BIOGRAPHIE

L’ENFANCE

Les Minimes de Sully sur Loire, Champions du Loiret 82/83. Pascal Loko à l'extrême droite.

Les Minimes de Sully, champions du Loiret 82/83

Patrice Loko nait le 6 février 1970 à Sully-sur-Loire dans le Loiret. Sa mère Danièle, d’origine polonaise, n’a pas d’intérêt particulier pour le football, à la différence de son époux : Originaire du Congo-Brazzaville, Pascal Loko est un ancien footballeur amateur ayant évolué principalement à l’U.S. Orléans-Arago puis plus brièvement à Strasbourg. Une sérieuse blessure au genou le contraint à stopper prématurément sa carrière. Il se reconvertit alors comme entraineur de jeunes dans le club de Sully. Il en profite pour y inscrire Patrice, alors âgé de cinq ans. William, le second fils des Loko (né en décembre 1972) les rejoindra quelques temps plus tard.

Si le football n’est au départ qu’un jeu comme les autres pour le petit garçon, le virus le gagne peu à peu. Poussin deuxième année en 1976/1977, il commence à inscrire beaucoup de buts sous l’œil de son entraîneur Marcel Léveillé, puis en Pupilles avec Paul Gillain à partir de 1978. En 1981, sélectionné avec les meilleurs Minimes du département, il participe à la Coupe de District à Châteauroux. Enfin, emmené par un « Goléador » nommé Patrice Loko, Sully-sur-Loire est champion Minimes du Loiret au terme de l’année scolaire 1982/1983 !

LE SPORT-ÉTUDE ET L’ÉCLOSION

Patrick Gaspéroni debout, à l'extrême-gauche. Patrice 5eme debout en partant de la gauche. Franck Gava, accroupi, 5e en partant de la gauche.

Sélection du Loiret 1983. P. Gaspéroni debout à l’extrême-gauche

Lors de la rentrée scolaire 1983, il intègre la section sport-étude du collège Ernest Bildstein de Gien, en même temps qu’un certain Franck Gava, licencié à Amilly. Leur professeur principal, Patrick Gaspéroni, est influencé par les méthodes d’entraînements et le jeu en mouvement prônés au F.C. Nantes. Il se révélera décisif dans leur formation de futurs footballeurs professionnels, notamment en perfectionnant leur jeu sans ballon, qui est déjà à l’époque l’un des points forts de Patrice.
En fin d’année 1983, l’enseignant intègre l’aîné des enfants Loko – alors Minimes 1 mais déjà très doué – dans son groupe pour un tournoi Cadets à Aix-les-Bains. Ses adversaires refusent d’affronter une équipe alignant un joueur de deux ans plus jeunes qu’eux. C’est donc un Patrice en civil et en pleurs qui assiste aux rencontres de sa section sur le bord de la pelouse.

Pascal Loko a quelques amitiés dans le monde du football. L’ancien attaquant du Paris Saint-Germain François M’Pelé, lui aussi originaire du Congo Brazzaville, en est une. Il est régulièrement l’invité des Loko dans leur maison des Bordes (près de Sully-sur-Loire). Une autre de leurs fréquentations dispose d’un abonnement au Parc des Princes et emmène régulièrement le jeune Patrice au Parc des Princes voir évoluer l’équipe Sangermanoise. C’est donc tout naturellement que le futur numéro 11 du club de la Capitale en devient un supporter inconditionnel. Son joueur préféré est alors le meneur de jeu yougoslave Safet Susic.

En 1984, Pascal Loko quitte le club de Sully-sur-Loire et part exercer ses talents de formateur à quelques dizaines de kilomètres au sud-ouest, à Amilly. Il y retrouve son vieil ami Jean-François Laurent, qui est en charge des Cadets nationaux du club (groupe Paris/Bretagne). Ses deux fils sont du voyage et l’aîné retrouve son camarade de collège Franck Gava.
Patrice honore sa première sélection en équipe de France Cadets à Aberdeen en Écosse à l’automne, récompensant un bon début de saison sous la houlette de « Jef » Laurent. Ce dernier tâtonne au départ quant à la position des jeunes Loko et Gava sur le terrain, mais constate rapidement la complémentarité des deux garçons. Cela n’échappe pas non plus à certains recruteurs particulièrement avisés qui se retrouvent à Blois pendant les vacances de Noël 1984. S’y déroulent les présélections de la ligue du Centre pour la coupe des Ligues du printemps suivant. Aldo Platini, pour l’A.S. Nancy-Lorraine, souhaite les recruter derechef. Guelso Zaetta du F.C. Nantes leur propose de venir effectuer un stage lors des vacances d’hiver suivantes et Guy Roux, le grand manitou Auxerrois, se met rapidement sur les rangs pour les enrôler.

Albert Lobé et Patrice, équipe de France Cadet - Leningrad 1985

À Leningrad avec Albert Lobé – 1985

Patrice se rend juste après à Leningrad avec la sélection nationale Cadets pour disputer un tournoi indoor sur des terrains moquettés aux dimensions réglementaires… Il faut préciser que la température extérieure est peu propice à la pratique du football : elle descend à -29°C !
C’est au centre de formation nantais de « la Jonelière »  que les deux garçons effectuent leur première visite pendant les vacances de février 1985, en même temps qu’un certain Jean-Michel Ferri[i]. Raynald Denoueix, futur entraîneur de Nantes et de la Real Sociedad, déclarera plus tard « Même si nous avons manqué Gava, ce stage fut le plus prolifique de mon passage au centre de formation ! »[ii].

Tous les ans, à Pâques, est organisée la Coupe des Ligues, réunissant l’élite des Cadets Nationaux du pays. Cette année-là à Vichy, la doublette infernale Loko/Gava explose aux yeux de tous les recruteurs du pays. Les garçons apparaissent comme les deux meilleurs joueurs français de leur catégorie d’âge.
À l’issue du tournoi, le téléphone n’arrête plus de sonner chez Loko. Outre les clubs déjà cités, Paris, Saint-Etienne, Nice, Strasbourg, Monaco, Lens et quelques autres tentent de convaincre Pascal et Danièle de faire signer leur aîné. Le paternel en retient cinq et les soumet au choix de son fils : Nantes, Auxerre, Nancy, Lens et Monaco. C’est dans cet ordre de préférence qu’ils se classent dans l’esprit du jeune homme. Mais les jeux sont déjà presque faits à l’époque : malgré l’insistance de Guy Roux, Patrice opte définitivement pour le club de Loire-Atlantique, peu avant l’été 1985.

Exit donc la « classe horaires aménagés » du collège Bildstein de Gien et les J3 Sport Amilly. Place au F.C. Nantes, où il signe un contrat d’aspirant première année en Cadet Nationaux deuxième année. Franck Gava s’en va de son côté pour Nancy.

LE CENTRE DE FORMATION NANTAIS

1er match de Patrice avec le F.C. Nantes en 1985, Nantes/Amilly en amical

1er match à Nantes

Patrice intègre le centre de formation du F.C. Nantes de la Jonelière à la Chapelle-sur-Erdre. Il y dispose d’une chambre individuelle (dans laquelle trône fièrement son écharpe du Paris Saint-Germain !) dans un cadre calme et bucolique. L’encadrement, aussi bien sportivement qu’humainement, est idéal. Les adolescents, bien entourés, ont toujours un référent dans cette période très particulière de leur existence. Le centre est dirigé par Raynald DenoueixGuelso Zaetta se chargeant principalement de la détection. Jean-Claude Baudouin sera techniquement le premier entraineur nantais de Patrice en Cadets Nationaux. C’est Jean-Claude Suaudeau qui dirige l’équipe première (jusqu’en 1988). Il garde un œil attentif sur la formation, alors que Robert Budzynski occupe les fonctions de directeur sportif du club. C’est d’ailleurs ce dernier qui a négocié le transfert du jeune Loko auprès de ses parents.

Le premier match (amical) disputé par l’ancien d’Amilly avec le maillot nantais se déroule face à… son ancien club ! Les dirigeants Amillois auraient aimé le voir disputer une mi-temps avec chaque maillot, mais les responsables nantais ne l’entendent pas de cette oreille. On ne badine pas avec l’antichambre du professionnalisme !
Outre Jean-Michel Ferri, recruté en même temps que lui, Patrice côtoie David Saint-Guilly[iii], Didier Deschamps (dont la chambre est contigüe à la sienne) et Marcel Desailly. Ces deux derniers, d’une année et demi ses aînés, sont à la Jonelière depuis 1983.

Sa première saison se déroule plutôt bien mais s’achève dans la confusion. Blessé peu avant son terme, il est contraint de laisser son équipe achever le championnat sans lui. Il demande alors à ses responsables Suaudeau et Denoueix la permission de partir en vacances un peu plus tôt. Ces derniers, contrariés par le manque d’esprit d’équipe du garçon, acceptent de le laisser rentrer dans le Loiret. Mais ils expédient une missive à ses parents, stipulant qu’ils avaient prévu d’intégrer leur fils au groupe professionnel à la rentrée, donc avant les élèves du centre. Patrice souhaitant des vacances un peu plus longues, son souhait est exaucé : il ne reprendra qu’à la fin des vacances scolaires, en même temps que ses autres camarades de la Jonelière !
Les parents Loko sont furieux après leur fils : Il touchait du doigt la possibilité d’une carrière professionnelle, mise à mal par des velléités de villégiature…
Il est juste de préciser que Patrice avait peu d’occasions de rentrer chez lui : à la vie déjà contraignante d’un centre de formation très prisé s’ajoutaient les sélections avec l’équipe de France pendant les vacances scolaires, alors que ses camarades rentraient tous dans leurs foyers. Néanmoins, faisant fi de ces considérations, Danièle Loko l’oblige à rédiger un courrier d’excuses à l’attention de ses entraineurs.

[i] « Féfé » Ferri deviendra un rouage essentiel du F.C. Nantes champion de France 1995, au poste de milieu défensif.
[ii] Discussion rapportée par Jean-François Laurent
[iii] Un excellent joueur n’ayant malheureusement pas percé dans le monde professionnel, et par ailleurs toujours ami avec Patrice.

PPDF

Comments

comments

Ce contenu a été publié dans BIOGRAPHIE. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.