ARTICLES DE PRESSE – ESTAC TROYES (2001/2002)


Logo_estEclair31 août 2001

Patrice Loko, la surprise du chef
L’Estac a probablement bouclé son recrutement hier soir, en faisant signer pour une saison, l’ancien attaquant lyonnais Patrice Loko, actuellement sans club.

A vingt-quatre heure de la date butoir qui clôturera, ce soir à minuit, la première cession des transferts 2001/2002, l’Estac a étoffé hier, l’ancien attaquant lyonnais, Patrice Loko.

En fin de contrat avec Lyon, qu’il avait rejoint en cours de saison dernière après un passage à Montpellier, Patrice Loko s’est engagé pour un an à Troyes. Voici qui achèvera probablement le recrutement de l’Estac, après qu’Alain Perrin est parvenu à accélérer l’engagement du défenseur suédois Svensson, avant le 31 août.

Alain Perrin avait évoqué les contacts noués ces dernières semaines avec les agents de Loko et Victor Bonilla. Le manager général de l’Estac étudiait avec discrétion la possibilité de renforcer son secteur offensif. « La philosophie du recrutement de Patrice Loko est surtout liée au déroulement de la Coupe d’Afrique des Nations. Sachant que nous auront plusieurs joueurs absents, notamment en attaque avec Saïfi, Ghazi et peut-être Niang, l’arrivée d’un joueur à vocation offensive était nécessaire. Il faut également penser au contrecoup de cette compétition qui se déroulera au Mali. D’où l’importance d’enrichir le groupe.« 

Accompagné de son agent Patrice Liguistin, Patrice Loko a paraphé son contrat, tout en expliquant que le choix de l’Estac avait été celui de « la valeur collective« . « J’étais en contact avec Lille mais Sedan et Troyes étaient les plus intéressés. J’ai finalement préféré Troyes pour la qualité de son jeu, que j’ai apprécié en Intertoto.« 

Sans club, Loko (31 ans) s’entraînait depuis quelques mois avec une équipe de CFA en Bretagne. « Je sais que j’ai un peu de retard dans la préparation. Mais c’est surtout la compétition qui me manque. D’ici à une quinzaine de jours, je pense être prêt si le coach fait appel à moi. » Champion de France en 1995 avec Nantes, l’ancien international (26 sélections) a ensuite joué au Paris SG, à Lorient, Montpellier puis Lyon. « J’ai très envie de jouer et de gagner des matchs. Je ne viens pas me relancer ici. Je n’ai jamais triché avec personne.« 

P.M.

 

logo_lequipe31 août 2001

LOKO UN AN À TROYES.

Patrice Loko (31 ans) ne s’entraînera plus avec Vannes. Hier soir, vers 19 heures, et conseillé par Patrice Liguistin qui n’est autre que l’agent de Frédéric Danjou, il s’est engagé pour une saison en faveur de Troyes, qui renforce ainsi son secteur offensif en vue de la Coupe d’Europe et du Championnat. « Je suis vraiment ravi. Évidemment, j’aurais préféré être fixé un peu plus tôt dans la saison pour me préparer comme tous les autres. Je n’ai pas pu, tant pis.À moi de travailler pour rattraper le temps perdu. J’espère être à 100 % dans quelques semaines car aujourd’hui je n’ai pas la forme d’un joueur de D 1. » Contacté par Sedan et Lille, Patrice Loko a été séduit par le discours d’Alain Perrin et le jeu pratiqué par les Troyens depuis le début de saison.

G. D.

 

Logo_estEclair5 septembre 2001

« Je peux encore marquer »

Patrice Loko est pressenti pour incorporer l’effectif dès Samedi à Monaco. L’ancien international revient sur sa carrière et évoque ses ambitions sous les couleurs de l’Estac.

La semaine dernière, vous signiez à Troyes. Quelles sont vos premières impressions sur votre nouveau club ?
Tout ce passe bien. L’accueil a été très sympathique. Ce n’était pas évident car je ne connaissais personne. Mais j’ai pu me rendre compte que le groupe était chaleureux et de qualité. C’est une équipe qui a le potentiel pour faire au moins aussi bien que l’an passé.

Vous avez signé pour un an. Ca veut dire qu’il y a comme un contrat d’objectif entre le club et vous ?
Je suis resté six mois à Lyon et j’ai peu joué. Alain Perrin veut donc voir si je suis bien le joueur qu’il recherchait. Maintenant, il se peut très bien que je prolonge en cours ou en fin de saison…

Troyes vous a recruté à la veille de la clotûre du premier marché. Avez-vous eu peur de vous retrouver sans club au soir du 31 août ?
Franchement, non car j’avais des contacts avec Lille, Sedan et Aberdeen. Seul le challenge en Écosse ne me satisfaisait pas. De nombreux clubs de D2 s’intéressaient à moi, mais je me sentais encore capable de jouer en D1. Si ça a mis du temps à se finaliser, c’est parce que les clubs qui me voulaient jouaient l’Europe et ils devaient connaître plus précisément leur avenir.

Pourquoi Troyes plutôt que Lille ou Sedan ?
L’entraîneur troyen souhaitait un joueur d’expérience pour encadrer les plus jeunes, un attaquant qui prenne les espaces. C’est un discours qui m’a plu. Par ailleurs, Alain Perrin a la réputation d’être un entraîneur qui aime le jeu collectif en mouvement. Ça me convient bien.

Après être passé par Nantes, Paris ou Lyon, vous n’avez pas le sentiment de descendre d’un cran en signant à Troyes ?
C’est vrai que Troyes n’a pas la même notoriété mais c’est un club en devenir qui aspire au plus haut niveau. Au même titre que Sedan ou Lille, on en parle de plus en plus et c’est un bien. J’ai eu la chance d’être passé par Lorient, un club plus en retrait que celui de Troyes. L’esprit d’équipe y est plus développé.

Une vertu qu’on ne retrouve pas toujours dans les grandes formations…
C’est vrai qu’en six mois de temps à Lorient, j’ai trouvé un esprit « amateur » entre guillemets. Les personnes sont plus à l’écoute, on connaît tout le monde. Ce passage reste un bon souvenir. J’y ai inscrit neuf buts et les gens étaient contents de ce que j’ai pu réaliser là-bas.

Et quels souvenirs gardez-vous de vos trois saisons parisiennes ?
Ce furent de très bonnes années durant lesquelles j’ai étoffé mon palmarès (vainqueur de la coupe des coupes , de la coupe de France, et de la coupe de la Ligue).

Rien à voir avec vos débuts à Nantes quand même…
Non; à Paris, le jeu était plus individuel, moins en mouvement. Nantes, ça reste le club où j’ai été sacré meilleur buteur de D1 (22 buts) et champion de France en 1995.

Après Paris, vous signez à Montpellier ou Loulou Nicollin tenta de reconstituer la triplette nantaise avec Pedros et Ouédec…
Oui mais l’équipe a été releguée et j’ai peu joué pendant six mois parce que Montpellier voulait me vendre. J’ai attendu décembre pour partir à Lyon où la concurrence était très forte. Mai je n’ai pas de regrets à avoir car j’ai fait le maximum.

Des regrets vous en avez peut être par rapport à l’Équipe de France ?
Il y a bien eu cette élimination contre la Bulgarie que j’ai suivie à la télé. Mais je considère que j’ai eu la chance d’être appelé à 27 reprises, d’avoir côtoyé Papin ou Canto. Il n’y a pas de regrets à avoir.

Aujourd’hui à 31 ans, dans quel étant d’esprit êtes-vous ?
Déjà physiquement, je me sens bien. J’ai suivi une préparation avec Vannes et je constate que j’arrive à suivre mes partenaires à l’entraînement. Je pensais être à un bon niveau et ça se confirme. Maintenant je me donne encore deux ou trois saisons au plus haut niveau. A Troyes, j’ai envie de jouer, de montrer ma valeur. J’ai une bonne expérience et je sais que je peux encore marquer en D1.

Propos recueillis par Christophe Mallet

 

logo_FF7 septembre 2001

UNE-DEUX
Loko : « Troyes, un challenge intéressant ! »

Dernière recrue en date de Troyes, Patrice Loko s’apprête à retrouver samedi soir. à Monaco, la compétition. Avec l’envie de démontrer qu’à 31 ans il a encore sa place au sein de l’élite.

Dans quel état d’esprit vous trouvez-vous à l’heure de fouler à nouveau les terrains de Première Division ?
Je pense que ça va bien se passer. En attendant de trouver un club, je me suis entraîné régulièrement et sérieusement avec vannes. Sur le plan de la condition physique, je ne pense pas avoir de problèmes et je dois dire que, depuis mon arrivée à Troyes, tout se déroule très bien. Je suis assez satisfait de mes premières prestations au niveau du groupe. Je ne suis pas trop inquiet même si je sais que je manque un peu de compétition.

Le Championnat de France a repris depuis deux mois, sans vous. Au cours de cette période, avez-vous ressenti la crainte de rester au bord du chemin ?
Non. car j’avais la chance durant ces deux mois d être en contact avec pas mal de clubs. Je savais l’intérêt que me portaient Sedan, Lille et Troyes ainsi que les Écossais d’Aberdeen. Sans parler des nombreux clubs de Division 2 qui m’avaient également fait des propositions. II fallait simplement se montrer patent en attendant que la situation se décante un peu, notamment pour la Coupe de l’UEFA en ce qui concernait Troyes. En désespoir de cause, je serais peut-être parti en Écosse, car je ne souhaitais pas vraiment évoluer en D 2. Je me sentais encore capable d’évoluer à l’échelon au-dessus.

Quand on a porté les maillots de Nantes, Paris et Lyon, signer à Troyes, n’est-ce pas redescendre d’un étage?
C’est vrai que la notoriété de Troyes n’est pas celle des clubs que vous venez de citer. Mais je remarque quand même que l’on parle de plus en plus de cette équipe grâce aux bons résultats qu’elle obtient. Certes, c’est un peu différent de ce que j’ai connu auparavant mais c’est aussi en cela que le challenge proposé ici est intéressant. Dans ma carrière, j’ai eu la chance de jouer à Lorient lorsque le club est monté en Première Division et ce fut une expérience intéressante. Troyes a quelques points communs avec Lorient, notamment au niveau de (esprit d’équipe, élément important dans la réussite d’une formation.

A 31 ans, qu’espérez-vous encore prouver ?
C’est vrai qu’on considère que, passée la trentaine, un joueur est en fin de carrière. Personnellement, je pense que je peux encore jouer deux ou trois saisons au plus haut niveau. En signant à Troyes, je souhaite simplement disputer plus de matches que la saison dernière à Lyon. J’ai envie de jouer ne serait-ce que pour continuer à prouver ma valeur.

Correspondance Jean-Pierre Kienn

 

logo_lequipe8 septembre 2001

Patrice Loko : « Renouer le fil »

Quel sentiment domine chez vous avant vos débuts troyens ?
Je ne suis pas plus stressé que ça… Je pense que, ces derniers jours, je me suis bien entraîné et tout se passe bien avec mes nouveaux partenaires. J’ai l’impression que mon retour s’effectue de manière tout à fait naturelle. Peut-être que je serai un peu plus stressé à mesure que l’heure du coup d’envoi approchera. Dans ces moments-là, on peut toujours se poser des questions. Mais c’est vrai aussi que c’est une joie de retrouver le Championnat de France. J’ai envie que ça se passe bien, pour moi bien sûr, mais surtout pour l’équipe. C’est le plus important. Je souhaite apporter quelque chose à cette formation pour qu’elle continue à se distinguer comme elle le fait depuis le début de cette saison.

Vous allez affronter Monaco qui a absolument besoin de gagner.
C’est vrai que nous n’allons pas rencontrer les Monégasques au meilleur moment. Ils ont connu un début de Championnat difficile mais je pense que la coupure de ces quinze derniers jours leur a permis de se remobiliser. Si nous rentrons bien dans le match, on pourra peut-être les faire douter à nouveau. L’équilibre d’une équipe est tellement fragile et tient parfois à si peu de choses.

Vous allez porter le maillot no 27, le même qu’à Lorient. Faut-il y voir un signe ?
Effectivement, ce choix n’est pas innocent. Lorsque ici on m’a demandé de choisir, le no 27 n’ayant pas de titulaire, je n’ai pas hésité un instant. C’est effectivement celui que je portais à Lorient, dans une période de ma carrière qui reste parmi les meilleurs moments que j’ai vécus. Disons que cela marque peut-être mon envie de renouer le fil avec cette bonne période. Le 27, cela tombe également avec la date anniversaire de mon fils, qui est né un 27 septembre. Dans notre milieu, chacun a ainsi ses petits trucs. »

TROYES – de notre correspondant

 

logo_FF26 octobre 2001

Loko court toujours

BAROUDEUR. En grande forme actuellement, l’ancien attaquant international a dynamisé l’attaque troyenne. Avant le déplacement à Montpellier, l’un de ses anciens clubs, samedi, il a ainsi prouvé qu’il avait de beaux restes, malgré un parcours tourmenté.

Deux buts dans l’antre de Leeds le jeudi en Coupe de l’UEFA, un but et une passe décisive le dimanche contre Lorient ; en l’espace de quatre jours, Patrice Loko, débarqué à Troyes fin août, vient de démontrer qu’il n’avait rien perdu des qualités qui avaient fait de lui l’avant-centre de l’équipe de France. Depuis qu’il a posé ses valises dans l’Aube, à quelques heures seulement de la clôture des transferts, Loko se comporte en footballeur professionnel modèle. II est irréprochable, et sa gentillesse, sa disponibilité n’ont pas tardé à séduire les fidèles habitués scotchés au grillage des terrains d’entraînement du stade de l’Aube.
Exemplaire, l’ex-Nantais l’est également lors de ces séances en semaine où se bâtissent les succès du week-end. Attentif aux directives d’Alain Perrin, appliqué comme un débutant, il confirme sa volonté d’être à la hauteur de la confiance que lui ont témoignée les dirigeants troyens en l’engageant jusqu’à la fin de la saison. Et lorsque s’allument les projecteurs du stade pour l’entrée des artistes, Patrice Loko redevient pour quatre-vingt-dix minutes ce formidable combattant formé à l’école nantaise.
L’incorporation de ce dévoreur d’espaces et lutteur infatigable a donné une nouvelle dimension à l’attaque champenoise. Ce n’est certainement pas le fruit du hasard si les éléments qui composent cette ligne offensive viennent de faire trembler à neuf reprises les filets adverses en trois matches. Et pas contre n’importe qui ; trois buts à Auxerre, jusque-là invaincu en Championnat, deux buts en Coupe de l’UEFA à Leeds, le leader de la Premier League, qui n’en avait pas encaissé un seul sur son terrain depuis le début du Championnat anglais, et enfin quatre buts devant Lorient, pourtant pas facile à prendre en défaut loin de ses bases.

PERRIN :  » IL PEUT NOUS APPORTER BEAUCOUP « 

Le bilan est éloquent, et la dernière recrue de l’ESTAC n’y est pas étranger. Bien épaulé par Boutal et Goussé ou Niang, Patrice Loko semble reverdir sous le maillot troyen en se découvrant une nouvelle jeunesse. On est bien loin en tout cas de l’image sulfureuse qui lui a longtemps collé à la peau après une nuit parisienne de triste mémoire. « Son passé m’importe peu, souligne l’entraîneur Alain Perrin. Si je l’ai fait signer, c’est parce que j’avais besoin d’un attaquant de rupture. C’est un joueur mobile qui ne se cantonne pas dans un rôle de buteur. Il est également capable de faire la dernière passe, de se muer en joueur d’appui. Sur ce qu’il a montré ces dernières semaines, il peut encore réaliser de belles choses et nous apporter beaucoup par son expérience du haut niveau. Depuis son arrivée, il s’est comporté en très bon professionnel et a su se faire adopter par le groupe. J’espère simplement qu’il va continuer sur sa lancée. « 
Une intégration réussie que confirme le principal intéressé : « Je me sens bien dans cette équipe et je trouve que mon adaptation a été plutôt rapide. Il faut dire que j’ai retrouvé à Troyes certaines similitudes avec Nantes, par exemple dans la manière d’aborder les matches. Chaque joueur sait ce qu’il a à faire pour apporter sa pierre au collectif. Jouer dans les espaces, être toujours en mouvement pour offrir des solutions au porteur du ballon, c’est de cette manière-là qu’une formation de notre dimension pourra continuer à produire de bons matches. »
Et s’il fallait un témoin privilégié de cette parfaite intégration, le milieu de terrain Jérôme Rothen semble tout indiqué. Grand pourvoyeur de balles de but, il a rapidement trouvé la bonne partition pour jouer en cadence avec son nouveau camarade de jeu. « C’est vrai qu’il me facilite le travail, reconnaît le redoutable gaucher de l’ESTAC. Il va de l’avant, fait des appels, coupe les trajectoires au moment juste. C’est un vrai plaisir d’évoluer aux côtés d’un élément de cette qualité, dont il faut souligner l’intelligence dans le placement et dans les déplacements. Il comprend tout de suite ce que je vais faire sur mon aile, et ce n’est pas un hasard si, à Leeds, puis contre Lorient, il se trouve deux fois sur la trajectoire de mes centres pour les glisser au fond des filets adverses. On se trouve de mieux en mieux, et c’est toute l’équipe qui en bénéficie. C’est d’ailleurs l’un des aspects de sa personnalité que j’apprécie chez lui: malgré son riche passé de footballeur, il reste modeste et discret, toujours au service du groupe. C’est à mes yeux la marque d’un grand professionnel. « 

 » JE DOIS JUSTIFIER MON PASSÉ ET MES SÉLECTIONS « 

Des compliments qui feront sans doute chaud au cœur de Patrice Loko, peu bavard sur et hors du terrain, mais qui ne rejette pas les valeurs d’exemplarité que sa carrière justifie. « Je n’ai jamais été quelqu’un qui parlait beaucoup sur un terrain, reconnaît-il. J’essaie simplement d’être un meneur par la qualité de mon jeu et mon comportement en match. Par exemple, lorsque nous exerçons un pressing sur les défenseurs adverses, j’essaie d’entraîner les autres dans mon sillage pour que ce pressing ait une cohérence. Si je l’exerce tout seul, cela ne servira à rien. Je sais ce que l’on attend de moi et, même si la réussite du groupe passe avant tout, je me dois de faire de bons matches pour justifier mon passé et mes sélections en équipe de France. « 
L’énorme activité déployée à chacune de ses sorties le démontre effectivement. A trente et un ans, Patrice Loko semble parvenu à une forme de plénitude qui se traduit dans son jeu. « Je suis peut-être un peu moins rapide qu’il y a quelques années, dit-il, mais l’expérience me permet de compenser par d’autres qualités. Faire la bonne passe au bon moment, sans se précipiter inutilement, avoir le geste juste dans les instants décisifs d’une rencontre, c’est avec le métier que l’on apprend tout cela. Lors de passages difficiles, comme ceux que nous avons connus contre Leeds, je continue à y croire peut-être plus que tous les autres, grâce à l’expérience accumulée dans les matches importants sous le maillot du Paris-SG ou de l’équipe de France. On s’est beaucoup parlé à la mi-temps de cette rencontre, et j’ai dit à mes équipiers qu’il fallait continuer à y croire, ne pas lâcher pour ne pas avoir de regrets. Résultat, nous revenons à 4-2 à la fin du match et nous avons encore le droit de rêver à une qualification pour le tour suivant. « 
Bien dans sa peau, bien dans sa tête, l’ex joueur de Nantes, Paris, Lorient, Montpellier et Lyon entend briller encore quelques années. Sous le maillot de Troyes cette saison et, pourquoi pas, à l’étranger un peu plus tard. « Je jouerai tant que mon physique me le permettra, et j’espère bien rester au plus haut niveau encore deux ou trois saisons. Avant de mettre un terme à ma carrière, je serais assez tenté par un dernier contrat à l’étranger, pour découvrir comment on appréhende le football hors de nos frontières. Ce serait une expérience intéressante, même si, aujourd’hui, j’ai pris conscience qu’il n’y a pas que le football dans la vie et que le bonheur de mon épouse et de mes enfants est tout aussi important. » Paroles de sage.

Correspondance Jean-Pierre KIEHN

 

logo_leparisien26 octobre 2001

Loko retrouve la lumière

Le parking du stade de l’Aube est presque désert. Seuls quelques fidèles réservent leur place pour le match de Coupe de l’UEFA face à Leeds jeudi prochain. En toute quiétude, Patrice Loko signe une poignée d’autographes avant de grimper dans son Audi TT. « C’est sûr qu’il y a moins de pression à Troyes qu’à Paris ou à Lyon, sourit l’homme en forme de l’Estac, auteur de trois buts et d’une passe décisive lors de ses deux derniers matchs (2-4 à Leeds et 4-2 devant Lorient). Ici, c’est plus tranquille. Le résultat est important, mais une défaite n’est pas catastrophique. »

« J’étais mal« 

Après Nantes, Paris, Lorient, Montpellier et Lyon, l’ancien attaquant des Bleus (26 sélections, 7 buts) a posé ses valises de pèlerin en Champagne à la fin de l’été. Pour un nouveau départ. « J’avais envie de m’exprimer et de faire une saison pleine, souffle celui qui n’a joué que par intermittence depuis un an. On m’a moins vu sur le terrain, et les gens ont vite pensé que j’étais fini. Mais je n’ai pas changé. La seule différence, c’est qu’à présent je joue plus souvent. alors le public à l’impression de me redécouvrir. »
A 31 ans, l’ancien champion de France (avec Nantes) et vainqueur de la Coupe des coupes (avec le PSG) – « Mes deux meilleurs souvenirs » sourit-il – espère avant tout retrouver le plaisir. Tout simplement. « Je sais que ma carrière est derrière moi, mais j’ai envie de jouer le plus longtemps possible. », lance l’enfant de Sully-sur-Loire, les yeux brillants.
Pour l’ex-canari, le football redevient une passion après avoir été un fardeau. Le regard s’assombrit. « Cela m’a demandé beaucoup de sacrifices au niveau familial… » lâche la mari de Muriel, père de Johan et Vanille. Personne n’a oublié la fameuse nuit de juillet 1995 où le Parisien d’alors « pète les plombs », transformant la voie royale de sa carrière en long chemin de croix. « Mais ça fait quand même six ans que cela s’est passé, fait-il remarquer d’une voix douce. Cela ne pourrait plus arriver aujourd’hui. Faire une bouffée délirante, je ne le souhaite vraiment à personne. J’étais mal et j’ai oublié la plupart des choses qui me sont arrivées à ce moment-là. Les gens doivent se souvenir qu’il y a eu un avant et surtout un après. Ce n’est pas évident de remonter la pente. Je suis fier d’avoir réussi ça. Même quand on a touché le fond, on peut se relever.« 

La grande cassure

Se relever, mais pas tout effacer. « C’est sûr qu’à l’époque je jouais à Paris et en équipe de France. Ça a été la grande cassure« . Les Bleus accèdent au nirvana du Mondial 98, puis de l’Euro 2000. Loko, lui, tombe dans l’oubli.  » Je faisais partie du groupe. Alors, bien sûr, j’ai pensé que j’aurais pu, moi aussi, connaître cette aventure. Mais les choses tournent vite et je suis resté le premier supporter des Bleus.« 

Aujourd’hui, fort de son expérience internationale et de 318 matchs de D1 (82 buts), Patrice Loko joue les grands frères sans l’une des équipes surprises du début de saison. « j’ai une assise et un vécu qui comptent dans les matchs importants. J’arrive parfois à glisser un petit mot qui peut aider les jeunes. » explique-t-il. Fidèle à ses principes, l’attaquant troyen, qui affronte demain Montpellier, l’un de ses anciens clubs, est toujours prêt à se « défoncer » pour le club. « Je veux apporter mon enthousiasme et pouvoir sortir du terrain en ayant la sensation d’avoir donné le maximum.« 
A Troyes, Loko revit.

Eric Bruna

 

Logo_estEclair31 octobre 2001

« L’Europe me transcende »

Patrice Loko a marqué 21 buts en 45 matches de Coupe d’Europe. II raconte ses souvenirs de campagne et exhorte ses coéquipiers à croire à la qualification

Patrice Loko jouera demain,contre Leeds, son 46e match européen. Avec Nantes puis le PSG, il a connu le sommet des affrontements continentaux (victoire en Coupe des Coupes en 96 et finale l’année suivante). Toute cette expérience de campagnes au long cours, il la met aujourd’hui au service de l’Estac. Avec apparemment toujours autant de succès : déjà deux doublés au compteur contre Ruzomberok et surtout à Leeds. S’inscrivant comme un vrai fer de lance pour le groupe, il témoigne ici de son attachement à ces rencontres aux effluves singulières.

La Coupe d’Europe

« Ce sont des marches particuliers auxquels on a envie de participer parce qu’on apprend beaucoup, parce qu’on rencontre des équipes contre lesquelles on n’a pas l’habitude de jouer. C’est toujours un plus, surtout grâce à de belles formations comme Leeds.L’intensité n’est pas la même. Pour le public aussi, c’est différent et les joueurs ressentent cette pression, ce stress supplémentaire. Au niveau du jeu, il n’y a pas beaucoup de temps morts, et la moindre erreur est souvent fatale. Ça rajoute un certain piment. »

Ses performances

« Je ne fais pas trop attention à mes statistiques. 21 buts en 45 matches ? Oui, effectivement, ce n’est pas trop mal (Il sourit). D’ailleurs, on m’a encore fait remarquer après mon doublé à Leeds que j étais toujours présent dans tes gros matches de Coupe d’Europe, et pas juste en tant que buteur. Je me souviens d’avoir déjà réalisé un triplé contre Athènes avec le PSG. Quelque part, ça doit me transcender, me mobiliser encore plus. Tant mieux, j’espère que ce sera encore le cas jeudi. Et j’espère surtout pouvoir emmener dans mon sillage mes coéquipiers; c’est ce qui reste le plus important »

Les souvenirs marquants

« Il y en a pas mal. D’abord, la victoire avec le PSG en Coupe des Coupes en 96 et  la finale contre Barcelone l’année suivante, c’est à la fois un bon et un mauvais souvenir Bon parce que jouer une saison sur un grand match comme ça, c’est un événement superbe à vivre, mauvais évidemment parce qu’on avait perdu 1-0 sur un penalty litigieux de Ronaldo. Et moi, j’avais marqué un but refusé, disons très très limite. Sinon, dans les grands moments, il y a Liverpool en demi-finale, toujours avec le PSG l’année de la finale face à Barcelone. A l’aller, les Anglais, comme souvent, étaient arrivés très sûrs d’eux, décontractés, presque en touristes. Il ne nous avaient pas pris au sérieux alors qu’on avait une grande équipe. Résultat : 3-0 au Parc. Au retour, on avait perdu 2-0 à Anfield Road dans un match d’une incroyable intensité. On avait souffert mais l’ambiance était absolument extraordinaire.»

L’affrontement contre Leeds

« Au match aller, on les a beaucoup trop regardé jouer en première mi-temps. Je crois que certains d’entre nous se sont posé trop de questions et ont été paralysés par l’événement. Heureusement, on a encore la possibilité de passer. Alors jeudi, il faut que ce soit eux qui nous regardent jouer! On a les moyens de contrarier cette équipe en jouant haut. Essayons de gagner déjà, on verra bien quelle tournure prend le match, et s’il faut jouer notre va-tout on le fera au bon moment. Ça ne sert à rien de calculer. Je ne crois pas que les Anglais aient beaucoup changé de mentalité alors il est possible qu’ils nous prennent de haut, surtout qu’ils marchent fort en ce moment. A nous de les surprendre. Sur l’ensemble d’une saison, Leeds est plus fort que trous. Mais sur un match, tous les espoirs sont permis. »


Propos recueillis par Anthony LACAILLE

 

logo_psg.fr3 novembre 2001

Loko témoin privilégié

Vainqueur de la Coupe des Coupes 1996 avec le PSG, Patrice Loko a ensuite porté successivement les couleurs de Lorient, de Montpellier puis de Lyon la saison dernière. A Troyes depuis cet été, cet infatigable dévorateur d’espaces continue à se donner à fond sous son nouveau maillot. Après l’élimination jeudi soir face aux redoutables Anglais de Leeds, Pat’ attend son ancienne équipe de pied ferme…

PSG.fr – Patrice, comment vas-tu ?
Après ce match retour contre Leeds, l’essentiel est de récupérer. Tout le monde est unanime pour reconnaître que nous avons réalisé un bon match. Malheureusement, la qualification n’est pas au bout…

PSG.fr -. L’ESTAC est pourtant passée tout près d’un exploit retentissant…
Patrice Loko : Nous y croyions vraiment avant la rencontre et nous avons tout mis en œuvre pour concrétiser cet état d’esprit pendant quatre-vingt dix minutes. Personnellement, j’ai eu au bout du pied une balle de 4-1 qui nous aurait permis de tuer cette rencontre et de nous qualifier. Je ne peux que déplorer ce petit rebond qui m’a fait « vendanger » cette superbe occasion. Je m’étais pourtant concentré à fond sur ce coup-là…

Un esprit conquérant

L’élimination troyenne est-elle due à un manque de réussite ou à une relative inexpérience au niveau européen ?
La réussite, nous en avons bénéficié sur notre second but puisque la frappe de David Hamed a été déviée par un défenseur anglais. Au bout du compte, nous avons vraisemblablement raté la qualification au match aller. A Leeds, nous avions sans doute encaissé un but de trop.

Hormis cette belle aventure en Intertoto puis en Coupe de l’UEFA, comment analyses-tu le début de saison de ton équipe ?
Le bilan me semble encourageant. Que ce soit au stade de l’Aube ou à l’extérieur, nous avons su trouver les moyens pour perturber et mettre en difficulté de nombreuses équipes.

Quels sont les ingrédients de ce parcours séduisant ?
Nous avons développé un très bon jeu en mouvement lors de certaines rencontres. Notre groupe possède à la fois de la qualité et un esprit conquérant, notamment sur le plan offensif. Nous réussissons souvent à mettre en difficulté les défenses adverses, ce qui est très important sur le plan mental.

Dans quel domaine se situe la marge de progression de l’ESTAC ?
Le revers de la médaille, c’est que nous nous jetons parfois un peu trop à l’abordage en oubliant de défendre efficacement. Il nous reste à trouver le juste milieu entre l’attaque et la défense.

« Je n’oublierai jamais Paris »

Comment s’est passée ton intégration dans ton nouveau club ?
J’ai pu me mettre rapidement au service de l’équipe car il existe ici un respect et une écoute permanente. A trente ans, j’essaie avant tout de mettre mon expérience au service de l’équipe.

Dans quel état d’esprit allez-vous aborder cette rencontre face au PSG ?
Ce match de gala va constituer le prolongement de la rencontre européenne contre Leeds. Nous savons désormais que notre équipe est armée pour ce genre de rendez-vous face aux grosses cylindrées et nous allons tout faire pour rééditer un grand match.

Cette affiche doit représenter une saveur particulière pour toi…
Bien sûr ! J’ai joué quatre années à Paris et je n’oublierai jamais ce club. J’y ai gagné beaucoup de titres et je suis toujours très heureux à l’idée de retrouver le PSG.

Quel est ton plus beau souvenir sous le maillot du PSG ?
La finale de la Coupe des Coupes remportée contre le Rapid de Vienne. Un moment historique pour le club, avec en particulier une descente des Champs-Elysées qui restera gravée dans ma mémoire.

Pour terminer Patrice, un petit pronostic pour dimanche ?
Nous devons impérativement nous imposer chez nous. Éliminés de la Coupe d’Europe, j’espère maintenant que nous allons enchaîner sur une belle série en championnat. A partir de là, impossible de pronostiquer autre chose qu’une victoire de l’ESTAC !

 

logo_afp5 novembre 2001

Loko pétille à nouveau à Troyes

L’attaquant Patrice Loko, dont la cote déclinait depuis son départ de Nantes en 1995 et une nuit parisienne d’excès médiatisée, s’est refait une santé à Troyes avec quatre buts en Coupe de l’UEFA, deux buts et deux passes décisives en Championnat de France de football de D1.
Son dernier but en date, celui de la victoire (1-0) contre le Paris SG dimanche soir, est d’ailleurs chargé en symboles.
Loko se bat en effet chaque jour pour faire oublier cette fameuse sortie de boîte de nuit il y a six ans. Craquant nerveusement sous la pression de son récent transfert au PSG, il avait alors détérioré des voitures dans la rue, avant de semer une jolie pagaille dans un poste de police, s’exhibant notamment devant une femme policier.
Sous le maillot de Troyes, Loko rappelle surtout qu’il a été meilleur buteur -avec 22 réalisations- de la D1 en 1995, l’année du titre avec Nantes, où il évoluait depuis 1986.
Après le PSG (1995, novembre 1998) de nombreuses portes s’étaient fermées, sauf celles de Lorient, où il avait d’ailleurs signé son arrivée par un doublé (2-0 le 19 décembre 1998) contre le PSG (9 buts en tout de novembre 1998 et juin 1999). Avant de connaître de nouveaux passages à vide à Montpellier en D2 (1999, décembre 2000), et à Lyon (janvier-juin 2001).

Grand frère

Convoité par Sedan, Lille et Troyes, il a choisi l’Aube, où il a dû à nouveau faire ses preuves comme un débutant, lui, l’ancien avant-centre de l’équipe de France (26 sélections, 7 buts de 1993 à 1997).
Son excellente condition physique, sa conduite exemplaire à l’entraînement et sa gentillesse en dehors du terrain ont fait taire les derniers sceptiques.
A tel point que personne ne lui en a voulu d’avoir raté la balle de qualification pour le troisième tour de Coupe UEFA, jeudi dernier face aux Anglais de Leeds.
A bientôt 32 ans, toujours aussi discret, il espère se faire accepter comme un grand frère à Troyes. Son expérience des grands rendez-vous a été utile au match aller à Leeds, où il avait marqué en fin de match alors que son équipe était réduite à dix (4-2 à l’aller, 3-2 au retour).
Ses courses sur le terrain ont déjà séduit ses partenaires, qui apprécient sa capacité à couper les trajectoires, comme sur sa tête victorieuse contre le Paris SG.A l’aise dans une équipe où l’entraîneur Alain Perrin prône un jeu à une touche de balle qui lui rappelle Nantes, il voudrait jouer encore deux à trois saisons, songeant à prolonger à Troyes, avant, pourquoi pas, de finir sa carrière à l’étranger.

 

Journal du Foot – Novembre 2001

Patrice, qu’est-ce qui vous a amené à opter cette saison pour un club comme Troyes ?
L’envie de jouer tout simplement ! Depuis mon départ de Montpellier, je souhaite avant tout allonger mon temps de jeu. J’ai envie de jouer davantage. A Lyon, cela n’a pas pu se faire car j’ai intégré un groupe très riche et il n’était pas évident pour le coach de me faire jouer souvent. Je l’ai très bien compris. Je n’ai donc effectué que des petits bouts de matchs. C’est la raison pour laquelle on a l’impression, aujourd’hui, que je reviens, car on m’a peu vu pendant un an à ce niveau. Mais en fait, je n’ai jamais cessé de m’entraîner et de tout faire pour être à mon meilleur niveau.

C’est vrai que depuis vos problèmes extra-sportifs du PSG, on a un peu l’impression de vous redécouvrir?
Les gens me redécouvrent mais je n’ai pas vraiment changé. J’ai pris des années, comme tout le monde. Je suis peut-être un peu moins rapide mais je compense avec l’expérience. Je pense être plus lucide dans le jeu, moins me précipiter, moins gâcher. Je joue dans un état d’esprit différent que celui qui était le mien à 20 ans Je sens que mes coéquipiers comptent sur moi, je tiens à justifier mes sélections en équipe de France, mon passé. Un exemple : face à Leeds, alors que nous étions mal, je n’ai jamais cessé d y croire car je sais qu’en coupe d’Europe, il y a un match retour. Cette expérience là, je l’ai acquise avec le PSG et les Bleus. J’ai appris à tout faire pour ne pas avoir de regrets. Le jeu aussi a pas mal évolué, mais je joue toujours sur les mêmes qualités. Je suis conscient qu’à 31 ans ma carrière est derrière moi, mais je n’entends pas gâcher les quelques années qu’il me reste d’évoluer au plus haut niveau.

En tout cas, en venant à Troyes, vous semblez avoir intégrer un collectif qui vous convient !
C’est vrai qu’ici, le jeu déployé par l’équipe me convient bien. Dans beaucoup de domaines, Troyes ressemble à Lorient. Comme lui, le club a rapidement trouvé sa place en Dl en se reposant sur un beau jeu, en essayant de trouver des espaces. Cela nécessite pas mal d’engagement et d’exigences au niveau physique, mais cela correspond bien à mes qualités aussi. Troyes ressemble également à Nantes dans la manière d’aborder et de préparer les matchs. En entrant sur la pelouse, tout le monde sait précisément ce qu’il y a à faire.

Quand vous regardez derrière vous, que pensez-vous de votre carrière ?
Je ne regrette aucun de mes choix. J’ai toujours pu m’exprimer comme je l’entendais dans tous les clubs que j ai fréquentés, même à Lorient, un club d’un standing plus faible que Lyon, Nantes ou le PSG A Lyon, je n’ai pas joué beaucoup, mais j’ai pu côtoyer de grands joueurs et l’expérience s’est révélée plus que positive. Quant à Troyes je ne regrette évidemment pas ma venue ici. Je retrouve toutes mes sensations.

Ne redevenez-vous pas efficace également parce que vous avez retrouvé un équilibre de vie en dehors du football ?
Mais j’ai toujours été quelqu’un d’équilibré ! Ce n’est pas parce que j’ai souffert de bouffées délirantes un jour que ma personnalité est instable. Les gens ne comprennent pas qu’on puisse être malade pendant quelques mois. Cela peut arriver à tout le monde. J’ai réussi à remonter la pente grâce à mon entourage, j’apprécie d’autant plus la bonne passe que je traverse actuellement. Je retrouve la D1, je suis heureux. Je suis fier de m’être relevé et j’ai plus envie que jamais de revenir à mon top niveau.

Cette maladie vous a tout de même fait perdre pas mal de temps, vous qui étiez alors en équipe de France…
J’ai effectivement dû perdre deux ans dans ma progression, par rapport au jeu. Mais rien ne dit que j’aurais continué à évoluer de manière positive. Rien ne dit que j’aurais pu rester en équipe de France et participer à la Coupe du monde. Aujourd’hui, je préfère positiver et me dire que ces deux ans perdus, je les rattraperai en fin de carrière. Je jouerai plus longtemps car je serai moins usé.

Malgré vos nombreux changements de clubs, votre image reste attachée au FC Nantes…
Et c’est normal car j’y ai passé plus de dix ans, j’y ai appris mon métier. Ce sont des années inoubliables.

Est-ce là-bas aussi que vous avez effectué votre meilleure saison ?
Oui, certainement lors de la saison du titre où j’avais fini meilleur buteur du championnat avec 22 buts. Une saison extra avec un groupe fantastique. Quelque part, je suis encore à la recherche de cette espèce d’harmonie là, tant en dehors que sur le terrain. Face à Auxerre (victoire de Troyes à l’Abbé Deschamps 3-1), j ai eu le sentiment de revivre certaines phases de jeu que j’avais connues à Nantes. C’est de bonne augure pour la suite…

Et à Paris, qu’avez-vous appris ?
A Paris, j’ai franchi un palier en conservant ma place en équipe de France, en remportant une coupe d’Europe et en me prouvant à moi-même que je pouvais réussir dans un autre contexte qu’à Nantes. Cette phase a été très importante pour moi… même si elle s’est mal terminée.

Aujourd’hui, à Troyes, qu’attendez-vous de cette saison ?
Ni plus ni moins que ce que j’ai toujours essayé de faire partout où je suis passé. Personnellement, je suis dans le même état d’esprit, toujours soucieux de donner le meilleur de moi-même. Pour le moment, je pense que le coach est content de mes prestations. Il faut maintenir ce niveau de jeu. Garder cette envie de jouer qui fait ma force, qui fait notre force à Troyes. Si nous parvenons à rester rigoureux et enthousiastes à la fois, nous pouvons espérer terminer dans les six ou sept premiers. Notre collectif est notre force, c’est grâce à lui que nous pourrons faire de bonnes choses.

Comment voyez-vous la suite de votre carrière ?
Tant que je serais animé de cette motivation, je continuerais. J’aimerais bien pou voir jouer dans un grand championne étranger, découvrir un autre football, d préférence en Espagne ou en Angleterre Je me donne encore deux ou trois ans.

Le niveau de jeu du championnat de Franc est-il le même qu’en 1995, lorsque vous avez fini meilleur buteur de D1 et champion de France avec Nantes ?
II y a peut-être moins d’individualités, mais le niveau de jeu n’a pas trop évolué, ni dans un sens ni dans l’autre. La qualité moyenne des équipes est bonne en France. Ensuite, nous avons vu aviver une nouvelle génération de jeunes joueurs qui ont de suite intégré les grands clubs avant de quitter le pays pour partir dans les meilleurs clubs européens. C’est très bien pour l’équipe de France.

Vous sentez-vous « largué » par rapport à ces nouveaux attaquants qui étonnent l’Europe, les Pires, Trézéguet, Henry, Wiltord, Anelka… ?
Largué non, mais il est évident qu’ils ont un autre parcours que le mien. En pouvant jouer très jeune dans les meilleurs clubs d’Europe, ils ont acquis une grande confiance en eux, une expérience importante. De tous les joueurs que vous avez cités, j’apprécie particulièrement Thierry Henry. J’aime sa façon d’appréhender le foot, sa philosophie générale, sa disponibilité sur le terrain.

N’avez-vous pas le sentiment d’être passé à côté de quelque chose de grand ?
En 1994, avec Canto et Papin, nous sommes passés à côté de la Coupe du monde aux Etats-Unis dans les circonstances que tout le monde connaît (ndlr : le but de Kostadinov au Parc dans les arrêts de jeu). Ensuite, nous avons fait l’Euro 96, les demi-finales, et j’ai quitté les Bleus ) à ce moment là. A quelques mois du Mondial, avec les résultats fantastiques obtenus par l’équipe de France, il n’était pas évident de revenir dans le groupe. J’ai beau me dire que j’aurais peut-être pu… la vie est ainsi faite ! Le seul regret que j’ai ce groupe, je ne1’ai pas quitté les Bleus sur mes qualités de footballeurs. C’est dommage, mais je suis évidemment heureux d’avoir vu la France être championne du monde et d’Europe.

Par rapport à tout ce qui a été dit sur votre compte pendant que vous étiez malade, à tout ce que vous auriez pu faire et que vous n’avez pas fait après le PSG, n’en voulez-vous pas à un milieu qui ne vous a pas fait de cadeaux ?
Non, car je me suis toujours senti bien dans le milieu du foot Comme dans tous les milieux il y a à boire et à manger mais je n’ai pas de griefs particuliers à faire à l’ensemble des gens et des clubs que j’ai pu fréquenter. Tout le monde veut être bon, veut gagner… cela implique des choix et des rapports de force. Je n’ai rien à dire à ce sujet Dans ce contexte, vous avez forcément des gens qui se mettent en travers de votre route. Je sais que par rapport à ce qui m’est arrivé, beaucoup ont raconté dis bêtises, m’ont mis des bâtons dans les roues pour m’empêcher de signer ici ou là. . . `des jaloux comme on en rencontre partout. J’ai passé cette épreuve, ma vie connue et ça se passe très bien à Troyes pour le moment Je n’ai aucun compte à régler avec qui que ce soit .

Pendant votre repos forcé, avez-vous pensé à arrêter le football, à une éventuelle orientation nouvelle qui pourrait également s’avérer une reconversion ?
Franchement, non, jamais. J’ai toujours été obnubilé par ma carrière, comment faire pour revenir à mon meilleur niveau. Et je pense que c’est parce que je n’ai jamais envisagé d’arrêter, que je suis revenu aussi vite. En fait, je n’ai jamais douté de mon retour. Aujourd’hui encore, malgré mes 31 ans, je ne pense pas à mon après-football.

Que peut-on donc vous souhaiter pour vos dernières années de footballeur ?
De continuer à manifester la même envie, de me sentir bien physiquement le plus longtemps possible et d’avoir la chance de jouer un jour à l’étranger.

Alors que vous revenez dans l’actualité, à qui pensez-vous, à qui avez-vous envie de rendre hommage ?
A ma femme qui a beaucoup souffert également Quand je vois tout le chemin que j’ai accompli pour revenir, je pense immédiatement à elle. A elle et à mes enfants, sans qui je ne serais peut-être pas là aujourd’hui. Leur bonheur est plus important que ma carrière…

 

logo_lequipe24 novembre 2001

Une de l'EQUIPE - 2001Loko le come-back
Avec sept buts, trois passes décisives et une forte influence sur le jeu troyen, l’ancien Nantais est de retour sur le devant de la scène.

TROYES, de notre envoyé spécial

IL RACCROCHE avec le sourire gêné du complimenté. Michel Denisot tenait à le féliciter pour son doublé à Leeds (2-4), celui qui entretenait encore l’espoir d’une qualification pour les 16es de finale de la Coupe de l’UEFA. II dessine le même regard de Tintin sur la lune lorsqu’un supporter vient lui serrer la main dans un bar, ne la lâche pas et ne le laisse même pas placer un mot. Patrice Loko est ainsi. II accueille les félicitations avec docilité. II écoute, acquiesce, sourit, remercie. Mais il ne comprend pas cette soudaine effervescence. Bien sûr, la dernière année à Paris, il n’a pas beaucoup joué. D’accord, l’année dernière à Lyon, il a erré plus souvent sur le banc que dans la surface de réparation adverse. « Mais, à chaque fois plus je rentrais en jeu, mes prestations étaient bonnes, explique-t-il comme d’autres racontent leurs vacances en colo. Je ne pense pas avoir été mauvais ni à Paris, ni à Lyon. Seulement, au PSG, j’ai été victime de la politique de recrutement. Quand on attire Simone et Maurice, c’est pour les faire jouer. Et à Lyon, j’étais bon mais moins bon que Marlet, Anderson ou Govou. »

Entre les deux clubs, s’immiscent des passages à Lorient et Montpellier. «  Là encore, je ne comprends pas, soupire-t-il. Mes stats étaient correctes. » En Bretagne, Loko inscrit neuf buts. Dans le Sud, trois fois moins. II concède ; « Avec le recul, signer à Montpellier est peut-être mon seul regret. » II hausse ses épaules carrées, pose son menton sur la paume de sa main puis ajoute « On a l’impression que j’ai eu un temps d’arrêt et que, maintenant, je redeviens bon. Moi, je n’ai pas cette sensation. « 

Ce qu’il ressent ne correspond pourtant pas forcément à l’image que Loko, l’ancien Nantais, renvoie. Tout ce que cet international aux 25 sélections a forgé, tous les titres qu’il a décrochés et ceux qu’il décrochera semblent ne pas faire le poids face au chemin de traverse qu’il a emprunté un soir de juillet 1995. Un seul soir où, dans un commissariat parisien, il râla, railla puis dérailla.

La rubrique fait divers le suit à la trace. Elle gomme son passé le plus glorieux, fait obstacle à un avenir qui aurait pu être plus doré. « C’est vrai que certaines personnes en ont profité pour faire capoter certains transferts« , regrette-t-il, sans pour autant laisser transparaître le moindre ressentiment sur son visage. Parce que Patrice Loko a surmonté ces sombres moments comme il est parvenu à faire le deuil de son fils de huit mois, décédé un soir d’hiver 1992. Soutenu par sa femme, épaulé par Laurent Guyot et Nicolas Ouédec, ses amis, il a su recouvrer son sang-froid, escalader les obstacles.

A trente et un ans, Loko revient à la surface de l’élite du foot français, rejaillit à la face du monde professionnel après avoir failli se noyer dans l’oubli. Son refus de jouer en D 2 avec Montpellier aurait pu le plonger dans cet abîme qui a avalé certains de ses anciens partenaires nantais. Troyes, à la recherche d’un attaquant, l’a-attrapé par la manche et replacé sous le feu des projecteurs.
À peine arrivé, il s’offre ainsi un premier doublé lors du premier tour de la Coupe de l’UEFA. Récidive un mois plus tard à Leeds. Assomme Bordeaux d’un enchaînement poitrine-volée du droit, s’offrant un troisième but en championnat. II aurait même pu être porté en triomphe si un rebond malicieux ne lui avait pas joué un sale tour lors du retour contre Leeds.

Vers une prolongation de contrat

« Des buts, il en a déjà raté, affirme Alain Perrin. Mais comment lui en vouloir ? Patrice est un joueur généreux. II est très accessible. II a tout de suite conquis ses partenaires. J’envisage d’ailleurs de prolonger son contrat. ». Au mois d’août, l’ancien Nantais ne s’est engagé que pour une saison. Aujourd’hui, il ne désapprouverait pas une prolongation. Même si, il y a quelques mois encore, il ne savait pas quelles couleurs il porterait.
II a d’abord hésité. Une aventure à l’étranger l’aurait bien tenté. « J’avais dit à mon agent de mettre entre parenthèse les contacts avec les clubs français : Troyes, Sedan et Lille « . II a réfléchi, analysé, scruté les propositions. II a pris son temps. Tout son temps. Il s’est entraîné avec Vannes, une équipe de CFA où, là aussi, il a séduit tout le monde. « Patrice assistait à tous les repas, payait toutes ses amendes en cas de retard« , insiste Denis Goavec, l’entraîneur breton.

Puis, il s’est décidé, « Aucune des offres étrangères ne me convenait vraiment. Et comme je savais que Troyes me voulait… » II apposera sa signature à deux jours de la fin du mercato. « je cherchais pourtant un joueur plus jeune même si Patrice m’intéressait, avoue Perrin. Maintenant, je ne regrette pas. Il se conduit comme un véritable leader dans le groupe. II n’hésite pas à prendre la parole dans les vestiaires à la mi-temps et parle toujours juste.« 

Une attitude qui ressemble à celle qu’il avait lorsqu’il évoluait à Nantes où, « même s’il ne cherchait jamais à se mettre en avant selon Laurent Guyot, il avait déjà un rôle de leader « . Cette étiquette de « leader », justement, ne lui sied pas vraiment. Alors, à voir sa moue dubitative, celle de « star » encore moins, « Certains dirigeants m’ont dit que j’allais les aider à faire connaître ce club. Pourquoi pas ? lance-t-il à la cantonade. A partir du moment où l’on est médiatique, que l`on passe à la télé, on fait rêver les gens, la difficulté consiste à montrer qu’on est toujours le même.» Ce qu’il a toujours été, à part une parenthèse de quelques semaines. Un joueur efficace. Un homme timide et courtois.

Damien DEGORRE

 

logo_cahiersdufootball19 novembre 2001

LA GAZETTE, NUMÉRO 67
Thérapire

Patrice Loko revient au premier plan, cela fait plaisir et cela donne de la matière aux journalistes qui adorent les résurrections. Ils adorent aussi rappeler systématiquement ses déboires de 1995. Pas un reportage qui ne s’attarde pesamment, surtout pas celui de Stade 2, conglomérat de journalistes lourds, qui est allé déterrer des images de l’INA. L’ex-Nantais doit ressentir quelque amertume à avoir cravaché comme un fou afin de revenir au premier plan et marquer des buts de fou (50e), pour s’entendre rappeler constamment les moments de sa vie auxquels il a le moins envie de penser.


Le « but de fou » (NDLR)


 

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