ARTICLES DE PRESSE – MONTPELLIER H.S.C. (1999/2001)


logo_midilibre15 juin 1999

Loko, le dernier maillon du trio

L’ex-attaquant de Nantes, du PSG et de Lorient, donne sa réponse aujourd’hui. Après Ouedec et Pédros, il manquait un maillon.

Si depuis son arrivée au creux de l’hiver, Nicolas Ouédec n’a pas connu de problème d’acclimatation, il n’en connaitra pas davantage sous le soleil de l’été.
Lundi prochain, date d’une reprise en douceur avec les choses de la vie du foot, l’attaquant aura l’impression de faire un retour vers le passé ! Pas forcément une marche en arrière…
Il ira souhaiter la bienvenue à Raynald Pedros revenant de loin dans une carrière qui a bien failli le conduire nulle part entre Marseille, Parme, Naples et Lyon.
Plus loin, Nicolas Ouédec devrait aussi rencontrer Patrice Loko, sorte de joyaux dans le dispositif nantais avant ses écarts dans une vie qui ne l’a pas toujours épargnée. Il y a eu Paris (perdu) et le passage à Lorient pour un retour gagnant. Point commun entre eux ? Tous d’anciens canaris élevés dans la couveuse nantaise et « paternés » par un drôle de Coco Suaudeau. Signe particulier : champions de france en 1995 avant de voler vers d’autres lieux, d’autres destins, d’autres fortunes…Et si, pour Ouédec, Pédros et Loko, tout recommençait sous le nouveau maillot de Montpellier ?

Louis Nicollin, Michel Mezy et jean-Louis Gasset sont à quelques heures de reconstituer ce trio autrefois magique et qui va sans doute faire jaser en bien ou en mal ! A quelques heures seulement car après avoir rencontré le manager général et passé une visite médicale hier à Montpellier, Patrice Loko (29 ans) a réservé sa réponse à aujourd’hui. Il devrait néanmoins signer pour deux saisons.
Loko (1,77m, 72 kg) compte 26 sélections en équipe de France, plus de 300 matchs en division 1. Il a été, entre autre distinctions, sacré meilleur buteur en 96 sous le maillot du PSG (22 buts) avec lequel il avait remporté la Coupe des coupes avant d’en être finaliste un an plus tard. Après une période de doutes et de soins liés à des problèmes psychologiques, Patrice Loko a retrouvé le chemin des filets depuis novembre dernier à Lorient (9 buts)

Montpellier n’a pas forcément fait un mauvais choix.

Jean-Bernard STERNE

 

cfoot16 juin 1999

Patrice Loko signe à Montpellier

Comme on le pressentait, Patrice Loko vient de donner son accord aux dirigeants montpelliérains pour les deux prochaines saisons. Il quitte ainsi le club lorientais, qu’il avait rejoint en cours de saison. Le montant de la transaction n’a pas été précisé, tout comme le salaire du joueur.
Agé de 29 ans, l’ancien parisien espère ainsi redonner un nouveau souffle à sa carrière. Il va surtout retrouver dans l’Hérault ses anciens coéquipiers du FC Nantes. En effet, après Nicolas Ouédec pendant le Mercato, on a appris récemment l’arrivée de Reynald Pédros en provenance de Parme.
Louis Nicollin vient donc de rassembler le trio magique des Canaris de la saison 1994-1995. A cette époque, les trois joueurs avaient décroché le titre de champion de France. Avec 22 buts, Patrice Loko finissait meilleur buteur de la compétition, juste devant Nicolas Ouédec et ses 18 réalisations. Les deux attaquants étaient alors remarquablement servis par un Reynald Pédros au sommet de son art.
Depuis ce titre, les trois hommes ont pris des destinations différentes. Nicolas Ouédec a tenté l’aventure espagnole, avant de revenir au Paris SG en début de saison. Il y a retrouvé Patrice Loko qui, entre temps, avait décroché avec le club de la capitale la Coupe des Coupes, une coupe de la Ligue et une coupe de France. Les deux hommes n’ont presque jamais été associés par Alain Giresse. Quant à Reynald Pedros, il a connu des lendemains nantais difficiles. De Marseille à Parme, avec également un bref passage à Lyon, il n’a jamais pu s’imposer et a surtout connu les bancs de touche.
En réunissant ces trois joueurs dans son club, Louis Nicollin espère relancer les trois anciens nantais. Mais quoi qu’il arrive au niveau du jeu, “Loulou” a déjà réussi un gros coup médiatique.

 

logo_FF13 juillet1999

Loko : « le bonheur de marquer ! »

L’ex-Lorientais Patrice Loko semble avoir trouvé à Montpellier un environnement favorable et une nouvelle sérénité. D’ailleurs, l’ancien Canari n’a guère tardé à trouver le chemin des filets, inscrivant le troisième but pailladin contre Karabakh Agdam.

Patrice, vous avez marqué votre premier but sous les couleurs de Montpellier. La Butte a scandé votre nom. Ce sont de beaux débuts devant votre nouveau public…
C’est bien ! On a, je crois, réussi de jolis buts samedi. J’ai eu le bonheur de marquer. C’est toujours une bonne chose pour un attaquant, surtout à l’occasion d’un premier match à domicile. C’est enfin le signe que j’arrive à bien m’entendre avec mes coéquipiers. J’espère que ça va continuer.

La Coupe Intertoto démarre favorablement pour vous malgré le périple du match à Bakou ?
Au début, c’est normal, on commence par les équipes plus faibles. Mais je pense qu’on va monter en puissance, ce qui sera le cas dès le prochain tour, face à L’Espanyol Barcelone. Il s’agit là d’une équipe un peu plus relevée, apparemment bien préparée et peut-être avec beaucoup de jeunes. Il va donc falloir faire attention. Mais avec une semaine de préparation supplémentaire, on sera de notre côté encore mieux préparés. Pour ce qui est du déplacement en Azerbaïdjan, ça n’a pas été une mauvaise chose pour le club : on a été tous ensemble durant trois ou quatre jours. On a ainsi appris à mieux se connaître.

Vous êtes ici depuis bientôt trois semaines. Quel premier bilan pouvez-vous dresser ?
J’ai été très bien accueilli par tous, les dirigeants et les joueurs, et ce n’est pas plus mal lorsqu’on arrive dans un nouveau club. Je me sens vraiment bien ici. Et c’est à moi de démontrer maintenant mes qualités sur le terrain.

Pour la reconstitution du trio nantais, il faudra patienter encore un peu…
Entre l’Intertoto et le Championnat, il y aura de nombreux matches et donc peut-être une nécessaire rotation de l’effectif. Chacun devrait donc avoir l’occasion de montrer ce dont il est capable. Mais c’est vrai que j’ai envie de jouer avec mes anciens partenaires, je pense que ça viendra très vite.

Pierre DUPERRON

 

logo_FF6 août 1999

Loko-Ouédec, les complices
TANDEM. A défaut d’avoir été réellement rodé au cours des matchs de préparation, essentiellement durant les matchs de l’Intertoto, en raison d’une politique compréhensible de roulement instaurée par Jean-Louis Gasset, le duo d’ex-Nantais s’annonce prometteur à l’image de ce qu’il a été à Lyon, lors de la première journée de championnat.

Mercredi soir, ils se sont juste croisés à la Mosson. Deux tapes dans les mains, un petit geste amical, et hop! Patrice Loko a remplacé Nicolas Ouédec aux environs de l’heure de jeu. C’était prévu, voulu, parfaitement compris des uns et des autres et ça rien à voir avec la politique du PSG d’un temps qui s’est davantage ingéniée à séparer qu’à réunir ces intelligences offensives. Au total, et c’est assez éloquent, les deux ex-Nantais n’ont joué qu’une seule mi-temps ensemble au cours de leurs six mois parisiens en commun : c’était contre Haïfa, à Tel-Aviv, lors du premier tour de Coupe des Coupes. Et comme il n’y en a pas eu d’autres !
A Montpellier, Jean-Louis Gasset, qui a fait du recrutement de Patrice Loko « sa » priorité de l’intersaison, n’est donc pas maso ou devenu fou mais prudent. Il ne veut pas griller avant l’heure l’attelage reconstitué, ni l’exposer exagérément au feu d’une Coupe Intertoto pour laquelle le club de l’Hérault s’est qualifié (NDLR: il affrontera Hambourg, les 10 et 24 août). Non, il voit plus loin et en a apporté la preuve, d’entrée, contre Lyon le week-end dernier, en les installant tous les deux, avec le succès que l’on sait, aux commandes offensives du Montpellier-Hérault.

« Avec Patrice, on se connaît par cœur »

Loko et Ouédec n’ont donc pas, jusqu’à présent éprouvé, ni même épuisé, leur complicité noir sur blanc. Était-ce nécessaire ? Pas franchement. « Ces deux gars se trouvent les yeux fermés « , constate Michel Mézy. « Patrice ? Je le connais par cœur« , confirme Nicolas. On ne passe pas dix ans ensemble, depuis 1985 pour Loko, depuis 1986 pour Ouédec, du centre de formation de la Jonelière jusqu’à 1995, année du titre du FCNA et du départ du premier nommé pour le PSG, connue ça, pour qu’il n’en reste rien. « Pour moi, il était évident qu’avec Patrice, on gagnerait du temps. Avec un autre joueur, on en aurait mis davantage pour acquérir les automatismes. Je l’attendais donc, c’était ma base, et Nico m’a cautionnée à 200 %« , explique Gasset. Pas plus compliqué que ça. De surcroît, nous nous retrouvons au cœur d’une histoire d’amitié dont le milieu du foot, factice d’ordinaire, est plutôt avare. « C’est vrai, admet Ouédec, Patrice est un ami et non une simple relation de travail. » De fait, parmi tous les Nantais dont on a raconté abusivement leur communion quasi-génétique, Ouédec a été l’un des rares à suivre de près les tracas qu’a traversés Loko à l’occasion de son transfert de Nantes à Paris. L’un des seuls à s’être déplacé dans la capitale, pour rien parfois, à s’être inquiété de la santé de son ex-coéquipier. En bref, il ne l’a pas laissé tomber. Le Breton possède en effet l’amitié tenace.
Le résultat est donc à la mesure du constat d’évidence que l’on doit dresser: l’intégration du nouvel arrivant à Montpellier s’en est trouvée grandement facilitée par leurs racines communes et par les six mois déjà passés ici par Ouédec, qui a su lui communiquer son bonheur d’être montpellierain. Une satisfaction guère démonstrative car ce n’est leur genre ni à l’un ni à l’autre mais à la mesure de leur complicité, solide, réelle, dépouillée de grands discours et mise entièrement au service du Montpellier-Hérault. Patrice Loko, pudiquement, évite le sujet trop psycho. « Oui je me sens bien ici « , commente-t-il sobrement en ne s’attardant guère sur les raisons de ce bien-être. Nicolas Ouédec, plus épanoui et dont le parcours initiatique a sans doute été peuplé d’un peu moins de démons, affiche un visage souriant, décontracté. Il revit dans ce sud de la France et ne cache pas qu’il n’a pas fallu cent sept ans pour Loko et lui même avant de se repositionner sur la même longueur d’onde. « On s’est tout de suite retrouvés« , dit-il. Sans doute parce que les deux hommes ne se sont jamais vraiment perdus de vue. Le temps et l’éloignement n’y ont rien fait. « Sur le terrain, on s’est retrouvés comme avant, avec le même feeling, les mêmes envies de se chercher. On n’a pas besoin de parler sur la pelouse, on le fait suffisamment quand on fait chambre commune lors des mises au vert ou en déplacement. On se connaît par cœur. » Des propos illustrés à Lyon lors du premier but de Loko sur un service signé Ouédec.

« Nicolas ? Il décroche un peu plus qu’avant »

Maintenant si l’érosion du temps n’a guère eu d’effet sur la philosophie de jeu des deux intéressés, en va-t-il de même de son application? Loko est resté ce joueur d’espaces, avaleur de profondeur, pourfendeur de défense grâce à son football de contre-pied,sa mobilité, son goût pour le jeu dans l’axe et son flair. En bref, il n’a guère changé. En revanche, si Ouédec a conservé cette élégance de geste et de déplacement, les chiffres prouvent qu’il n’est plus aussi efficace que par le passé quand il avait fini meilleur buteur du Championnat de D 1 en 1994 (20 buts), troisième en 1995 (18 buts); son penchant naturel pour le jeu et sa construction a peut-être pris le pas sur son ancienne carte de visite et explique ce déficit offensif. « Pourtant, j’aimerais bien le voir avancer un peu plus ses bases, car il devient, petit à petit, davantage passeur que finisseur, et c’est dommage tant son potentiel d’attaquant pur reste important « , regrette un peu Mézy. Il est clair que les qualités techniques de Nicolas, coup d’œil et contrôles orientés compris, le prédisposent à occuper un tel rôle, mais, c’est vrai, comme le croit Loko, « qu’il décroche un peu plus qu’avant; il a toujours su bien le faire, il a toujours aimé ça aussi, et, à Montpellier, il participe plus au jeu« . Entre ce qui est voulu et recherché par Jean-Louis Gasset et ce vers quoi Ouédec et l’entraineur montpellierain veulent tendre, il existe cependant une petite marge. « Si on veut que notre complicité soit payante, remarque Nicolas, il faut essayer de la traduire non pas à 40 mètres du but mais à 20 mètres. Comme on a su la produire à Lyon. Mais il faut savoir qu’aujourd’hui on me demande d’assurer la transition milieu-attaque; c’est à moi de ne pas en rajouter, de ne pas trop en faire comme face à Duisburg. J’ai tellement envie de créer… » Qu’il en oublierait non pas l’essentiel mais tout le sel de son attelage avec Loko.
Enfin, comme il n’a jamais été question de couper l’équipe en deux  » de faire un clan nantais d’un côté, un montpelliérain de l’autre« , prévient Gasset, il existe d’autres paramètres à prendre en compte comme le souligne l’entraîneur montpelliérain. « D’abord, je trouve que Nico est suffisamment présent devant le but, mais il doit encore davantage positionner cette technique le plus haut possible… et faire jouer; ce qui lui manque, c’est un but; il va venir, et comme c’est quelqu’un qui marche au moral… Ensuite, ce n’est pas seulement ce duo qui doit être efficace, mais un trio constitué avec Delaye. Entre eux, le mariage est facile, car Philippe pense le même foot qu’eux, mais il faut qu’ils s’adaptent, travaillent dans la surface et apprennent leurs déplacements communs.  » Quand tout cela sera au point, quand Raynald Pedros sera de retour (« en janvier prochain « , estime l’intéressé) après son opération de la cuisse mardi prochain, Michel Mézy pourra dire comme Didier Couécou, alors manager de Bordeaux dans les années 80 : « Nantais, continuez de bosser comme ça dans votre centre de formations vous travaillez pour nous ! « 

Patrick DESSAULT, à Montpellier

 

logo_lequipe20 août 1999

Lekipe200899Loko retrouve le soleil
Sur les bords de la Mosson, Patrice Loko s’est vite fondu dans le décor. Au point de faire l’unanimité sur sa personnalité. D’homme et de joueur.

Sur le site Internet du Montpellier-Hérault, la messagerie est saturée de mots gentils et d’hommages vibrants à son intention. Un de ses admirateurs les plus ardents lui a même dédié un poème via le « Net ». En quelques semaines, l’onde de sympathie pour Patrice Loko a très vite dépassé les frontières des habitudes, au sein d’un club où la passion reste souvent à fleur de peau.
Une reconnaissance populaire que ce repenti de la folie ordinaire accueille avec un sourire tout juste esquissé. « C’est la preuve qu’on peut péter les plombs, se soigner et garder une bonne image auprès des gens. »
De ses frasques passées, de ses égarements anciens, Patrice Loko n’a gardé aucune trace, aucun souvenir, si ce n’est une mauvaise réputation à laquelle les dirigeants montpelliérains n’ont pas voulu croire. « J’ai appris que certaines personnes du milieu du foot racontaient un peu partout que j’étais instable et perturbé. Beaucoup de clubs ont accordé foi à ces mensonges. Sauf deux d’entre eux, Montpellier et Bastia. Alors, c’est moi qui ai finalement choisi de venir ici, pour les copains, Ouédec et Pedros.« 

Deux buts en trois matches

Une trilogie nantaise pour l’instant incomplète puisque Pedros, opéré de la cuisse, est indisponible. Mais cette marque de fabrique, cette «culture du déplacement et du replacement», suffit déjà au bonheur simple de Jean­Louis Gasset, l’entraîneur.
« Associer Ouédec et Loko, c’était, pour moi, une priorité absolue« , reconnaît l’entraîneur montpélliérain, « Ces deux-là ont une complémentarité instinctive qui permet de donner de la profondeur au jeu et de s’engouffrer dans les espaces. Les deux clefs du football moderne. »
À vingt-neuf ans, après un passé riche et tumultueux (26 sélections en équipe de France, 75 buts en D 1), Loko a saisi sans hésiter cette perche que lui tendait une trajectoire « un peu atypique mais (qu’il a) acceptée car (il a) changé… « J’ai plus d’expérience et je ne me prends pas pour un autre. »
« Je suis toujours ambitieux et, j’ai envie de m’épanouir au sein d’une équipe où chacun est en train de trouver sa place, poursuit celui que Jean-Louis Gasset cite en exemple pour « son altruisme, son humilité et ses talents de finisseur« . Fort de cet équilibre retrouvé Loko a inscrit deux buts en trois matches de Championnat après en avoir marqué neuf lors de ses six mois passés, en douce, à Lorient. Ce Montpellier en tenue estivale, qui court deux lièvres à la fois (le Championnat et la Coupe Intertoto) règle même désormais son efficacité sur les humeurs prévisibles de cet attaquant qui se fait un devoir de «  toujours donner le meilleur de lui-même « .
Si Loko a été tout près d’ouvrir le score, il n’a pas marqué à Strasbourg et les Montpelliérains ont concédé, en Alsace, leur première défaite de la saison (0-2). « La rencontre face à Monaco est de ce fait un premier tournant » en déduit la nouvelle étoile de la Mosson. « Pour rester dans le haut du tableau et ne pas se laisser distancer car il faut donc s’imposer à domicile. »
Une rencontre que Loko se refuse pourtant à aborder comme la première étape d’une semaine de vérité. « Notre finale retour de Coupe Intertoto face à Hambourg, mardi soir, ne doit pas nous occuper l’esprit. Ce sera un tout autre contexte, une tout autre compétition. Nous y penserons le moment venu. » Comme il sera toujours temps de s’attarder sur les hasards du calendrier. Et de relever que, samedi prochain, Montpellier et Patrice Loko rendront visite à Nantes. Pour un autre retour aux sources. A la vie.

De notre correspondant à Montpellier Eric CHAMPEL

 

logo_psg.fr26 novembre 1999

Patrice Loko : « il nous faut les trois points »

Patrice, la dernière fois que vous avez joué contre le PSG, c’était sous les couleurs de Lorient, et vous aviez inscrit les deux buts de la victoire. Vous pensez que cela va se répéter ?
Je ne sais pas. Maintenant, si je marque c’est bien, mais si on gagne 1-0 et que je ne marque pas, ce n’est pas grave. Je serai content ainsi.

Retrouver le PSG, après avoir porté les couleurs du club pendant trois ans et demi, c’est toujours particulier…
Bien sûr, je connais une bonne partie de l’équipe et des gens du club. J’ai porté ce maillot, et je ne peux pas oublier les bons moments passés dans ce club.

Ce PSG, quatrième du championnat vous le connaissez un peu ?
Un peu. Il y a une ossature de joueurs qui est là depuis un moment, et qui fait la force de Paris comme Rabé, Algerino ou Lama. Et puis des joueurs avec un gros bagage technique (Robert, Benarbia) sont arrivés pour renforcer le groupe.

Justement, quel joueur sera à surveiller tout particulièrement ?
Le maître à jouer, c’est Benarbia. Il peut déclencher le mouvement à n’importe quel moment, à nous d’essayer de le contrer. Mais Montpellier est une bête noire pour le PSG, c’est déjà un avantage psychologique.

Revenons-en au championnat. C’est difficile pour Montpellier…
On a beaucoup de mal, et ce match sera difficile autant que de jouer Bordeaux ou Monaco. Il faudra que l’on soit plus vigilant. Mais comme il est important de revenir en championnat, on doit absolument prendre des points (il tranche). Il nous faudra les trois points.

Comment expliquez-vous que Montpellier soit lanterne rouge ?
Au début de saison, nous étions bien classé, donc tout allait bien. Puis, il y a eu la coupe d’Europe, et là, on a commencé à perdre des points en championnat.

Montpellier dernier pour le moment, l’an passé Lorient qui navigue entre les trois dernières places. Il y a plus enviable comme situation pour un attaquant…
Oui, mais à Montpellier, on a d’autres moyens qu’à Lorient. Tenez, contre le PSG nous allons avoir un groupe où figurera beaucoup de joueurs de qualité issus du centre de formation. (sourire) Ce qui n’est pas pour déplaire à un ancien nantais. Et surtout, lors de notre dernière match face à Metz (2-2), nous avons montré de bonnes choses, offensives et mentales. Égaliser alors que vous êtes menés 2-0 ça compte, et ça aide.

Laurent Robert a presque fait le chemin inverse au vôtre : il a quitté Montpellier pour le PSG. Vous en pensez quoi de Laurent Robert ?
Je le connais seulement un peu pour l’avoir rencontré pendant qu’il était suspendu avec Paris. Il est venu à Montpellier retrouver des amis, et nous avons fait connaissance. Sinon, c’est un bon joueur qui s’en sort bien.

Évoquer avec vous – comme avec Laurent Robert d’ailleurs – Montpellier sans évoquer le nom de Louis Nicollin, c’est impossible. Alors, il est comment ce président ?
Quand on le connaît un peu mieux, même si je viens d’arriver, on a le sentiment que le club repose sur lui. Quand ça va mal comme en ce moment, il le dit à sa façon et ça vient du fond du cœur. Et les joueurs se rendent compte de l’importance du club, pour la ville comme pour la région. C’est quelqu’un d’entier qui aime son club et ses joueurs.

Le mot de la fin…
Samedi, je serrerai la main aux parisiens avant et après le match.

 

logo_FF8 août 2000

(un an après un début de saison très prometteur, FF revient sur le cas des anciens nantais de Montpellier : Raynald Pedros, Nicolas Ouédec, Eric Decroix, Patrice Loko et de leur entraineur de l’époque, Jean-Louis Gasset. Tous les cinq vivent un début de saison en pointillé…- NDLR)

(…)
Patrice Loko (30 ans).
C’est sans doute lui qui s’en est le mieux tiré, celui qui a le mieux digéré le départ du cocon nantais, entre deux bonnes premières saisons au PSG (23 buts avant une année blanche dans la capitale), puis une demi saison consistante à Lorient (9 buts) il y a deux ans. D’ailleurs, hors du contexte, son expérience montpelliéraine a été relativement correcte: 8 buts et 2 passes décisives en 28 rencontres. « J’ai pas mal marqué aussi en Intertoto. Dans une équipe dernière du classement, mon bilan n’est pas trop mauvais. Cela dit, d’un point de vue collectif, j’avais d’autres ambitions en venant ici. » Il était arrivé dans le sillage des copains, « pour effectuer un parcours dans la continuité de son passage à Lorient« . Surtout, il voyait très haut pour la « canari connection ». La désillusion n’en est que plus grande, même si Loko trouve quelques excuses à cet échec, constatant qu’il n’a « jamais été possible de nous aligner en même temps« . « A présent, on dit que les Nantais ne sont pas exportables. Mais il n’y a qu’à regarder Desailly, Deschamps ou Karembeu ! « . Ou même Loko, seul titulaire régulier des quatre compères, à Montpellier et ailleurs. S’il a été privé de la fin du Championnat, ce n’est que parce que le club préparait déjà la prochaine saison et qu’il craignait la blessure.

Car Patrice peut espérer rebondir. Ailleurs. Sans bruit, les demandes sont tombées régulièrement sur le fax du Montpellier-Hérault, souvent envoyés par des équipes de D1 plutôt modestes, en quête de la bonne affaire. Un Loko pas cher, bien relancé, ça peut prendre des allures de bingo. Alors, Bastia, Lille, Metz ou Toulouse se sont mis sur les rangs. L’intéressé confirme, mais le Championnat a redémarré et il ne porte le maillot d’aucun de ces clubs. « Il me reste un an de contrat et Montpellier veut gagner un peu d’argent, c’est normal. Je n’ai pas toutes les cartes en main, alors je patiente.« . Également en contact avec le club anglais de Charlton, promu en D 1, Patrice Loko étudie toutes les pistes, françaises comme étrangères.  » Je n’ai pas de priorité. Ce n’est donc pas le salaire qui bloque.« 

L’ancien meilleur buteur de la D 1 (22 buts en 1994-95, l’année du titre avec Nantes) aurait préféré avoir quinze jours de préparation avec son nouveau club. Il en est quitte pour prendre son mal en patience. « Mais je trouve le temps long. J’ai une famille. On aimerait bien se poser quelque part. Maintenant, j’espère que cela va se faire rapidement.  » (…)

correspondance : Pierre DUPERRON


 

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