'ai ce groupe,
je ne1'ai pas quitté les Bleus sur mes qualités de footballeurs.
C'est dommage, mais je suis évidemment heureux d'avoir vu la
France être championne du monde et d'Europe.
Par rapport à tout ce qui a été
dit sur votre compte pendant que vous étiez malade, à
tout ce que vous auriez pu faire et que vous n'avez pas fait après
le PSG, n'en voulezvous pas à un milieu qui ne vous a pas fait
de cadeaux ?
Non, car je me suis toujours senti bien dans le milieu du foot Comme
dans tous les milieux il y a à boire et à manger mais
je n'ai pas de griefs particuliers à faire à l'ensemble
des gens et des clubs que j'ai pu fréquenter. Tout le monde
veut être bon, veut gagner... cela implique des choix et des
rapports de force. Je n'ai rien à dire à ce sujet Dans
ce contexte, vous avez forcément des gens qui se mettent en
travers de votre route. Je sais que par rapport à ce qui m'est
arrivé, beaucoup ont raconté dis bêtises, m'ont
mis des bâtons dans les roues pour m'empêcher de signer
ici ou là. . . `des jaloux comme on en rencontre partout. J'ai
passé cette épreuve, ma vie connue et ça se passe
très bien à Troyes pour le moment Je n'ai aucun compte
à régler avec qui que ce soit .
Pendant votre repos forcé, avez-vous
pensé à arrêter le football, à une éventuelle
orientation nouvelle qui pourrait également s'avérer
une reconversion ?
Franchement, non, jamais. J'ai toujours été obnubilé
par ma carrière, comment faire pour revenir à mon meilleur
niveau. Et je pense que c'est parce que je n'ai jamais envisagé
d'arrêter, que je suis revenu aussi vite. En fait, je n'ai jamais
douté de mon retour. Aujourd'hui encore, malgré mes
31 ans, je ne pense pas à mon après-football.
Que peut-on donc vous souhaiter pour vos
dernières années de footballeur ?
De continuer à manifester la même envie, de me sentir
bien physiquement le plus longtemps possible et d'avoir la chance
de jouer un jour à l'étranger.
Alors que vous revenez dans l'actualité,
à qui pensez-vous, à qui avez-vous envie de rendre hommage
?
A ma femme qui a beaucoup souffert également Quand je vois
tout le chemin que j'ai accompli pour revenir, je pense immédiatement
à elle. A elle et à mes enfants, sans qui je ne serais
peut-être pas là aujourd'hui. Leur bonheur est plus important
que ma carrière...

- 24 novembre 2001
| Loko
le come-back
Avec sept buts, trois passes décisives
et une forte influence sur le jeu troyen, l'ancien Nantais est
de retour sur le devant de la scène.
TROYES
de notre envoyé spécial
|
|
IL RACCROCHE avec le sourire gêné
du complimenté. Michel Denisot tenait à le féliciter
pour son doublé à Leeds (2-4), celui qui entretenait
encore l'espoir d'une qualification pour les 16es de finale de la
Coupe de l'UEFA. II dessine le même regard de Tintin sur la
lune lorsqu'un supporter vient lui serrer la main dans un bar, ne
la lâche pas et ne le laisse même pas placer un mot. Patrice
Loko est ainsi. II accueille les félicitations avec docilité.
II écoute, acquiesce, sourit, remercie. Mais il ne comprend
pas cette soudaine effervescence. Bien sûr, la dernière
année à Paris, il n'a pas beaucoup joué. D'accord,
l'année dernière à Lyon, il a erré plus
souvent sur le banc que dans la surface de réparation adverse.
"Mais, à chaque fois plus je rentrais en jeu, mes prestations
étaient bonnes, explique-t-il comme d'autres racontent
leurs vacances en colo. Je ne pense pas avoir été
mauvais ni à Paris, ni à Lyon. Seulement, au PSG, j'ai
été victime de la politique de recrutement. Quand on
attire Simone et Maurice, c'est pour les faire jouer. Et à
Lyon, j'étais bon mais moins bon que Marlet, Anderson ou Govou.
»
Entre les deux clubs, s'immiscent des passages à Lorient et
Montpellier. " Là encore, je ne comprends pas,
soupire-t-il. Mes stats étaient correctes." En
Bretagne, Loko inscrit neuf buts. Dans le Sud, trois fois moins. II
concède ; "Avec le recul, signer à Montpellier
est peut-être mon seul regret." II hausse ses épaules
carrées, pose son menton sur la paume de sa main puis ajoute
"On a l'impression que j'ai eu un temps d'arrêt et que,
maintenant, je redeviens bon. Moi, je n'ai pas cette sensation.
"
Ce qu'il ressent ne correspond pourtant pas forcément à
l'image que Loko, l'ancien Nantais, renvoie. Tout ce que cet international
aux 25 sélections a forgé, tous les titres qu'il a décrochés
et ceux qu'il décrochera semblent ne pas faire le poids face
au chemin de traverse qu'il a emprunté un soir de juillet 1995.
Un seul soir où, dans un commissariat parisien, il râla,
railla puis dérailla.
La rubrique fait divers le suit à la trace. Elle gomme son
passé le plus glorieux, fait obstacle à un avenir qui
aurait pu être plus doré. "C'est vrai que certaines
personnes en ont profité pour faire capoter certains transferts",
regrette-t-il, sans pour autant laisser transparaître le moindre
ressentiment sur son visage. Parce que Patrice Loko a surmonté
ces sombres moments comme il est parvenu à faire le deuil de
son fils de huit mois, décédé un soir d'hiver
1992. Soutenu par sa femme, épaulé par Laurent Guyot
et Nicolas Ouédec, ses amis, il a su recouvrer son sang-froid,
escalader les obstacles.
A trente et un ans, Loko revient à la surface de l'élite
du foot français, rejaillit à la face du monde professionnel
après avoir failli se noyer dans l'oubli. Son refus de jouer
en D 2 avec Montpellier aurait pu le plonger dans cet abîme
qui a avalé certains de ses anciens partenaires nantais. Troyes,
à la recherche d'un attaquant, l'a-attrapé par la manche
et replacé sous le feu des projecteurs.
À peine arrivé, il s'offre ainsi un premier doublé
lors du premier tour de la Coupe de l'UEFA. Récidive un mois
plus tard à Leeds. Assomme Bordeaux d'un enchaînement
poitrine-volée du droit, s'offrant un troisième but
en championnat. II aurait même pu être porté en
triomphe si un rebond malicieux ne lui avait pas joué un sale
tour lors du retour contre Leeds.
Vers une prolongation de contrat
"Des buts, il en a déjà
raté, affirme Alain Perrin. Mais comment lui en vouloir
? Patrice est un joueur généreux. II est très
accessible. II a tout de suite conquis ses partenaires. J'envisage
d'ailleurs de prolonger son contrat.". Au mois d'août,
l'ancien Nantais ne s'est engagé que pour une saison. Aujourd'hui,
il ne désapprouverait pas une prolongation. Même si,
il y a quelques mois encore, il ne savait pas quelles couleurs il
porterait.
II a d'abord hésité. Une aventure à l'étranger
l'aurait bien tenté. "J'avais dit à mon agent
de mettre entre parenthèse les contacts avec les clubs français
: Troyes, Sedan et Lille ". II a réfléchi,
analysé, scruté les propositions. II a pris son temps.
Tout son temps. Il s'est entraîné avec Vannes, une équipe
de CFA où, là aussi, il a séduit tout le monde.
"Patrice assistait à tous les repas, payait toutes
ses amendes en cas de retard", insiste Denis Goavec, l'entraîneur
breton.
Puis, il s'est décidé, "Aucune des offres étrangères
ne me convenait vraiment. Et comme je savais que Troyes me voulait..."
II apposera sa signature à deux jours de la fin du mercato.
"je cherchais pourtant un joueurplus jeune même si Patrice
m'intéressait, avoue Perrin. Maintenant, je ne regrette
pas. Il se conduit comme un véritable leader dans le groupe.
II n'hésite pas à prendre la parole dans les vestiaires
à la mi-temps et parle toujours juste."
Une attitude qui ressemble à celle qu'il avait lorsqu'il évoluait
à Nantes où, "même s'il ne cherchait jamais
à se mettre en avant selon Laurent Guyot, il avait déjà
un rôle de leader ".
Cette étiquette de « leader », justement, ne lui
sied pas vraiment. Alors, à voir sa moue dubitative, celle
de « star » encore moins, "Certains dirigeants
m'ont dit que j'allais les aider à faire connaître ce
club. Pourquoi pas ? lance-t-il à la cantonade. A partir
du moment où l'on est médiatique, que l`on passe à
la télé, on fait rêver les gens, la difficulté
consiste à montrer qu'on est toujours le même.»
Ce qu'il a toujours été, à part une parenthèse
de quelques semaines. Un joueur efficace. Un homme timide et courtois.
Damien DEGORRE

- 19 novembre 2001
LA GAZETTE, NUMÉRO
67
Thérapire
Patrice Loko revient au premier plan, cela fait plaisir et cela donne
de la matière aux journalistes qui adorent les résurrections.
Ils adorent aussi rappeler systématiquement ses déboires
de 1995. Pas un reportage qui ne s'attarde pesamment, surtout pas
celui de Stade 2, conglomérat de journalistes lourds, qui est
allé déterrer des images de l'INA. L'ex-Nantais doit
ressentir quelque amertume à avoir cravaché comme un
fou afin de revenir au premier plan et marquer des buts de fou (50e),
pour s'entendre rappeler constamment les moments de sa vie auxquels
il a le moins envie de penser.

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