ARTICLES DE PRESSE – APRÈS CARRIÈRE


logos-radio-france06/10/2004 – 07:20

Retraite: Loko comme Martins

Après Corentin Martins la semaine dernière, un autre ancien international a choisi de tirer sa révérence. A 34 ans, Patrice Loko, l’ancien attaquant formé à Nantes, passé par le PSG, Lorient, Montpellier, Lyon, Troyes et Ajaccio, libre depuis l’intersaison, a décidé de se retirer de la carrière. Champion de France en 1995 sous le maillot canari, vainqueur de feu la Coupe des Coupes en 1996 et de la Coupe de la Ligue en 1998 avec le Paris SG, Loko aura porté le maillot tricolore à 26 reprises pour un bilan de 7 buts inscrits de 1993 à 1997.


 logo_lequipe06/10/2004

Lekipe061004Patrice Loko annonce sa retraite à 34 ans
Loko arrête sa carrière

Patrice Loko a confié à L’Équipe qu’il arrêtait sa carrière, n’ayant pu signer de contrat avec un club professionnel au début de la saison en cours. Âgé de 34 ans, il a débuté à Nantes, avec qui il fut champion en 1995, et l’a terminée à Ajaccio, au printemps dernier, toujours dans ce rôle d’attaquant de pointe remuant et opportuniste.

« J’ai eu de nombreuses touches, venus de National, de L2 et aussi de l’étranger, mais on m’a demandé d’attendre, on m’a dit qu’on allait me rappeler, déclare-t-il dans la quotidien, mercredi. J’avais dit à mon agent que si je n’avais rien avant le 30 septembre, je prendrais une décision. »

Depuis le début de la saison, il s’entraînait avec Vannes pour conserver une bonne forme physique. Il l’estime aujourd’hui parfaite, mais il faudrait plus pour lui donner des regrets. « Je suis complètement détendu, j’ai eu une belle carrière, elle a duré un peu plus de quatorze ans (…) J’ai rencontré des gens fabuleux. »

Le seul regret du joueur, passé par le PSG, Lorient, Montpellier, Lyon, Troyes et donc Ajaccio, est de n’avoir pas fréquenté la sélection plus longtemps. Loko compte 26 sélections en équipe de France, pour 7 buts inscrits entre 1993 et 1997. Il attribue à sa dépression de l’été 1995, marqué par un incident sur la voie publique à Paris, cette histoire inachevée. « Ça a sans doute freiné ma carrière » relève-t-il.


Logo_FootMercato27 février 2010

Entretien avec… Patrice Loko :
« La Coupe d’Europe 1996 avec le PSG, un souvenir très fort »
par Alexis Pereira

Son sens du but a régalé entre autres les supporters de Nantes, du Paris SG, mais aussi de l’équipe de France. Aujourd’hui reconverti dans l’évènementiel sportif, Patrice Loko reste un observateur avisé et éclairé du monde du football. Pour FootMercato, l’ancien international est revenu sur sa nouvelle vie, sur l’actualité des Bleus et sur sa très riche carrière. Entretien.

Patrice sous le maillot du CIF

Patrice avec le CIF – 2009

FootMercato : Tout d’abord, comment allez-vous ?
Patrice Loko :
Ça va bien. Depuis la fin de ma carrière, j’ai créé une société d’évènements avec mon frère William, j’organise des soirées autour de matches de football ou de rugby. Ça s’appelle Loko Sports Évènements (pour plus d’informations : www.lokosportevenements.com).

FM : Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
PL :
Ça s’adresse aux chefs d’entreprise qui cherchent à inviter leurs collaborateurs ou leurs meilleurs clients à passer une soirée football ou rugby en notre compagnie. Je suis toujours présent et j’essaie au maximum d’inviter d’autres anciens joueurs. C’est toujours sympa. On fait du foot, du rugby, on organise aussi des soirées quads. On a de la demande, ça fait deux ans et demi qu’on a commencé, ça se passe bien. On achète un quota de places aux clubs. On y apporte un plus avec un apéritif avant ou après la rencontre et la présence de joueurs pour monter une soirée sympathique autour des évènements sportifs.

FM : Votre domaine d’activité tourne toujours autour du sport et du foot donc. N’est-ce pas trop dur de passer d’une carrière de sportif de haut niveau à celle de chef d’entreprise ?
PL :
Non, non, ça me prend pas mal de temps, mais à côté, on fait pas mal de matchs avec les anciens de l’équipe de France, les anciens Nantais. Je fais pas mal de sport encore à côté. Quand on est sollicité à gauche, à droite, ce n’est pas évident. Mon temps est toujours compté. Mais je m’y fais bien à cette nouvelle vie !

FM : Vous avez brillamment passé vos diplômes d’entraîneur, sans avoir pour autant pris un poste. Est-ce un projet futur ?
PL :
Dans l’immédiat, je n’ai pas envie de prendre d’équipe. Mais on ne sait jamais, le jour où j’aurai une opportunité, peut-être que cela me prendra. Ce n’est pas ce que j’ai envie de faire aujourd’hui. Je voudrai plutôt être directeur sportif ou directeur administratif. Mais je n’ai pas encore eu d’offres.

FM : En tant qu’entraîneur diplômé, vous avez forcément été marqué par le travail de votre ancien coach à Nantes Jean-Claude Suaudeau.
PL :
C’est vrai que Coco Suaudeau est un super entraîneur qui nous a fait découvrir des choses au niveau du football, de la joie de jouer, des déplacements et de l’envie. Ce sont des valeurs importantes qu’on ne retrouve plus malheureusement aujourd’hui au FC Nantes. J’aspire à voir de meilleures choses, mais ce n’est pas le cas actuellement.

FM : Quel est votre sentiment sur la situation actuelle des Canaris ?
PL :
Le club végète en Ligue 2, change d’entraîneur tous les deux mois. La situation n’est pas stable et cela ne doit pas être évident pour les joueurs. J’espère que le club va remonter très rapidement et surtout au moins se maintenir en L2 cette année. Je vais régulièrement à La Beaujoire et malheureusement je ne vois pas du beau football et ça m’inquiète. Ils ont largement le potentiel pour se maintenir, même mieux. A priori, le maintien sera quand même ce qu’ils pourront faire de mieux cette année.


Son regard sur l’actualité du football français

FM : Avez-vous été contacté par la direction actuelle ?
PL :
Non.

FM : Si on vous demandait votre aide, vous accepteriez ?
PL :
Bien sûr, si je pouvais les aider, ça m’intéresserait, mais ça n’est pas le cas aujourd’hui.

FM : En tant qu’ancien international, pouvez-vous nous donner vos impressions sur la dernière liste de Raymond Domenech pour France – Espagne ?
PL :
Les deux nouveaux Mickaël Ciani et Benoît Cheyrou sont des joueurs que j’apprécie, car ils montrent de belles choses dans notre championnat. Je pense que c’est bien de voir de nouvelles têtes dans le groupe. Cela permet de jauger les forces en présence et d’amener du sang neuf pour pallier les blessures.

FM : Pensez-vous qu’ils ont des chances d’aller au Mondial ?
PL :
C’est vrai qu’il y a beaucoup de blessures, mais maintenant on ne sait jamais ce qui peut se passer. Ce sont deux joueurs intéressants et qui peuvent faire quelque chose avec l’équipe de France. Ils ont le niveau.

FM : Comment évaluez-vous les chances des Bleus au Mondial ?
PL :
On ne peut jamais être confiant lorsque l’on débute une compétition comme celle-là au vu des autres grosses équipes. J’espère bien sûr que l’équipe de France passera le premier tour et ira encore plus loin. Mais déjà, il faut se concentrer sur le premier tour.

FM : Ce dimanche, il y a le Clasico Paris SG-Olympique de Marseille. Quel est votre pronostic ?
PL :
Je n’y serai pas. Je participe au jubilé de Luis Fernandez à Cannes. Sinon, j’aurai été au Parc des Princes avec plaisir pour supporter mon équipe. J’y ai joué longtemps aussi à Paris. C’est un club que je suis beaucoup. Malheureusement, en ce moment l’équipe d’Antoine Kombouaré est un petit peu en difficulté. Mais sur un gros match comme ça, ils vont être présents.


Le PSG, un souvenir extraordinaire

FM : Votre expérience au PSG reste-t-elle un bon souvenir ?
PL :
Oui, c’est un super souvenir. J’ai gagné la Coupe d’Europe avec le Paris Saint-Germain avec Luis Fernandez, Paul Le Guen, Vincent Guérin… Ce sont des souvenirs très forts pour moi.

FM : Vous êtes arrivé à l’Olympique Lyonnais au moment où le club a commencé sa domination sur le football français. L’aviez-vous pressenti ?
PL :
Oui, je l’ai ressenti tout de suite. Je venais du Paris SG, qui avait un fonctionnement européen. Et, quand je suis arrivé à Lyon, les infrastructures étaient là, le président était impliqué, les gens autour de lui aussi. Ils ont su élever le niveau année après année. Quand j’y étais, on a gagné la Coupe de la Ligue. Et ensuite, ils ont enchaîné les titres de champion. Ça montre vraiment que le club existe pour le haut niveau.

FM : Pensez-vous que les hommes de Claude Puel peuvent se qualifier face au Real Madrid après le très bon résultat à Gerland ?
PL :
Par rapport au match aller, c’est vrai que moi j’ai vu un très bon match. Pourquoi pas faire un exploit ? Bien sûr le Real Madrid est une grosse équipe qui tourne bien, mais pourquoi pas. En tout cas, je leur souhaite, car avec mon frère on pourra ensuite organiser une soirée pour les quarts de finale et pour suivre leur aventure dans les prochains tours.

FM : Vous avez toujours évolué en France. N’auriez-vous pas aimé jouer à l’étranger durant votre carrière ?
PL :
J’aurai aimé jouer à l’étranger notamment en Angleterre. C’est un championnat qui m’aurait attiré. J’ai eu la possibilité d’y aller lorsque j’étais à Montpellier, mais ça ne s’est pas fait pour des problèmes financiers. Je ne regrette pas, j’ai fait une belle carrière, mais c’est quelque chose qui me manque par rapport à mon palmarès.

FM : Pour terminer, quels sont les deux meilleurs souvenirs de votre carrière de footballeur ?
PL :
J’en ai deux : la Coupe d’Europe en 1996 avec le Paris SG et le titre de champion de France en 1995 avec le FC Nantes. Ce sont vraiment mes deux meilleurs souvenirs de joueur.

Alexis Pereira


logo90-1502 juin 2012

 Les Rétros du Coeur : Patrice Loko

Hello toi jeune amateur de football  qui est né dans les années 90 et qui ne jure que par Messi ou Ronaldo pour te frayer un chemin dans l’analyse sportive. Toi qui as survécu au minitel de tes parents pour loler fièrement avec tes camarades sur la dernière WAG qui habite ton fond d’écran. « PTDR, t cramé kikoo lol ».
Maintenant que je t’ai séduit par mon accroche virevoltante qui use d’un langage pareil à celui des d’jeuns qui composent ton entourage, je t’invite à  revisiter les anciennes gloires du football. Prend-les comme une séance de rattrapage à ces cours d’histoire que tu sèches habituellement au nez et à la barbe de ton professeur qui n’a plus foi en tes piètres performances scolaires. Si nous ne pourrons jamais remplacer ceux qui ont fait ton éducation, nous t’accompagnerons dans ton déclin. En contrepartie, on  t’offre une culture foot, une arme qui n’a pas d’égale pour séduire les Cougar que tu n’as jusque-là côtoyé que d’une seule main devant ton clavier azerty.

Patrice, symbole du jeu à la nantaise

Tu l’auras compris, tu auras désormais davantage d’intérêt à nous lire pour franchir un palier plutôt que d’écouter tes parents. Ou sont tes géniteurs lorsqu’il s’agit de te forger une connaissance qui ferait frémir plus d’une quadragénaire aux abords d’une buvette ? Non, tu n’es plus orphelin, donne la main et ne tend plus la patte, tu n’es point de la race des canidés.
On commence par une légende des années 90, période pendant laquelle tes tuteurs essuyaient encore tes éclaboussures dans la salle d’eau. Patrice Loko, ça te parle ? Poursuis la lecture malheureux au lieu de t’essayer à une recherche google image qui te conduira inévitablement à une ancienne star du Zouk.
Dreadlocks et sourire affuté, « Patrice ça glisse » n’est pas un titre de Francky Vincent. Non Patrice est une ancienne étoile du football français, championnat que tu boycottes très certainement aujourd’hui au profit d’un nouvel épisode de « The Voice » ou d’un clasico aux saveurs méditerranée-haine. On te comprend, le peu de spectacle affiché nous a également fait parfois changer de chaine pour « le plus grand cabaret du monde ».
Mais qui est Loko te demandes-tu peut-être derrière tes yeux rieurs ? Un homme qui a connu 4 championnats français ! Ça t’en bouche un coin ? Division 1, Division 2, Ligue 1 et Ligue 2, que celui qui est capable d’une telle prouesse lève le doigt… pas le majeur s’il vous plait.
Patrice a marqué les esprits à Nantes avec une saison mémorable 94-95 où il marquera son empreinte  d’un titre de Champion de France et de meilleur buteur (22 réalisations). Je te sens moquer ces quelques congratulations que tu juges quantitativement avec un certain mépris délibéré. Et les quelques poils qui poussent sur le cuir de ton menton ne font qu’enorgueillir ton point de vue… mais ils ne pourront rien changer à l’histoire jeune insolent. Sache-le et débarrasse toi des quelques crottes qui irritent ta narine en même temps que ta pensée.
Poursuivons… Loko c’est surtout le symbole et l’incarnation parfaite du « jeu à la nantaise » soit le plus beau jeu qu’on ait eu la chance de connaitre en Ligue 1 jusqu’aux heures où je te parle avec cette nostalgie larmoyante qui ternit mon sourire.

Je t’en prie, ne pleure pas devant cette vidéo.

Un collectif hors-norme marqué par la magie d’un Reynald Pedros  majestueux (autre légende) ou d’un Nicolas Ouedec étincelant. Ces noms ne t’évoquent sans doute rien et par ton ignorance tu participes involontairement à la destruction de la mémoire nantaise mais peu importe, nous sommes cléments et te pardonnons moyennant un chèque de 500€ à l’ordre de 90minutes.

En route vers le PSG

Reprends-toi, ce n’est pas le moment de faiblir, il est temps de parler de la suite savoureuse. Patrice marqua un but légendaire contre le PSG que tu peux retrouver facilement sur ce lien quand nous devions user de nos magnétoscopes show-view pour les contempler. Tu as cette chance de ne pas avoir connu la fracture numérique, saisis-là ! Like, share et tweet donc  sans attendre vers l’infini et au-delà.
Ce goal magnifique mais pas que, va taper dans l’œil du grand Paris d’antan… avant que les amerloques de Colony Capital investissent de leur avarice dans la gestion du club… et avant que les chameliers ne débarquent en Range Rover le coffre rempli de butagaz. Loko va alors rejoindre la capitale pour le plus grand plaisir des boulogne-boys partagés entre saluts tendancieux et satisfécits du résultat.
Malheureusement pour Pat, l’ex-nantais va alors tomber dans une triste dépression qui le conduira à quelques écarts. On se souvient tous de cette soirée arrosée, où à la sortie d’une boite de nuit, Pat exposa son pénis à un agent des forces de l’ordre. Un contrôle de routine qui dérape ou une braguette mal fermée ? La sortie du serpent interroge… mais un peu de pudeur idolâtre de la presse people, on ne s’attardera pas sur cet épisode douloureux et ses détails. Non, on préfère parler du mental d’acier d’une  légende dont dispose Patrice et qui va lui permettre de rebondir pour mieux briller au Parc des Princes.
Année 96 de toute beauté, Pat remporte la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe (C2) petite sœur de la Ligue des Champions (C1) et décédée en 1999 (à voir ICI) puis la Super Coupe d’Europe. Pour couronner le tout, Patou termine meilleur buteur avec 16 réalisations ce qui lui vaut les faveurs d’Aimé Jacquet pour disputer l’Euro 96 sous le maillot bleu  et avec lequel il termine demi-finaliste. Une doublure de luxe de Christophe Dugarry, futur champion du monde 98, dont tu n’as connu de ton vivant que la calvitie éclatante au micro de Canal +.

La saison suivante (97) Patrice est tout prêt de remporter sa seconde finale de C2 face au FC Barcelone de Ronaldo – le brésilien, le vrai, pas le portugais aux milles abdos, jeune égaré – mais le rasta manque l’égalisation en trouvant le poteau. La suite est moins glorieuse donc on taira volontairement la fin de sa carrière qui n’efface en rien son prestigieux parcours. Halte au mépris et à la critique facile, nous t’avons à l’œil.
Retiens juste que Patrice était un grand parmi les grands et qu’il nous a fait vibrer à une époque où c’était le 1er samedi du mois à chaque journée de championnat. Alors respecte Patrice, clique sur j’aime et surtout empresse-toi de trouver la vignette panini à son effigie qui manque à ton album.


Hatem AKA Marc-Landers


logo_planetePSG – 29 décembre 2012

En direct, Charles Bietry s’interroge. « Arf, le plus beau but de la saison, je ne sais pas encore. » Et effectivement, le fameux Top Buts de Téléfoot ne le classera pas comme tel au printemps suivant, peut-être parce qu’inscrit trop tôt. Le chef-d’œuvre signé par Loko contre le PSG le 19 août 1994 n’est pourtant rien de moins que la preuve de la supériorité du jeu à la nantaise de l’époque Coco Suaudeau sur celui du Barça actuel. Pas crédible ? Serge Le Dizet : « Pourquoi faire dix passes quand on peut arriver au but en deux ? » Suffisant pour finir à la 4e place de notre classement.

Patrice Loko : Nantes-PSG (Division 1, 19 août 1994)

Patrice Loko le canari

Si les meilleurs films et les meilleurs albums sont ceux que l’on peut se repasser à l’infini tout en y découvrant toujours de nouveaux détails, alors il n’y a aucune raison valable pour qu’il n’en soit pas de même pour les meilleurs buts. Un peu plus de dix-huit ans après cette soirée d’été sur les bords de l’Erdre, même les moins de vingt ans se souviennent de celui inscrit par Patrice Loko contre le Paris Saint-Germain lors de la cinquième journée de Division 1 94/95. Si l’on se balade à Nantes et que l’on interroge un peu les nostalgiques de cette époque bénie, on finira même par croire que la Beaujoire accueillait ce jour-là une ou deux centaines de milliers de personnes, puisque tous y étaient. Pourtant, il faut avoir regardé inlassablement l’action sur toutes les VHS, sur toutes les plateformes de vidéos en ligne, dans toutes les versions possibles et imaginables pour commencer à en effleurer les subtilités.

Contrairement à ce que raconte Pascal Praud dans le résumé tiré de la rétrospective du titre nantais, ce 19 août 1994 n’était pas une chaude journée ensoleillée. Il avait même plu pas mal dans l’après-midi. Et sur son banc, image devenue vintage sans que l’on s’en rende compte, Luis Fernandez grillait clope sur clope. Mais le plus beau, c’est peut-être ce type, au milieu de la tribune latérale faisant face aux caméras de Canal +, qui, une ou deux secondes avant la reprise de volée décisive, bondit tout seul de son strapontin et lève les bras dans le ciel. Peut-être était-ce du bluff. Peut-être aussi savait-il qu’il était en train de voir un but mythique concluant une action légendaire. Une action qu’on n’a presque plus envie de décrire puisque tout le monde s’en souvient. Tout le monde ? Non, Patrick Colleter, pourtant latéral gauche du PSG pour ce match, préfère ne plus trop y penser. « Ça part d’une touche, non ? C’était quelle année déjà ? Ah, c’est pas l’année où on est champions alors ? C’est eux qui sont champions cette année-là, vous me dîtes ? » Rafraichissons-lui donc la mémoire, puisqu’il le faut.

« C’était tout sauf le hasard »

Au départ, il y a un corner obtenu par Ginola sur son aile gauche, puis tiré par Valdo. Et 20 secondes plus tard, très précisément, le ballon est dans les filets de Bernard Lama. Entre les deux, David Marraud a dégagé des poings pour Christian Karembeu. « Christian fait un dégagement un peu à la desperado, se marre Serge Le Dizet aujourd’hui. Reynald Pedros est venu à droite et il obtient une touche. Je suis latéral droit sur ce match, donc c’est moi qui devrais la faire, sauf qu’on n’a pas pu remonter aussi vite que le ballon, donc c’est Benoît Cauet qui s’en charge. » La suite, c’est le buteur qui va la raconter. « Là, je contrôle de la poitrine et j’ai très bien vu que Reynald est derrière moi, alors je lui fais la passe en retourné, égrène Patrice Loko. Lui, pareil, il sait que je vais lui demander, mais il faut quand même qu’il me mette la balle exactement au bon endroit et au bon moment. C’est ce qu’il fait. On pourrait se dire que je vais contrôler, mais le ballon est juste là où il faut, alors avant qu’il ne touche le sol, je le reprends de volée et il va se figer dans la lucarne de Bernard Lama. » La lucarne est la seule petite exagération, à part ça tout y est. Un bijou.

Un bijou dont Loko n’a pas immédiatement été capable d’apprécier la valeur. « Sur le moment, je ne m’en suis pas trop rendu compte, j’étais surtout content d’ouvrir le score. C’est quand on est rentré au vestiaire à la fin du match, tout le monde était content de ma prestation et du but que j’avais marqué. En le revoyant en image, je me suis effectivement rendu compte qu’il était très joli. » Une réaction dont l’explication est assez simple : au sein de l’équipe, personne n’est surpris d’un tel enchaînement. « Pour beaucoup de gens, ça ressemblait peut-être à un coup de bol. Mais pour ceux qui s’entraînaient avec Jean-Claude Suaudeau au quotidien, c’était tout sauf le hasard », assure Le Dizet. C’est un autre détail qu’on ne remarque qu’après avoir visionné l’action un bon million de fois. Ce ballon qui ne veut plus retomber, ces passes aveugles, Pedros qui semble lui aussi rester en l’air en attendant le bon tempo pour la remettre. Si vous regardez bien, vous distinguerez les ficelles tirées par Coco Suaudeau depuis son petit nuage. Avec sa dégaine de Gepetto, le maestro avait clairement réussi à transformer le pantin en vrai petit garçon. « C’était un artiste devant une toile », confirme Le Dizet.

Jeu à la Mozart

Un artiste qui mélangeait ses couleurs à la Jonelière, le centre d’entraînement des Canaris, et plus particulièrement dans un petit laboratoire installé en contrebas et que l’on appelle « la fosse ». « C’est un tout petit terrain de 20 mètres environ, de la longueur d’une surface de réparation, où on jouait beaucoup à une touche de balle, et beaucoup en l’air, explique Loko. On faisait des jeux où il ne fallait jamais que le ballon touche terre. Un peu comme un tennis ballon mais sans rebond, de la tête, du pied. On faisait ça régulièrement, donc on s’en servait souvent en match, dans ce genre de positions. Ce jour-là, ça a plutôt bien marché. » Au-delà de « bien marcher », ce but est surtout un résumé express de ce qu’était le jeu à la nantaise cette saison-ci. Un jeu à une touche de balle, certes, mais pas seulement. Les mots-clés : vitesse, création d’espace, anticipation. Alors que l’on compare souvent le style nantais du moment à celui actuel du Barça, cette action prouve le contraire.

Il n’était en effet pas question de possession de balle à 80% ni de passe à dix interminable au milieu de terrain, dans ces mid-90’s glorieuses. Une fois le ballon récupéré, le défi consistait à le remonter le plus vite possible, en profitant des quelques secondes lors desquelles l’adversaire n’était pas encore replacé pour exploiter la rapidité de Karembeu, N’Doram, Pedros et consorts. Et surtout, il fallait être capable de jouer avec un bandeau sur les yeux, à la Mozart. « Suaudeau nous disait toujours : « On ne vient pas à l’entraînement pour taper dans un ballon, on vient pour mieux connaître ses partenaires », cite Serge Le Dizet, actuel coach-adjoint du SCO d’Angers. Tout était basé là-dessus. On savait que Loko, quand il partait à droite, c’est parce qu’il voulait le ballon à gauche. C’était travaillé à l’entraînement. L’idée était d’avoir toujours un temps d’avance dans la réflexion pour avoir un temps d’avance dans la réalisation. » Ce vendredi 19 août 1994, vers 20h20, Nantes était arrivé dans un autre espace-temps.


logo_cahiersdufootball19 août 2013
Un jour, un but – Le 19 août 1994, il y a dix-neuf ans jour pour jour, les joueurs du FC Nantes inventent un but de comédie musicale tout en couleur et en légèreté.

La trajectoire est légère comme un soir d’été. Touche pour les Jaunes que joue rapidement Cauet. Il donne à Loko, qui contrôle de la poitrine et l’envoie vers Pedros d’un retourné. Cela se passe sur l’aile droite, au coin de la surface de réparation. Le ballon déjà ne touche plus le sol. Reynald Pedros s’envole – au sens propre – et caresse la balle de l’intérieur de son pied gauche. Dans l’arrière-garde parisienne, les deux-trois défenseurs de faction voient le ballon voler au-dessus de leurs têtes et courent dans tous les sens.

La rugissement de la Beaujoire

La balle parvient jusqu’à Patrice Loko, lancé seul dans de la surface. L’attaquant nantais n’a plus qu’à contrôler, dribbler le gardien et ouvrir le score. Mais ce serait trop simple, un peu trop cartésien pour parachever un tel moment de magie. L’instant commande de tenter autre chose: par exemple reprendre ce ballon de plein fouet, histoire d’inscrire un but encore plus beau. Au risque, peut-être, de tout gâcher, d’envoyer le ballon dans les nuages. Mais Loko sait qu’il ne risque rien. Le ballon est entré dans un tel enchaînement qu’il ne peut finir ailleurs qu’au fond des filets.

Alors Loko frappe la balle, comme elle vient, de l’extérieur du pied droit. La trajectoire sublime, partie de cette touche de Cauet, illuminée par le pied gauche de Pedros et parachevée par l’extérieur de Loko, se termine dans la lucarne parisienne. « C’est fa-bu-leux », s’exclame le commentateur TV. Le stade de la Beaujoire rugit de plaisir tandis que les joueurs nantais se congratulent. Bernard Lama, le gardien parisien, n’a plus qu’à aller chercher au fond de sa cage un ballon enfin rendu aux lois de l’attraction terrestre. C’était au cœur du mois d’août 1994. Le vendredi 19, une belle soirée d’été, rafraîchie par une averse dans l’après-midi. Nantes-PSG, cinquième journée du championnat de France. Score final : 1-0, but de Loko à la 18e minute.

« Un but venu d’ailleurs » titrera L’Équipe le lendemain. Venu d’ailleurs, vraiment ? Certes, le coté aérien de l’action n’est pas courant sur les bords de l’Erdre. Mais cela reste un but profondément nantais en ce qu’il associe vitesse d’exécution et inspiration collective. Avant les arabesques de Pedros et Loko, il faut rembobiner l’action jusqu’au ballon que le défenseur parisien Francis Llacer met en touche. Où l’on voit Benoit Cauet se précipiter, attraper le ballon en plein vol et l’envoyer vers Loko. On voit aussi le bras de Pedros qui indique la marche à suivre à Cauet.

Certifié « à la nantaise »

Il y a quelque chose de minutieusement préparé dans cette action. Quelques principes que les joueurs respectent à la lettre, et qu’ils magnifient avec l’inspiration du moment. C’est dans ce sens que l’action peut être certifiée du label « Jeu à la nantaise ». L’expression est encore très pertinente à l’époque. Le FC Nantes, toujours à sec financièrement, retrouve les sommets du foot français avec des joueurs de son cru, qu’il a modelé lui-même en leur inculquant l’intelligence collective et la science du déplacement. Ces joueurs sont lancés ensemble dans le grand bain en 1992, quand l’équipe doit compenser le départ de ses gros salaires. Trois ans plus tard, ils s’imposent avec un brin d’insolence sur tous les terrains du championnat de France et alignent une impressionnante série de trente-trois rencontres sans en perdre une seule.

Jean-Claude Suaudeau est le maître d’œuvre de ce FC Nantes fin de siècle. Le coach nantais a pérennisé les conceptions de José Arribas, le mythique entraîneur des années soixante. Coco, c’est son surnom, avait touché une forme de plénitude en 1983 lorsqu’il conduisit le FCN des Bossis, Touré et Halilhodži? au titre de champion. Une décennie plus tard, il a su adapter ses principes au caractère explosif de la nouvelle génération, celle de Pedros, Loko, Karembeu et Ouédec. Il sacrifie la possession du ballon, chère aux champions de 1983, pour pratiquer plus volontiers la contre-attaque. Lorsque le PSG perd le ballon sur un corner, il est immédiatement envoyé loin devant par Christian Karembeu. Cela ressemble à n’importe quoi, mais le dégagement du défenseur nantais trouve Reynald Pedros en position idéale. Francis Llacer parviendra à interrompre l’attaque en mettant en touche. Une touche que jouera rapidement Cauet…

Le ballet de Loko et Pedros, la touche rapide de Cauet, le dégagement de Karembeu, c’est l’expression du football de Suaudeau: un jeu faussement naïf, des couleurs chatoyantes, un ballon qui chante au milieu d’une chorégraphie joyeuse et légère. Jean-Claude Suaudeau, dit Coco de Nantes, c’est un peu Jacques Demy, un autre illustre nantais dont le jeu suscita autant d’enchantements que de critiques.

Ce 14 août 1994, où Loko marqua son but lumineux face au PSG, Jean-Claude Suaudeau s’est levé de son banc et a plongé dans les bras ouverts de son adjoint. Rarement l’a-t-on vu manifester autant de joie.


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30 juillet 2013 – N°3512

articleFFQUE DEVIENS-TU ?
PATRICE LOKO, VOYAGES EN BALLON
Au sein de son entreprise ou de la Ligue Atlantique, l’ancien Nantais rythme toujours sa vie autour du football.

ENTRE PATRICE LOKO et le ballon rond, l’histoire d’amour ne s’est pas arrêtée au soir du 23 mai 2004. Sur le terrain de son dernier club, l’AC Ajaccio, il a dû dire stop à une riche carrière de plus de 400 matches en professionnel, débutée à Nantes en 1988 alors qu’il était  tout juste majeur. Mais l’ancien international (26 sélections, 7 buts) n’a pas hésité longtemps pour décider de son avenir hors des terrains. « J’ai terminé en Corse et, juste derrière, j’ai passé mon diplôme d’entraîneur », se souvient celui qui habite aujourd’hui à Vannes. Le sésame en poche, il ne va pourtant pas s’en servir tout de suite.

PAR ICI LA VISITE… En 2008, il a créé une société d’événements sportifs, la Loko Sport Événements, avec son frère,William, également ancien footeux passé par Niort, Wasquehal ou Caen. Le principe : accompagner des dirigeants d’entreprises dans les stades de l’Hexagone ou d’Europe pour vivre un peu plus qu’un match. « Le but est d’apporter un plus à une rencontre de foot. Les entreprises s’y intéressent, mais n’en connaissent pas forcément tous les rouages, décrit Loko. Elles invitent leurs meilleurs clients et je les éclaire car ils ont beaucoup de questions à poser sur le métier, sur les détails de la vie d’un footballeur, comment les entraîneurs vivent un match, ce qu’il se passe dans les vestiaires ou à l’hôtel avant un match. Je crois que ça plaît beaucoup ». Des entreprises parisiennes, bretonnes, du Sud-Ouest sont friandes de ce genre de service. Dernièrement, l’ex-Nantais leur a fait vivre le quart de Ligue des champions au Camp Nou entre Ie Barça et le PSG. Sa carrière lui sert évidemment dans cette mission. «  Les gens vous reconnaissent et j’arrive toujours à avoir une anecdote à leur raconter ». Ainsi, Patrice Loko a parcouru toute la France, mais aussi de grandes places européennes (Chelsea, Arsenal, Madrid…). Si, un jour, vous sollicitez les services des deux frères, ils peuvent s’occuper de tout : de l’hôtellerie à la restauration et du billet d’avion à la place dans le stade. « Du coup, le prix du package peut vite varier », précise le natif du Loiret. La carrière de l’ancien attaquant l’a souvent aidé auprès de ses clients : « Aujourd’hui, c’est mon frère qui s’en occupe à Niort. J’interviens de temps en temps pour faire des relations publiques, mais j’y contribue beaucoup moins maintenant. Mes nouvelles fonctions me prennent beaucoup plus de temps ».

DETECTION ET FORMATION. Mais pour autant, son appétit pour le bord du terrain a vite repris le dessus. La nouvelle semaine type de Patrice Loko est basée sur la détection et la formation. Il y a six mois, il intègre la Ligue Atlantique de football à la recherche de futurs talents. « Dernièrement, j’ai été en stage pour faire la sélection des joueurs qui vont intégrer le pôle espoir. On est sur les terrains, on regarde les jeunes qui peuvent intéresser la Ligue. J’essaie de voir si un joueur peut avoir une évolution importante en trois ou quatre ans pour, un jour, intégrer un centre de formation puis devenir footballeur professionnel. Les critères athlétique et technique sont également très importants dans l’appréciation, détaille-t-il. Ce métier m’intéresse et j’aimerais bien y rester plus longtemps. J’apprends la profession, je suis un débutant en la matière ».
Sa mission ne s’arrête pas là. Il organise des stages de plusieurs jours pour accueillir les futures pépites de demain dans la région nantaise. Il n’a pas obtenu pour rien son D.E.F. (diplôme d’entraîneur fédéral) puisqu’il occupe la fonction de cadre lors des stages de formation pour les futurs entraîneurs. Avec l’envie de s’installer sur un banc de touche un jour ? « Le projet était de me rapprocher du terrain, mais prendre en main une équipe n’est pas ce qui m’intéresse pour l’instant ». Organisateur, détecteur, formateur et peut-être futur entraîneur, Patrice Loko pourrait devenir un vrai couteau suisse du ballon rond.

Ses cinq dates
21 avril 1989 : il joue son premier match de L1 avec Nantes face à Bordeaux (1-0). 31 mai 1995 : avec le FCN, il devient champion de France en n’ayant perdu qu’un seul match en 38 journées. 8 mai 1996 : il remporte la Coupe des Coupes avec le PSG en battant le Rapid de Vienne en finale (1-0) à Bruxelles. 28 juin 1996 : en demie de l’Euro, il est éliminé avec l’équipe de France par la République Tchèque au tirs au but (0-0 ; 6 t.a.b. à 5). 4 avril 1998 : en finale de la Coupe de la Ligue avec le PSG il marque le tir au but vainqueur face à Bordeaux (2-2 ; 4 t.a.b. à 2).

Thimothée CRÉPIN


logo_planetePSG23 octobre 2014

Un jeune retraité sur le port de Vannes - 2010Il y a quelques jours, nous avons interviewé Patrice Loko, membre à part entière de l’Histoire du Paris Saint-Germain. Nous avons évoqué son passage au club, le PSG actuel ainsi que l’après-foot pour un joueur professionnel…

Bonjour Patrice et merci de répondre à nos questions. Vous faites partie de l’Histoire du Paris Saint-Germain, pouvez-vous nous dire qu’est-ce qui vous a le plus marqué au cours de votre passage ?
Ce qui m’a le plus marqué au cours de mon passage au Paris Saint Germain était la gentillesse et la simplicité de notre président Michel Denisot et de nos dirigeants, ainsi que le professionnalisme du club au niveau de la gestion et l’organisation des déplacements des joueurs lors des rencontres de Ligue 1 et notamment lors des matchs en Coupe d’Europe où rien était laissé au hasard. Nous prenions des avions privés, à l’arrivée un bus nous attendait sur le tarmac de l’aéroport avec des formalités de douanes rapides et, en peu de temps, nous étions dans le vestiaire, où nous attendaient déjà nos équipements individuels amenés par nos responsables textiles (nos tontons), vraiment très sympas qui faisaient en sorte de nous mettre dans les meilleures dispositions pour préparer chaque match du PSG. A l’hôtel, les chambres étaient toutes à un étage réservé spécialement pour l’équipe, avec vigile pour éviter tout dérangement pendant le séjour, car dans certains pays, on peut venir frapper à votre porte , ou faire sonner votre téléphone de chambre plusieurs fois en pleine nuit pour vous réveiller ! En un mot : j’ai découvert un grand club européen.

Et dans ce grand club, quel est le joueur avec qui vous avez évolué qui vous a marqué ?
J’ai eu la chance d’évoluer avec les meilleurs joueurs français et étrangers du moment au PSG, alors c’est très difficile pour moi, dans choisir qu’un, mais Leonardo est un de ceux que j’appréciais beaucoup tant au niveau de ses performances sportives, mais aussi ses relations humaines. C’est un sportif d’une extrême gentillesse !

L’arrivée des Qataris au PSG a fait considérablement évoluer le club. Etiez-vous favorable à cette arrivée ? Comment jugez-vous le travail effectué jusqu’ici ?
Je pense qu’ils ont su, avec beaucoup d’intelligence, intégrer un club avec un bon palmarès malgré sa jeunesse (naissance 1970), mais surtout, ils ont tout mis en œuvre pour maintenir le PSG en tête du championnat, et atteindre les demi-finales de Champions League chaque année. Pour cela, le club a fait signer non pas 3, 4 joueurs internationaux par saison, mais à recruter 6, 7 internationaux expérimentés, pour construire une équipe, capable de maintenir un haut niveau de résultat sur du long terme ! L’investissement financier est important, mais les bons résultats sportifs permettent au PSG et la ville de Paris d’augmenter encore plus leur notoriété au niveau européen, voir mondial. Chaque semaine, de nombreux supporters se déplacent pour voir jouer l’équipe du Paris Saint-Germain, et prendre du plaisir pendant 90 minutes, en admirant Ibrahimovic, Verrati, Matuidi, David luiz, Thiago motta… et moi cela me plait !

Parlons de Zlatan Ibrahimovic, appréciez-vous le joueur ? Quel est selon vous sa plus grande qualité ? Et son plus grand défaut ?
Oui, j’aime bien ce joueur ! C’est un joueur complet. Il est capable de garder le ballon dos au but grâce à son physique, de se démarquer entre plusieurs défenseurs, et de transpercer une défense, balle au pied en gardant le sang froid nécessaire pour la finition ! Il perd très peu de ballons, et peut marquer aussi bien des 2 pieds que de la tête ! Par contre, c’est un joueur qui participe très peu à la récupération défensive de son équipe, et qui, trop souvent, veut que les ballons d’attaque passent exclusivement par lui, au détriment de ses partenaires offensifs.

Concernant Edinson Cavani, en tant qu’ancien attaquant, à quoi attribuez-vous ses difficultés actuelles avec le club ?
Edinson Cavani est un footballeur reconnu au niveau européen, qui a montré ses qualités de buteur en Italie, mais depuis son arrivée à Paris, il a perdu son sens du but ! Je pense que cela est dû à un manque de réussite et de confiance sur le terrain. C’est un joueur qui a besoin de beaucoup participer au jeu, lors des phases offensives, et qui peine à trouver sa place dans l’ombre d’un Zlatan capitaine et indiscutable !

Vous avez côtoyé Laurent Blanc en Equipe de France. Il est aujourd’hui à la tête du PSG et les critiques fusent dès que l’équipe ne gagne pas. Pensez-vous que Lolo peut avoir un problème d’autorité face à des stars telles que Zlatan ?
Non, Lolo a toujours été un meneur d’homme dans tous les clubs où il a joué et, aussi, avec l’Equipe de France. Il a côtoyé de très grands joueurs, et maintenant en tant qu’entraîneur, il a une autorité naturelle qui lui permet d’être respecté par tout le vestiaire, y compris des stars comme Zlatan.

Parlons maintenant de l’« après-foot », une fois qu’un joueur a disputé son dernier match de sa carrière. Est-ce un moment difficile à vivre ? Quelles sont les questions que l’on se pose ?
Non, ce n’est pas trop difficile, car à partir du moment où l’on sait que physiquement, on n’est plus capable de répéter les efforts, on ne peut plus prétendre à jouer au niveau professionnel ! C’est donc plus facile d’admettre que le football de haut niveau est terminé, tout en continuant de le pratiquer de temps en temps avec ses amis ! Les questions sont nombreuses lorsque l’on a décidé d’arrêter mais les plus importantes pour moi sont :  »Dans quelle région, allons nous nous installer avec notre petite famille » ou  »Dans quel domaine va-t-on se reconvertir ? » Pour ma part, dès la fin de ma carrière, j’ai passé mes diplômes d’entraîneurs et me suis installé en Bretagne , avec ma femme Muriel et mes 2 enfants qui m’ont accompagné pendant toutes ces années.

De votre côté, vers quels projets vous êtes-vous tourné ?
J’ai créé, avec mon frère William, la société  »Loko Sport Evenements » afin de rester dans l’univers du sport, et ouvert un restaurant avec d’autres actionnaires, que nous avons revendu il y a 2 ans. Maintenant, j’interviens régulièrement lors de relations publiques dans des séminaires ou d’événements sportifs, et j’aimerais à moyen terme intégrer une structure administrative et sportive dans une entreprise, un club ou une ligue, afin de transmettre mon expérience.

Vous avez récemment lancé une nouvelle version de votre site internet PatriceLoko.org. Pouvez-vous nous en parler ?
Mon site internet officiel a été ouvert avec mon ami Jean–Christophe en 1998 et, depuis, nous le réactualisons régulièrement, cela permet à de nombreux fans de football, de connaître mon parcours de sportif de haut niveau, et de pouvoir visionner des photos et images de toute ma carrière de footballeur professionnel ! Ce mois-ci , nous l’avons relancé, et intégré de nouvelles photos, buts et interviews. C’est pourquoi, à cette occasion, j’ai eu l’idée de mettre en place un jeu de questions-réponses, pour faire gagner un de mes maillots portés pendant ma carrière ! Bonne chance à tous : Cliquez ici

Un dernier mot pour les supporters parisiens sur PlanetePSG.com ?
Je ne remercierais jamais assez les supporters du Parc des Princes qui m’ont toujours soutenu et encouragé pendant toutes ces années ! Tout petit, je supportais le PSG ! Soyez toujours fiers, de supporter « votre » club, et de porter haut et fort les couleurs du PARIS SAINT GERMAIN !

Olivier BRILLEAU


So Foot1er novembre 2014

img-patrice-loko-et-son-bob-1414761656_620_400_crop_articles-191269Le jour où Patrice Loko a planté deux buts au PSG avec Lorient
Comme beaucoup d’anciens Parisiens, Patrice Loko a marqué contre le PSG après l’avoir quitté. Pour l’ancien Nantais, c’était un soir de décembre 1998 lors d’un Lorient-PSG qui fera très mal au PSG. C’était la saison de toutes les galères. Bref, c’était vraiment la merde.

 « Je suis parti tellement vite que je n’ai pas eu le temps de vous dire au revoir, donc je le fais aujourd’hui. » Décembre 1998, c’est par un fax que Patrice Loko remercie finalement le PSG alors qu’il vient de rallier Lorient mi-novembre. Quelques jours plus tard, le 19 exactement, l’attaquant remerciera autrement son ancien club. Un doublé dans les gencives de Bernard Lama et voilà que les Merlus scalpent un PSG à la ramasse au soir de cette 20e journée de D1 (11e avec 7 défaites). Ce PSG-là savait déjà parfaitement gérer une crise de novembre puisque le club avait déjà limogé son entraîneur (Artur Jorge avait remplacé Alain Giresse) et que le recrutement estival – chiffré à 200 millions de francs – n’avait rien donné en dépit de certains noms ronflants : Christian Wörns, Jay-Jay Okocha, Nicolas Ouédec, Bruno Carotti ou encore le retour de Bernard Lama. Alors que le PSG tourne la page Michel Denisot plutôt brutalement avec le départ du président-délégué et de certains cadres historiques (Le Guen, Guérin, Roche, Fournier, Raï), Patrice Loko est toujours au Camp des Loges. L’international français (26 sélections) ne joue pas. Il est tricard par Giresse, puis par Jorge. C’était déjà le cas sous Ricardo lors de la saison 1997-1998 (10 matchs de championnat seulement). Pour autant, le garçon ne se plaint jamais. Titulaire sur le flanc gauche de la défense parisienne à cette époque, Grégory Paisley se souvient d’un « super mec, au discours facile et très professionnel. Il ne jouait pas et pourtant il ne se plaignait jamais. Avec les jeunes, c’était la voix de la sagesse. Tu pouvais lui demander des conseils, même s’il était en dehors du groupe, il était là pour toi. »

Alors quand les Parisiens prennent la route de Lorient pour le compte de cette 20e journée, ils sont contents de retrouver leur ancien copain. Loko, lui, n’est pas du genre rancunier. « Je suis vraiment content de les revoir. Je vais tous leur serrer la main avant la rencontre. Cela va sans doute me faire tout drôle car je suis resté supporter de Paris », commente dans L’Équipe le jour du match celui qui a disputé 115 matchs et 36 buts avec la liquette parisienne sur les épaules. Pour ce PSG qui alignait Okocha, Simone, Lama, Wörns, Rabésandratana ou encore Algerino, défier Lorient, plus mauvaise équipe de D1 à domicile au coup d’envoi (une victoire seulement) n’avait rien d’insurmontable. Mais durant cette saison 1998-1999, c’est tout le club parisien qui est en crise aiguë. Paisley encore : « C’était une nouvelle ère qui commençait. On manquait d’hommes forts et de temps. La mayonnaise n’a jamais pris, en fait. On a très vite été dans le dur et ça sifflait au Parc des Princes. Je débutais et ça vous conditionne très vite pour la suite de votre carrière. »

Loko, d’Athènes à Lorient

Au Moustoir, les Parisiens ne vont finalement jamais exister. Dès le coup d’envoi, Jorge affiche ses ambitions. Il est venu pour bétonner avec Carotti, Llacer, Yanovski et Ducrocq devant son back four. Au bout de 22 minutes, le PSG est d’ailleurs réduit à dix, puisque Igor Yanovski le roux prend deux biscottes et rentre aux vestiaires. À trois minutes de la pause, Soumah est accroché dans la surface par Carotti. Loko plante une première banderille. On se demande alors comment les Parisiens vont s’en sortir, eux qui n’ont plus trouvé le chemin des filets en championnat depuis plus de sept heures. Logiquement, Patrice Loko dépose un doublé à un quart d’heure de la fin sur un caviar de Stéphane Pédron. Dans le Morbihan, Loko en est alors à 5 buts en 6 matchs. Le PSG est scalpé par un ancien. Une sale rengaine. « On a longtemps entendu parler des anciens qui marquaient contre le PSG. Que Patrice ou Nicolas Ouédec le fassent alors qu’ils étaient attaquants, ce n’est pas très grave, ironise Paisley. Mais que Nicolas Laspalles, latéral, s’y mette par la suite, on se disait vraiment que cette saison était galère. »

Pour Patrice Loko, la saison se terminera finalement avec 9 buts en 20 matchs au compteur. Il ne reviendra jamais au PSG alors qu’il aurait dû y exploser après son titre de champion de France avec Nantes en 1995. Mais on le sait, mal dans sa peau depuis un drame personnel survenu en 1992, l’attaquant international va exploser en plein vol un soir de juillet 1995. Une sale histoire d’exhibition qui se terminera finalement en garde à vue, puis devant les tribunaux. Mais l’homme est un habitué des résurrections. En 1996-1997, il plante 16 buts en championnat et s’offre une finale de C2 avec le PSG. En quart de finale retour, il est l’auteur d’un triplé formidable en Grèce sur la pelouse de l’AEK Athènes (victoire 3-0). À ce moment-là, Loko est indiscutable au PSG. Ça sera la seule fois de sa carrière. Une carrière très respectable à laquelle il mettra fin en 2004 à Ajaccio. Il va ensuite passer ses diplômes d’entraîneur (BE1, DEF) sans jamais les utiliser, pour finalement s’orienter dans la voie de l’événementiel à Vannes. Pas très loin de Lorient, au final. Le hasard, sans doute.

Mathieu Faure


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avril 2015

SoFoot_042015« ON ÉTAIT UNE ÉQUIPE DE BRANLEURS QUI SORTAIT DE NULLE PART »

En 1992, le FC Nantes est au bord du dépôt de bilan, interdit de recrutement, et installe par défaut une génération de joueurs formés au club. Trois ans plus tard, ces Canaris sont sacrés champions de France : 32 matchs d’affilée sans défaite, meilleure attaque, meilleure défense, meilleur buteur et meilleur passeur. Une saison monumentale menée par Coco Suaudeau sur le banc, Christophe Pignol en défense, Makélélé dans les bras de la fille du coach, un PDG de la biscuiterie Nantaise (BN) comme président et un trident d’esthètes devant. Vingt ans après, Nicolas Ouédec, Patrice Loko et Raynald Pedros se mettent à table. Et revivent leurs exploits, entre un chutney de céleri, des noix de Saint-Jacques rôties et une bonne bouteille de saumur-champigny.

prochainement.


logonewjuin 2015

FC NANTES 1995 : Les Canaris de Coco
lien vers l’article


logo_lequipe25/10/2015

Une_ekip_25102015


patrice_stephane mantey journaliste

tvsportgrand– 2 février 2016

Patrice Loko : Avec Nantes, « on a gagné mais pas survolé » comme le PSG

« Nous on a gagné, mais pas survolé » le championnat, a estimé dans un entretien avec l’AFP Patrice Loko, ancien buteur de Nantes qui se fera déposséder de son record d’invincibilité en Ligue 1 si le PSG ne perd pas mercredi contre Lorient. Meilleur buteur du championnat de France en 1994-1995 (22 buts), la saison du sacre du « jeu à la nantaise », Loko, également passé par le Paris SG et qui s’est reconverti dans l’événementiel sportif du côté de Vannes, a aussi expliqué que le PSG actuel méritait « amplement » de dépasser les 32 matches sans défaite enchaînés par les Canaris du 29 juillet 1994 au 15 avril 1995.

Comment percevez-vous le début de saison du PSG?
Patrice Loko:  » Ca ne s’est jamais vu, une équipe qui survole comme ça le  championnat de France dès le début, avec autant de points d’avance. Le PSG  s’est donné encore de meilleurs moyens de gagner le championnat, et surtout de gagner en Europe. Il y a bien sûr la question de savoir si ce sont eux qui sont  beaucoup trop forts ou les autres équipes qui sont plus faibles en France, mais  du point de vue sportif c’est logique : on parle toujours de Paris parce qu’économiquement, ils ont les moyens pour acheter de très grands noms mais il  y a d’autres équipes en France qui disposent d’un bon budget. Ils ont des  joueurs de classe mondiale, qui sont très forts à chacun de leur poste. »
   
Lors de la saison 1994-95, Nantes aussi a été en tête presque du début à  la fin. Peut-on comparer ces deux parcours?
PL:  » Non pas vraiment, nous on était des joueurs formés pour la plupart au  FC Nantes, on était plus jeunes, moins expérimentés. On ne peut pas comparer le jeu des deux équipes parce que eux arrivent à varier le rythme, à conserver le  ballon, alors que nous on était dans une logique de contre-attaque avec beaucoup de pressing. On ne se reposait pas beaucoup et on prenait plus de risques mais ça marchait, on n’a perdu qu’un match et on a été champion. Paris a des joueurs qui ont beaucoup plus d’expérience, c’est pour ça qu’ils survolent davantage le championnat. Nous on a gagné, mais pas survolé. »
   
Ca compte, pour se motiver avant les matches, de se dire qu’on va  préserver son invincibilité, battre des records…?
PL:  » Pour ma part, je ne pense pas. Nous on jouait dans un bon esprit, on ne  se posait pas vraiment de questions. On était assez sûrs de notre force et de notre jeu, et aujourd’hui quand je vois jouer le PSG je pense qu’eux aussi, ils  sont sûrs de leur jeu, de ce qu’ils peuvent faire. D’autant qu’eux ont des  joueurs qui peuvent leur amener la victoire à eux seuls, ce que nous n’avions  pas. La force de Nantes, c’était vraiment le collectif, le jeu à la nantaise  qui nous a permis de gagner assez régulièrement, et avec la manière. On prenait  aussi vraiment du plaisir à jouer, les supporters nantais et les autres aussi.  C’était un football attrayant, avec beaucoup de buts. »
   
En cas de victoire ou de match nul du PSG mercredi contre Lorient, ils  vous déposséderont de votre record d’invincibilité. Vous avez un pincement au  coeur à cette idée?
PL:  » Oh non, le PSG le mérite amplement avec l’équipe qu’ils ont ! Tous les  records sont faits pour être battus et l’être par le PSG d’aujourd’hui, ce  n’est pas du tout un regret. »
   
Face à Angers, Gregory van der Wiel a ponctué d’un but un superbe effort  offensif du PSG, immédiatement comparé à votre réalisation face à Paris en août  1994 (1-0). Vous y avez pensé?
PL:  » Ah oui, quand j’ai vu le but, je me suis dit: +magnifique but !+ C’est  du jeu en mouvement, le ballon est très rapidement donné, chacun sait où il  doit aller, les passes sont millimétrées… C’était un peu la base du jeu qu’on  prônait avec Nantes. À moi aussi ça m’a rappelé le but avec Reynald (Pedros, ndlr). Mais Paris a déjà marqué de très beaux buts, parce qu’on a affaire à de très grands joueurs qui se créent énormément d’occasions. »

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