|
Interview
Patrice Loko
Première rencontre avec Patrice pour
le site, à Lorient, le 25 janvier 1999. L'occasion de survoler
sa carrière et de revenir sur certains faits marquants.
(version
téléchargeable et imprimable - fomat PDF) (interview
complète, comprenant les 3 pages)
Patrice Loko
et le F.C. Nantes
Pour commencer, est-ce que tu peux
nous raconter les circonstances de ton arrivée au F.C. Nantes,
les raisons qui ont fait que tu sois allé là-bas, et
pas ailleurs ?
Au départ je jouais
dans une petite équipe, à Amilly dans le Loiret, en
cadets nationaux ; C'était il y a une quinzaine d'années.
J'étais un des meilleurs joueurs de l'équipe, avec deux/trois
copains, notamment Franck Gava qui joue maintenant à Monaco.
J'ai été contacté par le F.C. Nantes pour venir
faire un stage au mois de janvier de cette année là...
Tu avais été contacté
?
Oui, par M. Zaetta, c'était un recruteur qui regardait
les équipes de championnat de France de cadets ; il nous a
vu jouer avec Franck Gava, et on est parti une semaine, au mois de
janvier, faire un stage à Nantes à La Jonelière.
J'ai passé une très bonne semaine là-bas, à
côté des pros, avec tous les gars du stage, on a fait
de bons entraînements. C'était un cadre que je ne connaissais
pas du tout.
Tu avais des arrières pensés
en y allant, ou tu t'es dit "j'y vais, on verra bien" ?
Oui, oui, bien sûr, un petit peu. A partir du moment
ou tu fais un stage dans ce genre de club, ça veut dire que
si cela marche bien, ils peuvent te prendre. J'étais conscient
d'avoir des chances d'être pris, mais encore faut-il être
bon quand on y va, et puis il faut bien se dire qu'ils prennent des
gars en stage toute l'année pour voir leur rendement, donc
c'était déjà bien de me prendre pendant une semaine.
Après je suis rentré chez moi, j'ai fini la saison avec
mon club.
Au mois de juin, il y avait ce qu'on appelle les Coupes de Ligues;
C'est un tournoi qui réuni, dans le Nord ou le Sud de la France
les meilleurs de chaques ligues. Et lors de ce tournoi sont présents
tous les recruteurs des clubs français, puisqu'il y a les meilleurs
jeunes joueurs français. J'ai fait un bon tournoi, sur cinq
ou six rencontres, j'ai dû marquer au moins un but par match
et finir dans les meilleurs buteurs.
La, j'ai eu quinze clubs français qui se sont intéressé
à moi. En cadet, j'avais 15 ans
Oui, c'est ça, une dizaine de D1 et cinq de D2. Toute la semaine
suivante, les clubs appelaient mes parents pour que j'aille dans leur
centre de formation. Il y avait Auxerre, Nantes, Saint-Etienne, Monaco,
bref, les meilleurs clubs formateurs français.
Il a fallu que je choisisse. Je suis allé faire un stage à
Auxerre aussi, parce que ça me tentait bien. J'ai vu Guy Roux,
qui a tout fait pour que je me sente bien, il m'avait mis dans la
chambre des frères Boli (rires). Il était très
sympa, il a vraiment tout fait pour que je me sente à la l'aise
et que j'accepte de venir dans son centre...
Il avait déjà la même
réputation à l'époque ?
Oui, pareil.
Ca ne te faisait pas peur ?
Non, non. Auxerre faisait partie des écoles de football
les plus cotées, donc c'était très intéressant
pour moi.
Je suis allé aussi avec mes parents, pendant deux jours voir
le centre de formation de Monaco, qui était intéressé.
Je n'allais pas les faire tous, d'autant que pour mon père,
c'étaient les trois meilleurs. Puis, il m'a demandé
de choisir celui qui me tentait le plus, parce qu'il estimait que
le choix m'incombait, à partir du moment ou j'allais y passer
plusieurs années. J'ai choisi Nantes, parce qu'après
ma semaine là-bas, j'avais vraiment trouvé les conditions
idéales pour m'épanouir au niveau du foot.
Ils n'ont pas pris Gava...
Voilà, ils n'ont pas pris Gava, parce que pendant
la semaine ou nous y étions, il n'avait pas été
très bon, et puis surtout le docteur lui avait trouvé
un problème de dos, et avait dit qu'il ne ferait pas carrière
dans le foot (rires)
Il a été viré ce docteur
?
(rires) Oui, après il n'y était plus. Il y
avait aussi Jean-Michel Ferri, que je ne connaissais pas et qui est
arrivé en même temps.

Tu as donc vu tous les pros et les futurs
pros de cette époque ?
Oui, il y avait encore Touré... Deschamps était
au centre de formation avec moi, à côté de ma
chambre. Marcel Desailly, David Saint-Guilly qui était bon
mais n'a pas trop percé.Très franchement, je crois que
j'ai bien fait de venir à Nantes.
Maintenant, peux-tu nous raconter tes premières
années en pro à Nantes, à partir du moment ou
tu as commencé à intégrer l'équipe première
jusqu'à la saison du titre ?
Je suis arrivé à 15 ans et demi à Nantes,
j'ai joué en cadet deuxième année. La deuxième
année j'ai joué un petit peu en quatrième division,
puis en troisième division. Donc je gravissais les échelons
chaque fois, parce que la troisième division, c'était
la dernière étape avant la D1, donc c'était déjà
un bon niveau. J'ai joué avec Deschamps et Desailly, parce
qu'ils jouaient de temps en temps avec la réserve. Et puis
ils ont joué tout de suite en pro. J'ai fait de bonnes saisons
en D3, avec des joueurs qui étaient bons à ce moment
là, mais qui n'ont pas trop percé après. Et puis
je suis arrivé ensuite chez les pros, je devais avoir 18 ans.
C'était Blazevic l'entraîneur. J'étais souvent
remplaçant. C'est comme ça au début. On rentre
cinq minutes, dix minutes, un quart d'heure...
Au poste que tu occupes encore ?
Oui et non, attaquant, mais ailier surtout, ailier droit.
La première année souvent remplaçant, et puis
la seconde j'ai commencé à être titulaire. Pas
tout le temps, mais régulièrement, je jouais dans l'équipe.
Mon premier match comme titulaire c'était à Marseille,
au Vélodrome, contre Amoros. D'ailleurs je me rappelle plus
de ce match-là que de mon premier match en D1, qui était
contre Bordeaux. Non, à Marseille, c'était vraiment
ma première titularisation, mon deuxième match de la
saison, donc vraiment, je commençais la saison dans l'inconnu.
L'entraîneur m'avait dit "tu seras titulaire, sur le côté
droit". J'ai eu Amoros sur le dos tout le match, en un contre
un, c'était fabuleux pour moi. Ca y est, j'étais dans
le "grand bain".Ensuite j'ai fait des matchs; bien sûr,
ce n'est pas évident au début, on fait beaucoup d'erreurs.
Mais bon, je montrais de bonnes qualités, et j'ai pu percer,
à ce poste-là.
Un entraîneur, avec un jeune joueur,
comment se comporte-t-il ? Est-ce qu'il est paternaliste, au contraire
met-il la pression ?
Blazevic n'était pas très sympa avec moi...
Il me mettait tout le temps la pression, à chaque fin de match
il m'engueulait parce que je ne faisais pas comme il voulait, il trouvait
que je n'en faisais pas assez...Mais il me remettait tout le temps.
Donc peut-être que c'était une façon à
lui de m'encourager. Mais je sais que l'année d'avant, il voulait
me virer. Quand il est arrivé à Nantes, il voulait tout
changer. Il avait dit au staff du centre de formation : "moi
Loko j'en veux plus, il faut le prêter à un autre club,
je n'en veux plus !". Mais les gens du club, qui me connaissaient
bien, monsieur Zaetta, Raynald Denoueix, lui ont dit "attendez,
Patrice Loko c'est le meilleur joueur du centre de formation, donc
si on le vire, on vire tous les autres !" (rires). Donc, il m'a
gardé, et j'ai joué.
Avec Jean-Claude Suaudeau, c'était
quand ?
L'année d'après, parce que Blasevic s'est
fait virer. J'ai davantage joué avec lui, parce qu'ils avaient
des problèmes financiers, et ne pouvaient donc pas recruter
beaucoup. Ils étaient obligés de s'appuyer sur des jeunes.
Ils avaient déjà ce genre
de problèmes ?
Oui. On est reparti avec une équipe de jeunes, pendant
trois saisons. Avec seulement deux ans à peine avec les pros,
j'étais un des plus anciens de l'équipe. Parce que ceux
que l'on a connu après, Nico (Ouédec) et Raynald (Pédros)
avaient fait des apparitions en équipe première, mais
beaucoup moins.
A partir de quand est-ce que tu as été
associé avec Ouédec ? Parce qu'encore aujourd'hui, depuis
l'année du titre, c'est un peu une doublette "mythique"...
On a joué trois saisons ensemble.
Trois saisons ? Seulement deux saisons avant
celle du titre ?
Oui. A cause des soucis financiers du club, on a joué
ensemble, (il réfléchit un court instant) et on a été
européen je crois...oui, on a été européen.
La deuxième année encore européen, et la troisième
année, champion.
Oui, c'est ça. Donc, en trois saisons, on a fait quelque chose
d'exceptionnel. Avec une équipe de jeunes.

C'est curieux, parce qu'on lit souvent "Loko/Ouédec,
des années à peaufiner des automatismes à La
Jonelière..
Non, non, parce qu'ils étaient plus jeunes que moi.
Moi j'avais joué en pro bien avant eux. Ils jouaient encore
en troisième division et faisaient des apparitions de temps
en temps avec les pros. J'ai eu une progression plus tranquille je
dirais. Je jouais en D3, puis j'étais remplaçant en
D1, je rentrais dix minutes, un quart d'heure, une demi-heure. L'année
d'après j'étais titulaire. Eux sont passés d'une
année sur l'autre de la D3 à la D1, parce qu'il a fallu
qu'ils jouent. Ils ont été lancés dans le grand
bain encore plus vite que moi. Je n'ai pas joué en D3 avec
eux : J'étais déjà en pro.
J'en reviens malgré tout à
la paire Loko et Ouédec...
Quand on me parle de la paire Loko/Ouédec, je ne
retiens pas ça. Pour moi, il y avait Raynald Pédros,
Nicolas et moi-même. Nous étions trois joueurs, plus
Japhet N'Doram derrière nous, mais nous étions trois
et nous nous entendions vraiment très bien sur le terrain.
J'ai fait de bonnes choses avec Nicolas, c'est vrai, mais également
avec Raynald. C'était pour moi davantage un trio qu'un duo.
Sur tous les buts que l'on a marqués, Raynald les a presque
tous donnés. L'année du titre, tous les joueurs étaient
au diapason. Mais globalement je retiens vraiment Pedros, Ouédec
et Loko, et pas seulement Loko/Ouédec.
Comment expliques-tu que lors de la saison
du titre tu inscris plus de buts que lors de toutes tes autres saisons
réunies, alors que tu nous as dit que l'équipe était
à peu de choses près la même ?
Les deux années précédentes, on avait
vraiment une équipe très, très jeunes. Pour la
plupart ils découvraient la première division, on prenait
donc moins de risques, on tentait moins notre chance devant le but,
donc j'avais moins de ballons et j'ai moins marqué. L'année
du titre, on était en pleine confiance dès le début
du championnat, tous les joueurs avaient du talent, avaient déjà
joué deux ans ensemble. On a eu beaucoup de réussite
au départ, ensuite on ne réfléchissait plus,
tous s'enchaînait très bien, comme à l'entraînement.
A chaque match on avait énormément d'occasions, et fatalement,
on en a mis beaucoup au fond. Autant Nicolas que moi. J'en ai mis
22, Nico 19 ou 20 je crois.
L'équipe championne de France en
1994 était constituée quasi-exclusivement de joueurs
issus du centre de formation, auxquels on a fait confiance pendant
plusieurs saisons. Penses-tu que cela soit encore possible aujourd'hui
?
Oui, bien sûr. Chaque année, il y a de nouveaux
jeunes joueurs qui arrivent en D1, qui sont remplaçants, et
font de bonnes choses. Aujourd'hui, la carrière d'un footballeur
est de moins en moins longue, on remplace vite les "anciens"
par de jeunes joueurs.
Mais ma question va plus loin : Est-ce que
tu crois toujours possible aujourd'hui, avec l'arrêt Bosman,
avec l'inflation des salaires et du montant des transferts qui font
que les jeunes qui semblent avoir un talent supérieur à
la moyenne, partent de plus en plus tôt vers des clubs plus
huppés, qu'une équipe puisse avoir un parcours similaire
que celui du Nantes de 1995 ?
Oui, d'accord. On voit bien cette année à
Nantes, qu'il y a beaucoup de jeunes de grands talents qui réussissent.
Maintenant, dès qu'ils ont fait 10 bons matchs en D1, tous
les clubs sont dessus. C'est sûr qu'on arrivera plus à
les faire jouer longtemps ensemble, parce qu'ils seront pris dans
les meilleurs clubs européens. C''est dommage, il faut espérer
que ces jeunes vont réussir, parce qu'ils ont la chance de
jouer dans une équipe, mais quand ils se retrouvent à
l'étranger, dans un club plus important, il y a une concurrence
accrue. Quand j'étais jeune, je n'aurais pas aimé être
remplaçant pendant cinq ans, j'aurais voulu jouer tout de suite,
comme j'ai eu la chance de le faire. Le football ce n'est pas être
remplaçant, c'est jouer les matchs tous les week-ends.
Y a t-il des jeunes joueurs que tu as particulièrement
remarqué ces derniers temps, pas nécessairement à
Nantes ?
(Il réfléchit un court instant) Franchement,
je ne suis pas vraiment ce qui se passe à côté.
Nantes, je les ai vu surtout lorsque nous y sommes allés jouer.
J'ai vu ce dont ils sont capables. Il y a deux, trois joueurs qui
étaient au centre de formation quand j'étais à
Nantes, dont je n'aurais pas forcément pensé qu'ils
fassent la carrière qui leur semble promise. Ils y arrivent
très bien; Mais je n'ai pas de noms en particulier.
Comment expliques-tu que le groupe des champions
de France a éclaté après le titre. Pourquoi ne
pas avoir joué la Ligue des Champions, qui était en
quelque sorte un aboutissement, une récompense ?
Pour ma part, ça faisait dix ans que je jouais au
F.C. Nantes. Ca faisait cinq ou six saisons que je jouais en D1 avec
Nantes. Pour moi c'était beaucoup. Je venais de passer trois
super saisons. Avec une jeune équipe, être deux fois
européen et champion de France c'était extraordinaire,
et je ne me voyais pas refaire une telle saison. Je ne voulais pas
faire " l'année de trop ". Avoir aussi la possibilité
de signer dans un bon club. Je savais que je devais partir. C'était
le bon moment, j'étais un peu plus âgé que les
autres, j'avais 25 ans. J'avais plusieurs propositions de clubs, dont
Paris, et Paris pour moi c'était un rêve de gosse.
Ca, c'est pour mon cas personnel. Pour les autres, c'était
un peu pareil. Ils ont eu l'occasion de le faire, ils l'ont fait,
parce qu'ils ont senti que l'équipe était quelque part
à son sommet. Et puis la plupart ont joué la Champion's
League quand même...
Mais ce n'était déjà
plus le même groupe...
Oui, on était deux, trois à être parti,
donc c'était peut-être un peu plus difficile pour ceux
qui sont restés, et ils ont eu envie de partir après.
Un joueur rêve toujours de connaître autre chose. Avoir
d'autres objectifs...

Tu n'envisageais pas de faire une carrière
à la Max Bossis, qui n'a réellement connu qu'un club
(si on excepte la parenthèse Matra Racing) ? C'est impossible
dans les années 90 ce genre de plan de carrière ?
Je ne sais pas. En ce qui me concerne, l'idée que
je me faisais de ma carrière de footballeur, ce n'était
pas de rester dans le même club pendant des années. Pour
moi c'est de jouer toujours dans de bons clubs et connaître
autre chose. Alors, c'était Nantes, Paris, maintenant il y
a Lorient, et il y en aura peut-être d'autre. Il y a des joueurs
qui ont envie de ça. Mais je pense qu'ils sont très
peu nombreux désormais. Pourquoi ? Parce que s'ils sont très
forts, ils ont envie de partir dans un club plus important, pour avoir
de meilleures conditions, financière c'est vrai, on parle toujours
de ça, mais pas seulement; évoluer dans une équipe
qui va jouer l'Europe tous les ans plutôt que dans une toujours
à la limite, jouer dans un championnat étranger pour
connaître d'autres sensations.
Il y une cliché qui revient sans
cesse, ce sont les grosses difficultés qu'éprouvent
les joueurs formés à Nantes à s'épanouir
dans d'autres clubs... Et pour illustrer ma question, j'ai deux propos
contradictoires : l'un émanant de Claude Makélélé
qui, au moment de son transfert à Marseille, disait qu'à
Nantes "on est très couvé", et l'autre de
Raynald Denoueix, qui m'a dit que ça sous-entend que le football
de Nantes est très différent des autres, ce qui lui
semble faux...
On est couvé, on est couvé, dans tous les
clubs on est couvé ! Dans un centre de formation, quel qu'il
soit, tous les joueurs sont couvés ! Parce qu'ils sont jeunes,
loin de chez eux souvent, on veut qu'il soit dans les meilleures conditions,
donc on les aide pour tout. Je pense que c'est vrai pour tous les
clubs. Alors Nantes, peut-être plus qu'ailleurs, parce que les
joueurs restent un peu plus longtemps... moi je suis resté
dix ans. Je pense que c'est valable pour presque tous les joueurs.
Quand on signe, c'est pour de nombreuses années.
Quand tu évolues dans un club depuis longtemps, avec des joueurs
depuis les cadets jusqu'aux pros, on a une manière de jouer,
des automatismes sur le terrain, qu'il est difficile de retrouver
ailleurs. La compréhension avec des joueurs qui ont un autre
vécu est beaucoup plus délicat. On ne se comprend pas
ou pas très bien, et on a un rendement moindre qu'avec le club
d'où l'on vient. Ce n'est plus la même manière
de jouer. Mais c'est à mon sens le cas pour un joueur venant
de Nantes ou de Monaco. S'il a passé des années à
Monaco, et qu'il arrive dans un autre club, il va avoir du mal à
se mettre au niveau des autres joueurs.
Malgré tout, si on s'amusait à
dresser un inventaire des joueurs issus du F.C. Nantes et qui font
ou ont fait une grande carrière, la liste serait éloquente.
Alors pourquoi ce poncif ?
Parce que les gens voient à Nantes de supers joueurs,
mais de supers JEUNES joueurs...Quand ils quittent ce club, il n'y
a plus l'effet de surprise, et ils ne sont plus considérés
comme jeunes. Et les gens les ont peut-être vu plus forts qu'ils
ne l'étaient réellement. Du coup, entre les espoirs
que ces joueurs ont suscités et ce qu'ils font vraiment, il
peut y avoir un décalage.
Pour faire la transition entre Nantes et
Paris et pour illustrer ces soi-disant difficultés, on a pu
lire quelquefois que le Patrice Loko du PSG n'a pas eu le même
rayonnement qu'à Nantes, et que son bilan à Paris est
un peu en demi-teinte. Je me souviens que cela avait illustrer un
article dans "Capitale Foot" il y a quelque moi par exemple...
(un peu "piqué") Je considère que
mon bilan à Paris est bon. Quand j'ai joué, j'ai bien
joué. J'ai eu mes problèmes, mais dans ces moments là
je ne jouais pas ! Je ne pouvais pas être bon, je ne jouais
pas ! On peut regarder les chiffres, les matchs et leur faire dire
n'importe quoi, mais mon passage à Paris a été
super pour moi. C'est certain que si l'on regarde 4 ans à Paris,
nombre de matchs, nombre de buts, peut-être que ce n'est pas
assez en 4 ans (NDW :à peine 3 ans et demi d'ailleurs) ? Mais
pendant un an et demi je n'ai pas joué ! Je ne regrette pas
d'être venu à Paris, au contraire. On peut toujours faire
mieux, bien sûr, mais je pense avoir fait de bonnes choses là-bas.
Maintenant, d'autres personnes peuvent penser le contraire, c'est
leur droit.
Il faut quand même relativiser. Tout
le monde ne dit pas que ton passage à Paris a été
un échec. On a pu lire, ici ou là, des commentaires,
surtout dans des périodes "creuses". Mais d'une manière
générale, les supporters parisiens gardent, je pense,
un très bon souvenir de toi.
Oui... C'est sur que si on veut faire un article sur des
nantais qui n'ont pas réussi ailleurs, on va chercher et on
va en trouver. Et accessoirement en mettre plus d'un côté
que de l'autre. En ce qui me concerne, je pense très sincèrement
que si on faisait cette comparaison avec d'autres clubs, le résultat
serait identique. Je suis presque certain que si on s'amusait à
regarder les joueurs issus du centre de formation d'Auxerre, les résultats
seraient du même ordre. Mais bon, on regarde davantage Nantes,
parce que c'est un peu le fleuron de la formation du football en France.
Et puis ça s'est toujours dit ça. Depuis très
longtemps.
Raynald Denoueix disait que c'était
un cliché repris depuis longtemps par les médias...
Oui, c'est vrai. On l'entendait déjà pour
Touré, Ayache... Il était international, William. Il
a été ensuite à Paris, et il n'a pas trop joué.
Peut-être y avait-il meilleur à son poste ? Bon, il n'a
pas trop joué; et puis c'était peut-être plus
dur à Paris ? Quand on signe dans un meilleur club, c'est toujours
plus dur. A Nantes on joue parce qu'il n'y en a pas d'autre à
notre place !

page
1 - 2 - 3
|